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République d'Irlande
vous avez dit « blasphème » ?
4 janvier 2010
En Irlande, critiquer une religion pourra désormais être puni d'une amende de 25 000 euros. La loi sur la diffamation est entrée en vigueur ce 1er janvier. Au départ, elle devait simplement réactualiser le droit de la presse irlandais. Elle va en fait beaucoup plus loin. Son article 36 crée un délit de blasphème, puni d'une amende maximum de 25 000 euros.
Cette mesure est dénoncée par les militants laïcs, alors que l'auteur de l'une des caricatures de Mahomet vient d'échapper à un assassinat au Danemark.
La loi s'applique à toutes les religions, pas seulement au catholicisme dominant en Irlande. Elle définit ainsi le blasphème :
« Des propos grossièrement abusifs ou insultants sur des éléments considérés comme sacrés par une religion, et choquant ainsi un nombre substantiel de fidèles de cette religion. »
Le texte est « idiot et dangereux », selon Atheist Ireland. L'association, qui dénonçait déjà les références religieuses dans la constitution irlandaise, accuse : « Des lois religieuses moyenâgeuses n'ont pas leur place dans une république laïque moderne. »
L'Irlande n'est pourtant pas la seule république « moderne » à punir le blasphème. C'est aussi un délit à part entière en Allemagne, en Espagne, au Danemark ou aux Pays-Bas.
Pas en France, où les attaques contre la religion sont simplement encadrée : la loi sur la liberté de la presse punit les provocations « à la discrimination, à la haine ou à la violence » liées à l'appartenance à « une religion déterminée ».
Le blasphème reste pourtant puni sur une partie du territoire : en Alsace et en Moselle. Comme l'avait admis le ministre de l'Intérieur en 2006, le décret de 1919 préservant cet héritage allemand n'a jamais été abrogé. Un texte rarement appliqué depuis, mais bien plus sévère que la nouvelle loi irlandaise : en Alsace et en Moselle, le blasphème peut être puni de trois ans de prison.
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