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Irlande du Nord
un accord de plus
14 février 2010
Selon l’agence œcuménique de presse ENI les autorités religieuses d’Irlande du Nord ont accueilli avec satisfaction l’accord signé par le Parti démocratique unioniste, que soutient la communauté protestante et le Sinn Fein républicain catholique, les deux partis politiques les plus importants et qui gouvernent actuellement l’Irlande du Nord.
L’accord signé le 5 février porte sur une dévolution des pouvoirs de police et de justice à la province nord-irlandaise.
Cet accord a été gagné de haute lutte, après des mois de tractations, les protestants les plus durs refusant de voir ces pouvoirs exercés jusque là à Londres tomber sous le contrôle local nord-irlandais. Le primat catholique de toute l’Irlande, le cardinal Sean Brady s’est réjoui de cet accord tout en espérant que les problèmes suscités par les parades des groupes protestants comme l’Ordre d’Orange, trouvent enfin une issue paisible et respectueuse de l’autre et non pas de la manière habituelle, offensive jusqu’à la confrontation qui a longtemps prévalu.
Le cardinal faisait allusion à ces parades sectaires qui ont mis pendant des années chaque été des rues aujourd’hui catholiques en fureur lorsque des groupes protestants comme l’Ordre d’Orange y défilaient pour commémorer la victoire du roi d’Angleterre protestant Guillaume III d’Orange, sur le roi anglais catholique destitué Jacques II, à la bataille de la Boyne en 1690.
Nombre de catholiques considèrent ces parades comme offensantes.
L’évêque de l’Église anglicane d’Irlande Alan Harper s’est aussi publiquement réjouit de l’accord pour une dévolution des pouvoirs de justice et de police à l’Irlande du Nord.
En fait, depuis l’accord de paix du Vendredi-Saint entre protestants et catholiques, le 10 avril 1998, nombre de pouvoirs, comme les finances, la santé, l’éducation, l’agriculture, ont été transférés au gouvernement et au Parlement irlandais et le Premier ministre et le vice Premier ministre doivent appartenir aux deux traditions politico-religieuses d’Irlande du Nord, la communauté catholique majoritairement nationaliste (pour que nord et sud ne fassent plus qu’une république) et la communauté protestante qui reste attachée à une union avec la Grande-Bretagne.
Mais pour que les pouvoirs de justice et de police soient dévolus, l’accord du Vendredi-Saint spécifiait que cela n’interviendrait qu’avec « un très large accord des partis politiques nord-irlandais. »
Douze ans plus tard, le 12 avril prochain, ce sera chose faite si le 9 mars, une majorité de nationalistes et d’unionistes votent oui.
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