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Afghanistan

Aïcha a eu le nez coupé


 


12 juillet 2011

L'International Herald Tribune rapporte le drame d'Aicha. Toute jeune adolescente afghane elle avait fui un mariage arrangé. Pour son malheur. Rattrapée, ramenée de force dans le village de son mari elle avait été « punie ». Une punition horrifique : le nez coupé, avec la bénédiction du mollah (le chef religieux ) du village et la mutilation avait été exécutée par son mari, son beau-père, et deux de ses beaux-frères la maintenant au sol... Peu de chance d’en réchapper !

Laissée pour morte, elle avait réussi à se réfugier auprès d’une association Women for Afghan Women à Kaboul. Avec l’aide d’organisations charitables et de l’ambassade américaine, Aicha a été envoyée aux Etats-Unis pour bénéficier de chirurgie reconstructrice du visage, quand elle sera en état de supporter émotionnellement les opérations multiples et douloureuses nécessaires, ce qui, des mois  plus tard, n’est pas encore le cas.

Son beau-père, le seul arrêté et emprisonné, vient d’être libéré. Finalement pas si coupable que cela.

Quant au mari, un commandant taliban, il circule entre le Pakistan et la région afghane de l’Uruzguan sous  administration  des talibans où la police afghane ne peut pénétrer et où vivent les beaux-frères Aicha.

Mohammedzai, le père, a la voix qui tremble lorsqu’il s’élève contre cette libération dont son avocat ignore qui l’a décidée et dont ils n’ ont pas été avertis !  « Nous n’avons pas d’argent pour payer les autorités et personne au gouvernement pour nous aider ».

Le directeur adjoint de la Commission indépendante pour les droits de l’homme en Afghanistan s’insurge : « L'impunité a toujours été la règle dans le secteur de la justice. Relâcher cet homme est une trahison envers les femmes qui veulent qu’on leur fasse justice et envers la police qui a tenté d’arrêter les coupables ».

Avec cette affaire, un très mauvais signal est donné, politique, religieux, où pour les droits des femmes qui s’ajoute à bien d’autres et laisse présager le pire lorsque les militaires occidentaux auront quitté le pays. Aicha en est le pauvre symbole...

 

International Herald Tribune
12 juillet 2011

 

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