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Fête de Pâques en Israël !
2 avril 2010
Une fois encore, les chrétiens de Terre Sainte ont connu des difficultés pour circuler durant les célébrations de Pâques et se rendre à Jérusalem pendant la Semaine sainte à cause du système de permis imposé par Israël.
La situation n’est pas nouvelle : à Noël, les chrétiens palestiniens avaient déjà subi des restrictions à leurs déplacements dans la région de Bethléem.
Mais cette année, la fête de la Pâque juive tombant en même temps que la fête chrétienne, les restrictions pour se rendre aux célébrations chrétiennes à Jérusalem ont été encore plus sévères. 103 responsables de communautés chrétiennes et 21 organisations chrétiennes de toutes dénominations y compris le Conseil des Églises du Proche-Orient, ont lancé un appel pour que les chrétiens palestiniens puissent se rendre à Jérusalem.
Ils y relèvent que si durant les fêtes chrétiennes de Pâques et de Noël, l’administration israélienne donnait normalement des autorisations aux chrétiens pour aller sur leurs sites religieux et pour visiter les membres de leurs familles vivant en Israël, chaque fois que la Pâque juive tombait au même moment, les Israéliens invoquaient des mesures de sécurité pour restreindre le nombre des autorisations pour les fidèles chrétiens.
« Pâques est considérée comme la plus sacrée des fêtes chrétiennes, elle commémore la résurrection de Jésus, écrivent ces représentants d’Églises, cités par l’agence œcuménique ENI. La fête de la Pâques juive commémore la fuite des Hébreux en esclavage en Égypte au temps de l’Ancien Testament. C’est une preuve supplémentaire de la nature discriminatoire de ce déni de notre pratique religieuse. »
Et ils appelaient les responsables chrétiens à encourager leurs fidèles à boycotter ces autorisations et à se présenter aux points de passage en masse : « Ce serait ainsi l’occasion d’affirmer que notre pratique religieuse n’a pas besoin de permis et que ce système est fondamentalement inacceptable. »
Une déclaration de 1994 de patriarches et chefs d’Églises, reprise par les initiateurs de l’appel de Pâques 2010 affirmait que « pour tout chrétien, être à Jérusalem c’est être chez soi. »
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Le dimanche des Rameaux qui précède celui de Pâques, à Bethléem une foule de gens s’était pressée agitant des palmes comme il y a deux mille ans, en souvenir de l’entrée de Jésus à Jérusalem monté sur un âne. La marche qui avait commencé avec un petit groupe, place de la Mangeoire au centre de la ville, s’est renforcée tout au long du parcours jusqu’à compter 150 Palestiniens, militants israéliens pour les droits des Palestiniens, journalistes... Un cheval et deux ânes faisaient partie du cortège ainsi que des musiciens et des drapeaux palestiniens.
Chrétiens et musulmans défilaient pour réclamer de pouvoir voyager jusqu’à Jérusalem pour prier sur leurs lieux saints.
Les soldats, trop peu nombreux aux check points réservés aux voitures et surpris par le nombre ont laissé passer les manifestants, puis un second passage en force les ont conduits sur la route vers Jérusalem toujours accompagnés du cheval et d’un âne.
La police a finalement bloqué la route et en représailles plus aucune voiture ou piétons n’a pu entrer à Jérusalem, le check point 300, principal point de passage de Bethléem étant fermé, tandis que 11 Palestiniens et quatre militants israéliens étaient arrêtés.
Les autres passages n’ont été ouverts qu’à un nombre limité de personnes (étrangers, élèves palestiniens, ou Palestiniens ayant un permis de travail et ceux qui avaient un attestation médicale). Ceux qui pour des raisons humanitaires ou religieuses voulaient entrer à Jérusalem ont dû trouver d’autres points de passage que Bethléem, et leur trajet en ont été considérablement allongés.
Le Programme œcuménique en Palestine et Israël qui rapporte ces incidents envoie depuis 2002 des observateurs sur la situation des droits de l’homme et soutient des actions de résistance non-violente parmi les populations chrétienne et musulmane et en liaison avec les Églises locales et ceux qui, comme les militants pacifistes israéliens luttent contre l’occupation israélienne.
Le Programme œcuménique en Israël et Palestine est coordonné par le Conseil Œcuménique des Églises à Genève.
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