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Saint Lawrence Jewry-next-Guildhall, Londres
Saint George patron de l'Angleterre
20 avril 2009
Voilà quelques années déjà que les Anglais s’interrogent sur ce qu’est la « britishness ». Ce que signifie « être anglais » alors que l’Écosse, par exemple, revendique en sourdine son indépendance et a déjà regagné un Parlement quasi autonome gouverné actuellement par le Parti nationaliste écossais, après 300 ans de domination anglaise, que l’Irlande du Nord a son propre Parlement et le pays de Galles une certaine autonomie et que toutes ces provinces du Royaume-Uni ont depuis longtemps des emblèmes et des saints patrons qui les représentent : Saint Andrew pour l’Écosse, saint Patrick pour l’Irlande...
Et l’Angleterre ? Elle avait bien saint Georges, un saint un peu mystérieux qui serait né en Cappadoce (aujourd’hui en Turquie) au 3e siècle et aurait vécu en Palestine. En 1222, on trouve déjà un jour de fête qui lui est dédié, le 23 avril mais c’est au 14e siècle qu’il fût adopté par l’Angleterre comme saint patron. Un peu oublié au cours du temps.
Ce printemps, la réhabilitation de St George est en marche ! Au début d’avril, l’archevêque anglican d’York, deuxième personnage dans l’Église d’Angleterre a brandi l’idée que le 23 avril soit une fête chômée, une occasion de réfléchir sérieusement à ce qu’est l’identité anglaise avec drapeaux, matches de foot et chants patriotiques. La croix de saint Georges (rouge sur fond blanc) devrait aussi devenir l’emblème revendiqué d’une nation en crise d’identité.
Et la légende du saint, revue et corrigée peut-être est devenue celle d’un homme qui s’est opposé aux abus de pouvoir, a pratiqué l’hospitalité pour les plus vulnérables et s’est battu pour le respect des droits humains. L’archevêque a proposé que saint George soit aussi reconnu comme celui qui a inspiré les abolitionnistes (esclavage) les suffragettes (droit de vote des femmes), ceux qui ont lutté et luttent contre le colonialisme, la guerre, la pauvreté, le racisme, le nationalisme et l’urgence qu’il y a d’arracher ce saint des griffes des nationalistes extrémistes, (comme Jeanne d’Arc en France avec le Front national) pour en faire un champion de l’ « englishness ».
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