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Soudan

Loubna Ahmed al-Hussein
portait un pantalon

 

14 septembre 2009

L'affaire de Loubna Ahmed al-Hussein a occupé les colonnes des journaux depuis le 3 juillet dernier. Cette journaliste soudanaise est poursuivie par la justice de Khartoum pour tenue « indécente », en l’occurrence le port d’un pantalon. Il faut préciser que Loubna porte la « tarba », un grand foulard traditionnel qui recouvre la tête et les épaules ce qui rend l’indécence plutôt subjective !

Ce 3 juillet, la jeune femme est donc interpellée avec douze autres femmes dans un restaurant de la capitale soudanaise, toutes portant un pantalon. Dix d’entre elles sont convoquées par la police deux jours plus tard et reçoivent dix coups de fouet chacune et Loubna démissionne de son poste à la Mission des Nations-Unies au Soudan renonçant à son immunité diplomatique pour pouvoir être jugée et médiatise à outrance son procès afin que la presse soit présente à son procès et à sa flagellation.
« La manière dont la loi (loi 152 du code pénal soudanais) est utilisée contre les femmes est inacceptable et la condamnation jusqu’à 40 coups de fouet odieuse, déclare Tawanda Hondora, responsable du programme Afrique d’Amnesty International. La loi est rédigée de telle manière qu’il est impossible de savoir ce qui est décent ou indécent. En pratique, les femmes sont régulièrement arrêtées, détenues, jugées sur simple conviction d’un officier de police qui désapprouve leurs vêtements. La loi est aussi discriminatoire car elle est utilisée de façon disproportionnées contre les femmes ».

Déjà en 2003, Amnesty avait demandé que le Soudan renonce à cette loi 152 et avait dénoncé les actes de tortures inhumains et dégradants et couverts par l’État contre huit femmes fouettées publiquement jusqu’au sang parce qu’elles pique-niquaient publiquement avec des amis hommes.

Pour Loubna Ahmed al-Hussein, menacée de 40 coups de fouet, le tribunal avait finalement renoncé au fouet et l’avait condamnée à une amende de 250 livres soudanaises (70 euros). Mais la dame entêtée et voulant faire un exemple en menant une campagne publique contre une loi controversée avait refusé de payer l’amende : « Si certains se réclament de la charia pour flageller les femmes en raison de ce qu’elles portent, qu’ils me montrent les sourates du Coran ou les hadith (paroles du Prophète) qui le stipulent », déclarait-elle récemment Loubna à l’AFP qui soutient que la loi 152 viole la Constitution soudanaise et l’esprit de la charia en vigueur dans le nord du Soudan.

 

 

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