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Burqa, croix...




5 octobre
2009

La mission parlementaire sur « le port du voile intégral sur le territoire national » poursuit son enquête commencée à la mi-juin sous la présidence de l’initiateur de l’enquête, le député communiste du Rhône, André Gérin. Le 29 septembre dernier, pour sa cinquième série d’auditions, la mission parlementaire a entendu cinq maires directement concernés par la question du voile intégral : quatre maires dans la banlieue parisienne (Cachan, Clichy-sous-Bois, Montfermeil, Gonesse) et un d’une commune du Rhône (Rilleux-la-Pape). Quatre sont socialistes et un UMP.

Le président de la mission parlementaire, André Gérin a redit qu’il « s’agit de dire non à cette dérive intégriste [la burqa] et oui à un islam respectueux des principes de la République et de la laïcité ». Libération a publié le 1er octobre des extraits des interventions des maires. Pour le maire de Montfermeil, « la burqa au niveau national c’est 0,5 % mais c’est 30 à 40 % dans nos quartiers. C’est marginal vu d’en haut mais c’est important là où cela se passe. » Il ajoute « qu’il n’y a pas de compatibilité entre nos démocraties modernes et l’islam. Maintenant, que des personnes de culture, voire de confession musulmane puissent adapter leur comportement au respect de nos valeurs n’est peut-être pas impossible ».

Le maire de Rilleux-la-Pape note « un problème croissant sur l’accès dans les piscines et l’accessibilité aux soins de la clinique de Rilleux. Il y a effectivement, remarque-t-il, un risque de jeter ces femmes dans les bras des intégristes de les stigmatiser ». Mais il faut que la République légifère :
« La laïcité est inscrite dans la Constitution, et qu’il est normal que la loi soit en conformité avec notre Constitution. Que le droit des femmes est aussi inscrit dans la Constitution, le droit des femmes à pratiquer un sport, à sourire. Comment peut-on communiquer sans sourire, sans pleurer, sans montrer la réaction de sa peau ? Quel signe on donnerait aux femmes du monde entier qui se battent dans leurs pays pour que leurs filles puissent aller dans des écoles ? Quels signes on donnerait à ces femmes en Arabie Saoudite et partout sur la planète, si dans certaines villes une seule femme connue porte le voile intégral ».

Mais à Clichy-Montfermeil, dans la Seine-Saint-Denis, le problème se pose de façon importante, dit le maire. « Cette pratique s’est développée, dans certaines villes les maires sont inquiets parce qu’il y a une montée des exigences religieuses de plus en plus importante » [cantines, crénaux horaires différents pour les femmes et les hommes dans les piscines, les gymnases, les hôpitaux ]. Ce maire parle « d’envahissement de la vie civile par le fait religieux. Les causes sont socio-économiques aussi. Nos banlieues sont des territoires abandonnés largement par la République. On a crée des espèces de refuges identitaires. »

Alors faut-il légiférer ? Cela ne risque-t-il pas d'entraîner des risques politiques ou civils ? Ne va-t-on pas « stigmatiser des villes qui le sont déjà ? Provoquer un contre-effet : inciter, encourager le port du voile intégral par un effet boomrang ? En tout cas, affirme le maire de Clichy, il y a unanimité pour dire qu’on ne peut pas ne rien faire. Il est important que la République montre ses valeurs et les affirme, pas forcément sous forme de loi. »  Car la réticence de ces maires est générale vis-à-vis d’une loi dont ils pressentent qu’elle serait impossible à faire appliquer.

 

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Niqab noir de plus en plus envahissant dans les rues du Caire
avec la montée du salafisme en Égypte. L’État égyptien tolèrerait le salafisme, un islam rigoriste, puritain, qui prétend revenir à l’islam des origines, afin d’affaiblir les Frères musulmans qui ont effectué une percée aux législatives de 2005. Or les Frères musulmans sont les principaux opposants politiques au pouvoir égyptien. Et les salafistes qui émergent dans la sphère religieuse égyptienne affichent un certain mépris pour les Frères musulmans et condamnent leur désir de participer au jeu politique.

