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Italie


Élèves non-catholiques

 

8 mars 2010

A l’école maternelle de Goito, une petite ville près de Mantoue, en Lombardie, on n’accepte plus que « les enfants chrétiens ». Le journal local La Gazzetta di Mantova cite une circulaire du conseil municipal de la ville de Goito qui pose comme condition pour inscrire ses enfants une sorte de préambule religieux : il faut qu’ils viennent « de famille catholique ou chrétienne. Les familles doivent accepter l’inspiration chrétienne de la vie ».
La maire de Goito qui ne voit rien de surprenant dans ce règlement a tenu à préciser que bien que l’école maternelle soit publique « elle est depuis toujours gérée selon des critères qui s’inspirent du christianisme et cette obligation est une valeur ajoutée. »

L’Observatoire contre les discriminations de Mantoue a immédiatement réagit en considérant l’affaire, la première du genre en Italie, d’une « gravité extrême » et s’est déclaré « prêt à soutenir tout recours qui serait fait contre ce règlement et sa compatibilité avec la Constitution italienne. »

L’évêque catholique chargé de l’œcuménisme pour la Conférence des évêques a protesté « fermement » et le président de la Fédération protestante italienne s’est dit « indigné ». « Cette décision, a-t-il déclaré, est dirigée contre plus faibles de notre société, les enfants. Elle interdit de fait à ces enfants toute occasion de connaissance réciproque et d’échange qui sont à la base d’une société ouverte et accueillante. Il est aussi déplorable que les autorités ignorent les droits de la personne les plus fondamentaux prévus par notre Constitution sans parler de la Convention européenne des droits de l’homme ».

Mais au delà de cette décision d’un conseil municipal de centre droit se révèle, on l’aura compris, un climat inquiétant sur la question de l’intégration des immigrés et l’appartenance religieuse sert manifestement d’alibi au racisme. D’ailleurs, la maire reconnaît tranquillement que sur 29 enfants inscrits dans cette école maternelle aucun n’est d’origine étrangère.
C’est ce que le président de la Fédération protestante italienne, cité par l’agence de nouvelles protestante Notizie Evangeliche relève : « Nous nous trouvons face à une manifestation grave de ce racisme diffus qui toujours plus fréquemment se manifeste dans notre pays. [...] Enfin l’instrumentalisation qui est faite de l’évangile de Jésus Christ est inquiétante, cet évangile qui nous invite précisément à l’inclusion et à l’accueil ».

La vice-présidente de l’Observatoire contre les discriminations a regretté elle « qu’il s’agisse d’une école enfantine où les petits enfants ont une occasion de rencontre fondamentale et de partage des cultures et des croyances différentes. » D’après les statistiques de 2007-2008 disponibles, il y avait 575 000 élèves d’origine étrangère scolarisés en Italie (6,4 % de la population scolaire) contre 9,4 % en Allemagne, 22,6 % en Grande-Bretagne, 22 % en Suisse, 3,9 % en France.) Sur les 6,4 % d’élèves dits « étrangers » en Italie, 10 % sont de la seconde génération, nés en Italie et ayant donc un rapport différent à la langue et à la culture italienne que ceux récemment arrivés.

 

 

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