Nouvelles
« Indignés » chrétiens
14 novembre 2011
On a évoqué les remous provoqués par le mouvement des indignés Occupy London Stock Exchange à Londres. Remous dans le clergé d’abord avec la démission du révérend Giles Fraser, chanoine de la cathédrale qui était contre l’expulsion des indignés par la police puis celle du doyen de la cathédrale qui avait demandé cette expulsion manu militari.
Enfin, l’intense réflexion morale et théologique qui en est résulté dans le clergé anglican et les fidèles mais aussi dans le monde politique et qui est loin d’être finie !
Parmi les réactions sur le mouvement des indignés l’agence de presse protestante italienne Notizie Evangeliche publiait le 9 novembre une déclaration du pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de la Communion mondiale d’Eglises réformées :
« Je suis certain, disait-il, qu’aujourd’hui le réformateur protestant Jean Calvin serait descendu dans les rues de New York ou de Londres avec un manifeste en main [...] Calvin a amplement écrit et de manière approfondie sur les injustices sociales et économiques, a affirmé le pasteur Setri Nyomi. Il a condamné toute forme d’oppression qui avait pour origine l’argent. »
Les réformés, héritiers directs de Calvin, sont du reste convaincus que l’injustice économique est une question non seulement sociale mais théologique et déterminante pour la foi chrétienne.
L’agence protestante italienne Notizie Evangeliche rappelle qu’une assemblée de l’Alliance réformée mondiale en 2004 à Accra au Ghana, avait adopté une déclaration :
« Nous chrétiens réformés, nous croyons que l’économie existe pour servir la dignité et le bien-être des personnes et nous refusons l’accumulation de richesses sans règle et le développement sans limite qui a déjà coûté la vie à des millions d’êtres humains et à tant détruit de la création de Dieu. »
Et le secrétaire général de la Communion mondiale d’Eglises réformées d’insister : « Aujourd’hui, Calvin aurait sans aucun doute reconnu les injustices crées par notre système économique et financier. L’Eglise du 21e siècle doit se joindre aux voix qui clament justice et n’ont pas peur de descendre dans la rue ».
Et le directeur adjoint du think tank chrétien britannique Ekklesia pose une question plus intéressante encore : « What would Jesus do ? » (qu’aurait fait Jésus ? ) sortant Jésus de l’establishment, où l’on prêche plus l’ordre que le désordre prophétique !
La Communion d’Eglises réformées est née de la fusion, en 2010, de l’Alliance réformée mondiale et du Conseil œcuménique réformé. La Communion mondiale d’Eglises réformées compte désormais quelque 80 millions de membres d’Eglises congrégationalistes, presbytériennes, réformées et unies qui se réclament de la réforme du 16e siècle conduite par Jean Calvin, John Knox, Ulrich Zwingli et bien d’autres.
Retour en page d'accueil
Retour vers Nouvelles
Vos
commentaires et réactions
haut de la page