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Afghanistan

2 février 2009
Dans la sélection hebdomadaire du « New York Times »
daté du 24 janvier, est publié un article titré : « Défiant la terreur, les filles afghanes vont en classe ». Malgré les violences dont elles sont parfois la cible. Comme Shamsia, 17 ans, attaquée sur le trajet de son école, à Kandahar la capitale, par un homme à moto qui lui a demandé si elle allait bien à l’école et l’a aspergée d’acide sur le visage après lui avoir arraché sa burqa.
Elle y a perdu une partie de la vue et des brûlures sur les paupières et la joue gauche ont nécessité un traitement à l’étranger. Shamsia n’est pas le seule : ces derniers temps, 14 élèves et professeurs ont été victimes de violences pour les dissuader de sortir de chez elles. Mais rien n’y a fait et 1300 élèves venues d’une communauté pourtant extrêmement traditionnelle continuent à fréquenter cette école de filles, y compris Shamsia et les autres jeunes filles blessées. « Mes parents m’ont dit de continuer à aller à l’école, même si je dois être tuée ».

Une révolution sociale, alors que l’on connaît les conditions de vie épouvantables faites trop souvent aux fillettes pakistanaises et le fait que les adultes sont pratiquement tous illettrés dans cette région. Et bien que les talibans, des musulmans fondamentalistes, tentent d’exercer leur autorité autour de Kandahar, en agressant les filles entre autres, ces dernières continuent à fréquenter, nombreuses, les écoles chaque matin , parfois au prix de quelque trois kilomètres de marche pour descendre des collines où elles habitent.

Par exemple, depuis cinq ans que l’une de ses écoles a été construite, il y a eu des attaques et l’école est même restée vide plusieurs jours, les parents étant effrayés par les agressions et menaces. Il a fallu que le directeur de l’école les réunisse pour les convaincre de renvoyer leurs filles à l’école : « Si vous ne les envoyez pas à l’école, alors c’est que l’ennemi a gagné. Ne vous laissez pas soumettre par les forces obscures. L’éducation est le moyen d’améliorer notre société », leur a-t-il dit. Nombre de filles sont revenues à l’école malgré l’interdiction d’aller à l’école décrétée par les talibans qui en avaient faits l’un des symboles notoires de leur pouvoir jusqu’à ce qu’ils soient chassés du pouvoir en novembre 2001 par les forces de la coalition occidentale sous l’égide des Américains.

 

Pakistan

La situation des femmes et des filles au Pakistan n’est pas plus brillante ! « Vous avez jusqu’au 15 janvier pour cesser d’envoyer vos filles à l’école. Si vous passez outre, nous les tuerons ». Ce message du chef taliban pakistanais a été diffusé par une station de radio clandestine de la vallée du Swat et repris dans la presse internationale fin décembre 2008.
Alors, que se passe-t-il dans la vallée du Swat, une région située au nord-ouest du Pakistan, toujours aux mains des extrémistes islamiques ? Le Courrier International a publié le 26 janvier un article très pessimiste, racontant l’effondrement total de l’autorité de l’État pakistanais et la mainmise de fait des islamistes sur les trois quarts de ce district, l’armée pakistanaise chargée d’opérations anti-islamistes depuis juillet 2007. Ayant totalement échoué. Aujourd’hui, les islamistes ont fermé des dizaines d’écoles, gèrent leurs propres tribunaux appliquant la charia sans états d’âme multipliant les exécutions quasi quotidiennes sur la place publique dont une institutrice accusée de prostitution.

D’autres femmes racontent le harcèlement visant à les dissuader de travailler, de faire des études et certains parents ont reçu la « visite » d’islamistes leur demandant de garder leurs filles à la maison. Quant à ceux qui regimbent, ils sont tout bonnement exécutés comme « espions » du gouvernement.
Dans l’article publié par le Courrier International et illustré par une photo d'élèves devant les ruines de leur école détruite pas des talibans le 17 janvier dans la vallée du Swat. une journaliste pakistanaise écrit à propos de la situation dans cette région : « Les discours idéologiques et la prétention à la défense de l’islam que clament ces meurtriers ne sont rien de plus qu’un simulacre occultant leur vraie nature. Les personnalités religieuses respectées dans la région qui ont tenté de montrer que les actes de ces extrémistes, responsables de plusieurs attentats contre des écoles de filles le 19 janvier, n’ont rien à voir avec l’islam ont été assassinées ou chassées du Swat. »

Elle ajoute que contrairement à ce que l’on affirme, la situation n’est pas liée à l’intervention américaine de lutte contre le terrorisme dans cette région après le 11 septembre, car les islamistes pakistanais recouraient déjà à la force pour imposer leur autorité dans la vallée du Swat depuis huit ans et recrutaient depuis des années des jeunes garçons pour le djhad en Afghanistan.
Selon certaines estimations, 60 % de la population aurait fuit la région et il ne reste que les plus démunis qui ne savent où aller. A Islamabad, la capitale du Pakistan, on se dit conscient de la situation mais rien ne bouge... Et pourtant, c’est le pays tout entier qui est déjà menacé par la perte de contrôle sur des pans entiers de son territoire au profit de fanatiques qui habillent du nom d’islam ce qui n’est que volonté de tyrannie et obscurantisme imbécile.

 

 

Turquie

 

Quel contraste avec ce racontait « Le Monde » début janvier. Avec d’abord l’aventure de Zeynep Fadillioglu, une jeune femme architecte turque chargée par une riche famille turco-saoudienne de la conception et de la décoration d’une mosquée à Istanbul. Elle a inventé un lieu avant-gardiste dans l’architecture comme à l’intérieur, avec le soutien de l’administration des affaires religieuses (qui nomme, paye et gère personnel religieux et lieux de culte en Turquie) et celui du mufti d’Istanbul.

L’architecte a introduit une innovation d’ importance : la partie réservée aux femmes, au balcon, est moins isolée que dans la plupart des mosquées où l’on a même vu parfois les femmes reléguées dans un coin, près des toilettes de la mosquée ! Un lieu de prière plus « féminin peut donner un élan à la création de nouvelles mosquées », espère l’architecte.
Et dans la République laïque turque, où les mosquées sont administrées par l'État, rien ne s’oppose en théorie à ce qu’une femme puisse accéder un jour à la tête de cette puissante administration des affaires religieuses. Et en pratique, les femmes prédicatrices sont déjà de plus en plus nombreuses dans les mosquées turques. Près de 2000, souvent très cultivées, ont fait des études de théologie à l’université. Certaines ont été autorisées en 2003 à conduire des groupes de pèlerins turcs à La Mecque et dans certains milieux religieux, des féministes réclament de pouvoir conduire les prières à la mosquée et défendent leur place dans la hiérarchie religieuse.

 


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