Le dernier numéro du bulletin de l’Église luthérienne du Danemark consacre une place importante à une réunion du diocèse d’Aarhus début novembre, sur les chrétiens persécutés.
Du harcèlement par les Israéliens, des Palestiniens chrétiens de Bethléem à qui l’on refuse tout simplement l’autorisation de se rendre à Jérusalem pour les cérémonies de Pâques : « On donne un laissez-passer à un petit enfant mais pas à ses parents ».
D’autres persécutions plus graves mettent en danger la vie même des chrétiens. Ou leur équilibre psychologique.
Ainsi Massoud Fouroozandeh, premier pasteur luthérien après sa conversion de l’islam. Il raconte avoir été persécuté lui-même par des musulmans au Danemark parce qu’il avait abandonné l’islam. Sa voiture a été endommagée deux fois, ses enfants menacés et il a dû finalement déménager avec sa famille.
« En Iran, dit-il, la pression sur les chrétiens a pour but de leur faire abandonner la foi chrétienne. Soit on accepte d’être persécuté, soit on quitte le pays. Bien que l’apostasie ne soit pas dans le coran elle est punie de mort selon certains théologiens et des musulmans fanatiques souhaitent que cette condamnation soit étendue. N’hésitez pas à faire connaître cette situation, a plaidé le pasteur iranien : les autorités iraniennes détestent la réprobation des pays occidentaux. »
Un autre pasteur danois a évoqué la persécution des indiens chrétiens par des hindous fanatiques : attentat, incendies de maisons, d’églises. Comme les chrétiens d’Égypte, sans cesse menacés.
Enfin, un chrétien assyrien originaire d’Irak a raconté combien il était difficile, au Danemark même, de faire comprendre que l’on peut quitter son pays à cause de sa foi. « Notre foi est au cœur de notre être, a-t-il dit, mais les Danois ont beaucoup de mal à le comprendre. Et comme j’ai l’allure de quelqu’un du Moyen Orient, mes élèves ont du mal à croire que je sois chrétien tellement est fort le stéréotype physique du musulman ».
Conclusion de cette rencontre : les 155 paroisses luthériennes danoises, les églises de migrants et les associations chrétiennes s’occupant de réfugiés et de demandeurs d’asile doivent inciter les autorités danoises à être plus au courant des persécutions, spécialement dans les pays musulmans. « Il faut que nous persuadions le gouvernement de l’importance du facteur persécution dans le droit d’asile. »