Nouvelles
Irlande du Nord
les murs !
3 août 2009
« Hélas, le sectarisme [opposition entre catholiques et protestants] est encore très fort parmi nous ». C’est le constat que fait Duncan Morrow, le président du Conseil des relations intercommunautaires d’Irlande du Nord cité par le quotidien britannique The Guardian.
En effet, un rapport révèle que depuis le cessez-le-feu de 1974, où milices protestantes et catholiques s’étaient engagées à déposer un jour les armes, ce quelles ont fait au cours des années - sauf les irréductibles dissidents de l’IRA - on compte plus de murs séparant les quartiers loyalistes protestants des quartiers nationalistes catholiques de l’agglomération de Belfast : 80 « murs de la paix » aujourd’hui contre 26 en 1974 !
Duncan Morrow critique fermement les tour-opérateurs qui incluent dans leurs circuits touristiques ces murs de séparation entre communautés, comme la visite du plus important d’entre eux entre le quartier catholique des Falls et Shankill le quartier protestant. « Il y a une différence une attraction touristique et la vie réelle, aujourd’hui encore, des gens derrière ces murs », dit cet observateur qui estime que cela pourrait prendre entre 10 et 20 ans encore pour que l’un de ces murs soit abattu.
« Les murs ont été élevés parce que les gens se sentaient menacés et la tragédie c’est qu’une fois les murs élevés, les gens n’arrivent pas à imaginer qu’ils pourraient être en sécurité sans ces murs. Nous ne devons pas seulement abattre les murs mais faire en sorte que les gens n’aient plus peur après tout ce qu’ils ont vécu. »
Duncan Morrow juge aussi sévèrement les responsables politiques nord-irlandais qui n’ont pas réagi suffisamment fermement contre un gang de racistes qui ont menacé violemment une centaine de Roms installés à Belfast. Les autorités nord-irlandaises ont choisi de renvoyer en juin la plupart d’entre eux en Roumanie, une victoire évidente pour les racistes. Aux médias qui ont parlé d’un « nouveau sectarisme, le racisme », Morrow objecte que « le même mois, un homme a été battu à mort simplement parce qu’il était catholique. Le vieux sectarisme [entre catholiques et protestants] est encore parmi nous ».
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