Nouvelles
Chine
persécution de chrétiens
28 décembre 2009
On sait comment les autorités chinoises répriment les Tibétains ou les Ouighours. Mais on ignore souvent que depuis deux ans une campagne très dure est menée en Chine pour faire disparaître les Églises non affiliées aux organisations officielles, catholique ou protestante et contrôlées par l’État chinois.
Ces Églises non reconnues par les autorités subissent des destructions de leurs lieux de culte, des pasteurs, des prêtres, des évêques sont arrêtés, des violences sont commises contre les fidèles qui sont parfois exécutés et il leur est interdit de diffuser la Bible.
Ces chrétiens chinois opprimés, emprisonnés, harcelés, membres des Églises non officielles, seraient cinquante millions. Et parmi eux, il y a Li Ying. Une femme de 49 ans, arrêtée en 2001 en compagnie de 15 autres chrétiens, interrogée, torturée pendant cinq jours et cinq nuits, puis jugée et condamnée à mort pour avoir dirigé une organisation religieuse dite « hérétique ».
Sa peine a été commuée en quinze ans de travaux forcés e 2002 et elle est depuis incarcérée dans la province de Hubei.
L’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a lancé un appel pour Li Ying et les chrétiens en Chine au mois de décembre. Sur le site web de l’ACAT, on trouve des renseignements sur la situation des chrétiens chinois.
Ainsi, la Constitution chinoise reconnaît officiellement le christianisme et les autorités chinoises parlent même de liberté religieuse. Cependant, le gouvernement de Pékin a toujours cherché à contrôler les mouvements religieux et interdit les Églises non enregistrées auprès de l’État.
Il existe ainsi deux communautés d’Églises. L'Église « officielle », contrôlée par le pouvoir, est la seule reconnue et habilitée à nommer des évêques ou des pasteurs en Chine. L’Église « clandestine » ou « domestique » refuse d’être dirigée par le régime chinois et mène des activités religieuses (célébrations, formations, lieux de culte) non déclarées, et donc illégales aux yeux du Parti.
Les chrétiens de l’Église clandestine sont constamment harcelés, opprimés, emprisonnés, voire tués pour avoir exercé leur foi. Ils peuvent être arrêtés et poursuivis pour « appartenance à une secte malfaisante », termes utilisés par les autorités chinoises à l’encontre des groupes religieux non officiellement reconnus.
La Chine compterait plus de 130 millions de chrétiens (officiels et clandestins), selon des propos, non publics, tenus par le directeur du Bureau des affaires religieuses du gouvernement chinois. Il y aurait plus de 50 millions de protestants clandestins. Le Parti communiste chinois est athée mais, en octobre 2007, le mot « religion » a été introduit pour la première fois dans les statuts du Parti. Et le 18 décembre 2007, à l’occasion d’une réunion du Politburo (la plus haute instance du Parti communiste) les religions, le Président chinois Hu Jintao avait mis l’accent sur l’apport positif des religions dans le développement de la société.
Les chrétiens chinois ont cru alors à une avancée majeure en faveur du respect et de la protection de la liberté religieuse. Mais les actions répressives ont continué contre l’Église domestique protestante. Et depuis, les leaders des Églises non-officielles, les défenseurs des droits de l’Homme, les dissidents politiques et les pétitionnaires sont visés.
Le rapport annuel du Département d'État américain concernant « la liberté religieuse dans le monde » souligne une recrudescence des persécutions religieuses, particulièrement en Chine, où elles visent les bouddhistes du Tibet, les musulmans ouighours et les chrétiens non enregistrés.
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Le 16 décembre dernier, ont été rendus publics les résultats d’une enquête menée par The Pew Forum on Religion and Public Life un organisme indépendant basé à Washington, qui étudie l’interaction du religieux et de la vie publique.
L’analyse faite à partir de rapports du Département américain, de groupes de défense des droits de l’homme, des constitutions en vigueur dans les différents pays constate que un tiers des pays dans le monde pratiquent de sévères restrictions en matière de liberté religieuse de leurs peuples et que l’ensemble de ces pays représentent de fait 70 % de la population mondiale.
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