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Pays-Bas
Geert Wilders
député populiste anti-islam
8 mars 2010
Le Parti pour la Liberté du député néerlandais Geert Wilders vient de réussir une percée importante aux élections municipales du 3 mars. Il présentait des candidats pour la première fois, dans deux villes seulement, La Haye et Almere une ville nouvelle à l’est d’Amsterdam. A La Haye, siège du gouvernement, le Parti pour la Liberté (PVV) de Wilders est deuxième en remportant 8 sièges de conseillers municipaux, devancé par le Parti travailliste (PvdA), qui en a 10. A Almere, Geert Wilders devance le Parti travailliste avec 9 sièges.
Créé en 2006, le Parti pour la Liberté a depuis annoncé inlassablement son programme : « Lutter contre l’islamisation des Pays-Bas ».
Pour le politologue de l’université de Liège Jérôme Jamin, dans une interview parue le 5 mars dans Libération, « ce scrutin municipal pouvait être interprété comme un test et il y a peu de chances que cette tendance se retourne en quelques mois » [dans 3 mois ont lieu les législatives]. Pour cet observateur, Wilders est un libéral de droite, populiste mais pas d’extrême-droite :
« L'extrême droite, explique-t-il, renvoie à un discours ultra-nationaliste contre tous les étrangers. Wilders, lui, se prononce pour l'égalité homme-femme, la défense des homosexuels. Il n’a jamais de discours antisémite. La dimension populiste est quant à elle très classique. Ce n'est pas la première fois - en Europe comme aux Pays-Bas - qu'un parti tient un discours à la gloire du peuple, contre les élites. C'est une posture hors-système habituelle, avec un rejet des partis en place, accusés d'inefficacité. »
Quant à la critique obsessionnelle de l’islam de Geert Wilders, le politologue la considère comme une « stratégie originale. »
Il explique qu’un « certain nombre de partis populistes de droite ou d'extrême-droite ont compris que la meilleure manière de développer leurs thèses, c'était de ne plus le faire sur un registre xénophobe. Wilders parvient à articuler son rejet de l'islam dans un registre quasi progressiste et laïc. Il brouille l'analyse. Il utilise par exemple les vieilles idées de l'égalité homme-femme, de défense de la liberté d'expression, contre l'islam. C'est une façon de détourner les valeurs et de les reprendre sous un angle très hostile. »
Question au politologue :
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Comment Geert Wilders s'attaque-t-il à l'islam ?
Réponse : « Il a la capacité de présenter toutes les manifestations de l'islam comme appartenant au même projet insidieux d'invasion. L'islam renvoie pourtant à beaucoup de choses : la culture, l'histoire, la musique, le terrorisme. Mais Wilders, lui, ne veut pas le percevoir comme complexe et multiple. Il l'évoque sur un registre conspirationniste. Pour lui, il y a une sorte de chef d'orchestre, en Arabie Saoudite ou en Afghanistan, qui cherche à islamiser l'Europe »
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Ce discours est-il suffisant pour envisager d'être porté au pouvoir ?
Réponse : « Transformer l'islam en une sorte de cheval de Troie, c'est très bien joué tactiquement. Ce discours est porteur dans une société anxieuse et en crise. D'autant plus que Wilders est aidé par l'histoire récente des Pays-Bas, marquée par deux assassinats (Pim Fortuyn et Theo van Gogh, ndlr).
Enfin, Wilders martèle régulièrement - de manière démagogique et simplificatrice - la supériorité de la culture judéo-chrétienne sur la culture musulmane. »
Cela suffira-t-il à le porter au pouvoir alors qu’une éventuelle collaboration de certains partis avec Geert Wilders semble rejetée pour l’instant.
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