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Une canonisation qui pose question
sœur Mary MacKillop
18 avril 2010
L’Australie, membre du Commonwealth, avait été décrite en 1849 par un pasteur écossais comme « le pays le plus impie du monde ». La décision du pape de canoniser à la fin de l’année sœur Mary MacKillop, fille d’un émigré écossais catholique, fondatrice à la fin du 19e siècle d’un ordre enseignant, corrigera-t-elle la mauvaise réputation du pays où des années durant la Grande-Bretagne envoya les criminels dont elle ne voulait plus sur son sol.
De son vivant la future sainte Mary, dotée d’un fichu caractère a multiplié les clashes avec la hiérarchie catholique mâle et a même été excommuniée un temps pour désobéissance ! Ce qui ne l’a pas empêchée de laisser en héritage à l’Australie des écoles pour enfants défavorisés, un orphelinat, un refuge pour femmes en danger et une équipe de religieuses dynamiques qui ont poursuivi sa tâche.
Pourtant, même après avoir passé avec succès les trois étapes exigées pour la reconnaissance de la sainteté, dont deux miracles reconnus officiellement, la future sainte trouve le moyen, 150 ans plus tard, de faire encore discuter ferme dans les médias australiens.
L’agence œcuménique de nouvelles ENI rapporte que deux responsables religieux australiens, l’un de l’Église unie d’Australie, protestante, l’autre un évêque anglican interpellent le Vatican sur son besoin d’avoir en mains deux miracles pour déclarer la sainteté de quelqu’un.
Le protestant écrit dans le journal de son Église que le besoin de chercher des manifestations de l’ intervention divine pose des questions sur Dieu et sur Mary MacKillop : « Je suis gêné par une divinité qui peut être ainsi manipulée. Je trouve contestable que l’on soit obligé d’embellir le souvenir de cette bonne et sainte femme avec des histoires miraculeuses. »
Et il ajoute qu’il refuse que le travail de Mary MacKillop, qu’il admire, soit ainsi dévalué [par ces histoires « théologiquement insensées »].
L’évêque anglican, cité par ENI, affirme, quant à lui, que la canonisation de Mary MacKillop relève d’une « mauvaise théologie. D’abord, récompenser par la sainteté et deux miracles une telle œuvre c’est mal comprendre ce que la Bible décrit comme la sainteté. La sainteté, c’est un titre pour tous ceux dont les fautes ont été pardonnées. Ensuite, le processus de canonisation de l’Église catholique cache l’importance de l’action de Dieu envers son peuple et la remplace par une explication humaine du processus miraculeux ».
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