Nouvelles
Pakistan et Azerbaïdjan
nouvelles des chrétiens
2 mars 2009
On a évoqué la semaine passée la promesse du gouvernement pakistanais d’appliquer la charia dans toute sa rigueur dans la vallée de Swat tenue par les talibans après des mois de combat qui ont fait des centaines de morts parmi les insurgés islamistes comme parmi les militaires pakistanais ou les civils.
Le 2 mars, l’agence Associated Press annonçait que l’imam Sufi Mohammad, qui sert de médiateur entre les talibans de la vallée de Swat et le gouvernement pakistanais exigeait que des tribunaux islamiques soient mis en place et que la charia soit appliquée à partir du 15 mars. Sinon, des manifestations auront lieu dans toute la vallée a menacé l’imam dont le gendre commande les talibans de Swat. L’imam exige aussi que les affaires en cours auprès des tribunaux soient transférées aux tribunaux islamiques.
L’agence de nouvelles œcuméniques ENI a évoqué à plusieurs reprises l’anxiété des chrétiens pakistanais devant la dégradation de la situation.
Il y a d’abord eu ce chrétien pakistanais vivant aujourd’hui aux États-Unis qui proposait, il y a quelques semaines, que l’on accorde un territoire aux chrétiens dans lequel ils seraient à l’abri des menaces des tribunaux islamiques, de la charia et de la persécution sourde contre eux. Proposition rejetée par les diverses Églises qui ne veulent pas d’un apartheid.
Une autre nouvelle ces derniers jours fait état de déclarations des Églises qui rejoignent les mouvements de défense des Droits de l’homme et des libertés pour exprimer leur anxiété devant la politique du gouvernement fédéral qui, afin de trouver un accord de cessez-le-feu avec les fanatiques islamiques de la région de Swat a accepté le 17 février que soit appliquée la charia dans tous ses dévoiements alors que la loi islamique est déjà existante puisque le Pakistan a une Constitution fondée sur le Coran. Une manière de sacrifier les libertés civiles et religieuses des citoyens pakistanais à un accord probablement illusoire avec des fanatiques qui veulent toujours plus imposer leurs valeurs religieuses.
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En Azerbaïdjan, cette ancienne république soviétique indépendante depuis 1991 mais au régime fort peu démocratique, un pasteur baptiste a été condamné le 11 février dernier à deux ans de camp de travail pour avoir soi-disant possédé chez lui une arme à feu, plus précisément un pistolet.
Le pasteur Shabanov soupçonne la police d’avoir elle-même déposé l’arme à son domicile. Un soupçon que fait sien le président de l’Église baptiste d’Azerbaïdjan qui relève que dans la même ville d’Aliabad un autre pasteur baptiste avait déjà été accusé, en juin 2007, d’avoir agressé cinq policiers à lui tout seul. Il fût relâché sous la pression internationale des baptistes (l’ancien président américain Jimmy Carter était lui-même baptiste).
« Le but de la police est de mettre fin aux activités des églises baptistes dans la ville d’Aliabad », dit le président baptiste d’Azerbaïdjan, un pays de 8,7 millions d’habitants majoritairement musulmans où les baptistes comptent quelque 3000 fidèles et 22 églises.
Selon le droit, il faut 10 membres pour qu’une nouvelle église soit enregistrée mais en pratique, seuls les orthodoxes et les catholiques ont droit de cité à côté de la communauté musulmane. Le pasteur Shabanov, converti de l’islam n’avait pas pu faire reconnaître son assemblée baptiste qui demeurait illégale de même qu’il a perdu son travail à la télévision locale où il était employé depuis 18 ans. Et il est resté emprisonné depuis l’été, dans de mauvaises conditions jusqu’à sa condamnation récente aux travaux forcés.
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