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Burqa, sharia
19 octobre 2009
Peut-on interdire le voile intégral (niqab) au nom du « respect de la personne humaine » ? Rémi Schwartz, conseiller d’État et rapporteur de la Commission Stasi qui en mars 2004 avait inspiré la loi sur les signes religieux à l’école était auditionné le 7 octobre par la mission d’information sur le voile intégral.
Ce juriste pense qu’il serait difficile de fonder une interdiction permanente et générale du voile intégral dans l’espace public mais il a rappelé que dans certaines circonstances, le Conseil État avait confirmé que « le respect de la personne humaine était une composante de l’ordre public et que l’autorité [par exemple un maire] pouvait prononcer une interdiction s’il y était porté atteinte ».
Est-ce la solution ? Difficile quand même d’imaginer un arrêté municipal interdisant le niqab dans un lieu « la dignité de la femme l’imposant. » Il vaudrait mieux une loi s’appliquant sur l’ensemble du territoire. Mais alors « est-il possible de poser cet interdit, compte tenu des principes de liberté individuelle et de liberté religieuse », s’est demandé le juriste du Conseil État. La mission d’information sur le voile intégral a encore de beaux jours de discussion devant elle comme on le constate !
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La Grande-Bretagne a été secouée à diverses reprises par des affaires de niqab, entre autres dans le milieu scolaire alors qu’un professeur de langue qui refusait d’enlever son voile intégral lorsqu’ elle faisait cours avait été licenciée par l’école et avait porté plainte pour atteinte à sa liberté religieuse ! Le conseil des prud’hommes lui avait donné tort.
Selon l’agence de nouvelles œcuméniques ENI, une association musulmane au Canada, The Muslim Canadian Congress a demandé au gouvernement fédéral d’Ottawa d’interdire le port de la burqa, une version plus rigoriste encore que le niqab, dans l’espace public. L’association musulmane demande aussi l’interdiction du niqab. Burqa et niqab « marginalisent les femmes » selon le Muslim Canadian Congress qui s’oppose au maintien de la sharia au Canada.
Une position qui contraste avec celle d’un groupe musulman radical britannique Islam4UK qui a lancé ces jours derniers une campagne d’opinion pour réclamer que la sharia soit reconnue comme la nouvelle loi en Grande-Bretagne.Islam4UKorganise une manifestation de masse à Londres le 31 octobre prochain et espère que des milliers de musulmans convergeront de tout le pays pour réclamer l’instauration officielle de la sharia.
Le défilé partira du Parlement « source première de la législation impie et oppressive » en passant par Downing Street la résidence du Premier ministre qualifié de « tyran à abattre » et se terminera à Trafalgar Square, au cœur de Londres où les musulmans attendent que le public et les touristes soutiennent l’instauration de la sharia.
Le site internet dIslam4UK qui prétend préparer la Grande-Bretagne à la révolution islamique à venir, diffuse des photos de lieux connus comme la colonne de Nelson à Trafalgar Square ou le Parlement de Londres auxquels ont été ajoutés des minarets...
« L’aube d’une nouvelle ère est proche, particulièrement au Royaume-Uni, et l’on peut constater que les prophéties de Mahomet sur la domination mondiale de l’islam sont vraies. Et Islam4UK a l’obligation d’accélérer la mise en œuvre de cette révolution. »
Réaction de la Société islamique de Grande-Bretagne, reprise par le quotidien The Telegraph : « 99,999 des musulmans méprisent ces gens [de Islam4UK]. Cela ne peut mener qu’à attiser les tensions raciales ». Le Daily Express qui a révélé le 15 octobre le projet de cette manifestation musulmane dans Londres avait déjà reçu dès le lendemain des milliers de protestations de ses lecteurs qui craignent que ces extrémistes musulmans ne provoquent des violences sanglantes. Quant à la police métropolitaine, elle hésite sur l’interdiction ou non de la manifestation et attend la décision du ministère de l’Intérieur.
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A propos de la sharia en Grande-Bretagne, on se souvient du tollé qu’avaient provoqué les déclarations de l’archevêque de Cantorbéry, primat de la communion anglicane lorsqu’il avait suggéré d’incorporer un peu de sharia dans la loi britannique. Venant d’un leader religieux reconnu et respecté pour son souci du consensus, engagé dans un dialogue multireligieux, cela étonnait moins qu’il plaide pour un élargissement juridique en direction d’une tradition religieuse qui n’était pas la sienne, mais ses propos furent jugés dangereux, naïfs même.
Et si des clercs musulmans soutinrent la proposition d’un peu de sharia dans le droit britannique, même si elle ne devait s’appliquer qu’aux musulmans, d’autres responsables musulmans s’indignèrent en rappelant que « les musulmans n’ont pas besoin d’un traitement spécial »
Et le sociologue des religions Sébastien Fath écrivait sur son site en février 2008, en commentant cette déclaration du chef de l’Église anglicane : « Entre l’option multiculturelle, portée par de bons sentiments et un souci du décentrement qui peut aller jusqu’à la surenchère et l’option de la crispation identitaire des racines religieuses (forcément chrétiennes), il y a bien une voie pour une ligne républicaine et laïque sur laquelle peuvent se retrouver aussi bien musulmans, chrétiens et autres parce qu’elle met à distance (sans les mépriser sans quoi on tombe dans le laïcisme), les références religieuses particulières et repose sur la loi commune fondée sur le vote souverain des citoyens de toutes origines, au nom de la “cohésion de la communauté” nationale. »
Et nombre d’articles avaient rappelé après les déclarations de l’archevêque qu’il existait déjà des conseils et des tribunaux appliquant la sharia en Grande-Bretagne pour les affaires d’ordre familial et matrimonial. Le directeur de la National Secular Society, une association athée militante britannique avait déclaré : « La sharia est une industrie en expansion en Grande-Bretagne, qui fait de plus en plus pression sur les personnes vulnérables de la communauté musulmane pour qu’elles utilisent des conseils ou des tribunaux de la sharia pour résoudre, selon la loi islamique leurs différents alors qu’on pourrait faire appel aux tribunaux civils. De tels tribunaux sont autoproclamés, sans contrôle ni garde-fous.Ils jugent même parfois en contradiction avec la loi britannique ou d’affaires criminelles en dehors de leur domaine de compétence. »
D’autres, ont rappelé à l’occasion que même dans les questions de droit civil « la sharia est profondément discriminatoire et injuste pour les femmes et les enfants. Ces tribunaux sont la voie rapide vers l’injustice et ne font rien pour promouvoir les droits des minorités et de la cohésion sociale. »
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