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Obscurantistes turcs

 

4 mai 2009

« On a tout de même le droit de critiquer la religion dans un État laïque ! ».  En théorie peut-être mais justement en Turquie, il est encore difficile d’exercer le droit octroyé par la loi d’avoir une parole publique sur la religion quand elle n’est pas conforme à l’islamisme le plus traditionnel.

C’est ce qui est arrivé à Nedim Gürsel, écrivain turc connu et traduit dans toutes les langues, enseignant aux langues O à Paris et athée déclaré. Ce qui le rend déjà plus que douteux aux yeux des islamistes turcs qui ont dénoncé son dernier roman, Les filles d’Allah et l’ont traîné en justice pour « dénigrement des valeurs religieuses d’une partie de la population si cette offense trouble la paix publique ».  

La raison  de cette action en justice : Nedim Gürsel fait des filles d’Allah trois déesses d’une tribu et de Mahomet un personnage de roman. Le 5 mai il devrait être jugé, le non-lieu prononcé par un procureur de la République ayant été annulé par le tribunal de grande instance pour délit d’opinion. Pour « blasphème » même, selon la Direction des affaires religieuses en Turquie qui a rédigé un rapport qu’on ne lui demandait pas mais qui a été joint en annexe du dossier à charge de l’écrivain.

Pourquoi, finalement, tout ce tintamarre autour de Nedim Gürsel, au risque que la Turquie soit taxée encore une fois d’atteinte à la démocratie par les voisins sourcilleux de l’Union européenne où elle aimerait bien être admise et que lui soit condamné à de la prison. Le supplément du Monde du 25 avril expliquait que l’accusation repose sur le fait que l’écrivain a utilisé une sourate du Coran pour souligner que le Prophète n’a jamais eu de descendance mâle. « Mais ce n’est pas une provocation d’en parler dit-il. La Turquie n’est tout de même pas une théocratie ! » 

En effet ! Mais l’islam manque toujours sérieusement de réflexion critique. Il ne faudrait pas le laisser aux mains d’obscurantistes.

 

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