Nouvelles
Hôpital protestant de Gênes
la pilule abortive RU 486
26 avril 2010
L’hôpital protestant international de Gênes, Italie, a été attaqué dans la nuit du 8 au 9 avril par une trentaine de militants de Forza Italia, mouvement politique d’extrême-droite. Les manifestants ont tenté de bloquer l’une des entrées de l’hôpital et laissé une inscription : « Vous vous fermez à la vie, nous fermons l’hôpital » ainsi qu’une dizaine de statuettes d’angelots et des tracts anti-avortement.
Une manifestation qui renvoie à la pratique mise en place par cet hôpital de la pilule abortive RU 486 à la suite de la décision de la Région Ligure de l’autoriser dans un cadre hospitalier. L’hebdomadaire protestant Riforma relève à cette occasion la réaction immédiate des autorités : celle de la maire de Gênes qui a dénoncé une « intolérance honteuse » de la part des manifestants et celle du président de la Région Ligure qui a exprimé sa solidarité.
Les Génois apprécient l’excellence médicale de cet établissement et les réactions ont montré que cet hôpital protestant était estimé et soutenu et non pas comme les opposants voudraient le faire croire, une institution étrangère à la culture italienne et n’ayant pas droit de cité. Le directeur de l’hôpital a déclaré : « Il faut être ferme quand sont en jeu les lois de l’État et la sauvegarde des droits démocratiques dans une nation moderne ».
Deux présidents de région du parti de la Ligue du Nord, élus en Piémont et en Vénétie, ont déclaré qu’ils étaient opposés cette pilule RU 486. La Commission bioéthique de la Tavola Valdese (le Conseil national de l’ Église réformée italienne) a trouvé que c'était instrumentaliser le drame de l’avortement dans un but politique et que, d'ailleurs, il ne faut pas considérer que la pilule RU 486, qui facilite l’avortement, conduirait en réalité à une utilisation anticonceptionnelle : « le choix d’avorter implique une réflexion morale de la mère, que la RU486 ne diminue certainement pas, même si elle rend l’avortement moins traumatisant sur le plan médical. »
La déclaration des protestants italiens conclut que ce ne sont pas des manifestations comme celles du 8 avril qui réduiront le nombre d’avortements. « Il serait préférable de commencer par considérer la femme comme un sujet moral autonome et prendre acte de ce que le renoncement à une partie de soi en choisissant de ne pas devenir mère n’est pas un acte arbitraire et abstrait qui va contre le principe absolu de respect de la vie mais une prise de responsabilité concrète, douloureuse. »
L’Ospedale Evangelico Internazionale pratique six mille interventions chirurgicales par an et en 2009, il y a eu 650 interruptions de grossesse et 800 accouchements. Fondé en 1857, il est administré par les Églises présentes à Gênes : anglicane, luthérienne, presbytérienne écossaise, réformée suisse et vaudoise (réformés italiens). L’hôpital est ouvert à tous sans distinction d’appartenance religieuse.
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