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Pakistan
les Sikhs rançonnés
22 mars 2010
Les sikhs du monde entier sont en deuil. Jaspal Singh, 29 ans une femme et deux enfants, habitant Peshawar, au Pakistan a été décapité dans la nuit du 20 février par des talibans du Pakistan et son corps torturé abandonné dans une région montagneuse.
Il avait été enlevé le 21 janvier et ses ravisseurs demandaient une rançon pour sa libération mais la communauté sikh de Peshawar avait d’abord gardé le silence de peur de représailles et tenté de négocier sa libération ainsi que celle de deux autres sikhs, dont l’oncle de Jaspal Singh, qui sont toujours détenus en attente de payement d’une rançon.
L’association internationale United Sikhs (Sikhs unis) a fait appel aux organisations de défense des droits de l’homme, au Pakistan comme sur le plan international pour que des mesures de protection soient mises en place, pour les Sikhs comme pour les autres minorités en danger au Pakistan.
Dans une lettre trouvée sur le corps de Jaspal Singh, ses ravisseurs exigeaient l’équivalent de 235 000 dollars US pour relâcher les deux autres otages et menaçaient de les tuer et de lancer des opérations suicides contre la communauté sikh si elle approchait les médias ou les forces de sécurité.
Ces sikhs de Peshawar s’étaient réfugiés l’an dernier dans cette ville jugée plus sûre et l’association United Sikhs les avaient aidés à ouvrir des petits commerces.
Le président de la Commission internationale pour la liberté religieuse qui dépend du Département d’État américain avance que l’assassinat de Jaspal Singh est plus qu’un kidnapping avec rançon mais qu’il peut aussi avoir été motivé par son refus de se convertir à l’islam, ce que l’ambassade du Pakistan à Washington dément vigoureusement.
Ajoutant que la « rançon » est en général une sorte d’impôt sur les non-musulmans, plus ou moins admise dans l’accord passé l’an dernier entre le gouvernement pakistanais et les talibans dans cette région tribale !
Les talibans, infiltrés depuis l’Afghanistan contrôlent de fait la région montagneuse où le corps de Jaspal Singh a été retrouvé. D’autres enlèvements ont eu lieu ces deux dernières années mais aucune décapitation jusqu’ici. Un autre sikh enlevé il y a neuf mois s’était vu donner le choix entre payer une rançon (112 000 dollars US), se convertir à l’lslam ou être enrôlé dans leurs forces combattantes.
Il avait réussi à payer sa rançon en vendant son commerce et en empruntant à des amis musulmans. Les talibans avaient aussi menacé de tuer ses enfants et d’enlever les femmes de la famille.
Depuis 18 mois affirme l’association Sikhs Unis, chaque otage, membre d’une minorité au Pakistan et enlevé par les talibans a eu l’obligation de se convertir à l’islam. « On se demande comment le gouvernement pakistanais peut justifier que ces enlèvements n’ont pas de cause religieuse ! »
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