Ce repli sur la sphère religieuse des Égyptiens sans illusion sur un éventuel changement démocratique et qui choisissent de capitaliser sur la vie dans l’au-delà fait l’affaire de l’État égyptien ! Et la confrérie des Frères musulmans est sous le coup d’une sévère repression, plus de 400 membres sont actuellement emprisonnés et parmi eux des cadres clés du mouvement. Avec le danger potentiel que le reste de la confrérie se radicalise ou que naisse un nouveau courant islamiste plus radical.


 

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Burqa ou niqab ici, croix ailleurs. Une infirmière britannique a annoncé qu’elle allait porter devant les prudhommes la discrimination dont elle se dit victime dans son hôpital après qu’on lui ait demandé d’enlever la croix qu’elle portait au cou. La croix est un symbole de sa foi chrétienne clame l’infirmière et elle dit soupçonner le NHS (Service de santé national britannique) de vouloir empêcher les chrétiens d’exprimer leur foi dans les services publics.

La direction de l’hôpital répond que le personnel hospitalier n’est pas autorisé à porter des colliers avec ou sans pendentif pour des raisons sanitaires. L’infirmière a été déplacée dans un service administratif de l’hôpital. Une autre infirmière avait été suspendue en février, puis réintégrée, après avoir proposé à un patient de prier avec lui. Et l’on se souvient de l’employée à l’aéroport d’Heathrow qui avait fait la une des médias en 2006 après avoir refusé d’enlever la petite croix qu’elle portait au cou. Elle avait fait valoir que l’on autorisait les employées musulmanes à porter un foulard, signe religieux, alors pourquoi pas une croix ? Mais l’argument n’avait pas été retenu par les prudhommes.

L’hebdomadaire anglican Church Times, dans son éditorial sur cette récente affaire de croix, écrit qu’aujourd’hui une religion triomphe sur toutes les autres à l’hôpital, celle du contrôle des infections. Et qu’un un clergé est dédié à cette religion, l’équipe médicale qui bataille contre les maladies nosocomiales et autres infections. La bataille est peu à peu gagnée grâce à la rigueur.
Rien à voir donc avec une discrimination anti-chrétienne pour l’interdiction de la croix.

 

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En Allemagne, la justice a accédé à la demande d’un élève musulman : le lycée d’un quartier populaire de Berlin devra mettre à la disposition de Yunus, un lycéen turc, une salle où il puisse dérouler son tapis de prière. La décision de la justice a bien évidemment relancé le débat sur la place de la religion à l’école et va à l’encontre de la direction de ce lycée qui avait rappelé aux parents de Yunus que « toute manifestation politique ou religieuse est interdite à l’école ».  Certes, mais la Constitution allemande garantissant la liberté religieuse, le tribunal a tranché : « Le droit à la liberté de religion ne se limite pas à la liberté intérieure mais aussi à l’expression de la religion donc également à la prière. On ne peut attendre d’un élève croyant qu’il ne prie qu’en dehors des heures scolaires. A condition que la prière ne perturbe  pas la vie de l’école ».  

Ce jugement, qui a suscité de vives réactions en Allemagne, et entre autres parmi les musulmans modérés qui craignent probablement la pression intégriste, mais aussi chez le personnel enseignant déjà assailli de demandes d’élèves musulmans rejetées jusqu’ici par crainte que les pratiquants ne fassent pression psychologiquement sur les non-pratiquants. « Comment ferons-nous lorsque nous aurons des demandes de garçons et de filles ne voulant pas prier ensemble ? »,  se demande une directrice d’école.

La question de la religion à l’école a donné lieu en Allemagne a divers procès ces dernières années : depuis la Bavière qui s’est fait rappeler à l’ordre par la Cour constitutionnelle de Karsruhe en 1995 : dans son droit scolaire il était stipulé qu’un crucifix devait être présent dans toutes les salles de classe des écoles publiques du Land, une disposition contraire à la Constitution. De même 8 Länder sur les 16 ont voté, après bien des discussions, l’interdiction faite aux enseignantes de porter le foulard tandis que, de manière incohérente à nos yeux de Français, les élèves peuvent être voilées à l’école dans toute l’Allemagne. Le jugement de Berlin sur la salle de prière à l’école risque de brouiller un peu plus la situation !

 

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