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IVG
à l'hôpital protestant de Gênes

 

 

2 mai2010

La semaine passée, j’avais parlé de l’attaque de l’hôpital protestant international de Gênes en Italie, par une trentaine de militants de Forza Italia, un mouvement politique d’entrême-droite. Les manifestants dénonçaient la pratique mise en place par l’hôpital de la pilule abortive RU486, la Région Ligure l’ayant autorisée dans un cadre hospitalier.

Les manifestations de solidarité envers l’hôpital de la part des autorités de la ville avaient démontré que l’hôpital s’inscrivait dans le respect des lois et « la sauvegarde des droits démocratiques » (dont les droits des femmes) comme le rappelait le directeur.

La Commission bioéthique de l’Eglise réformée italienne avait dénoncé l’instrumentalisation politique du drame de l’avortement et rappelé que « le choix d’avorter implique une réflexion morale de la mère que la pilule RU486 ne diminue certainement pas, même si elle rend l’avortement moins traumatisant sur le plan médical ».
La Commission éthique remarquait aussi que ce ne sont pas des manifestations comme celle du 8 avril qui réduiront le nombre d’avortements et qu’ il serait par ailleurs « préférable de commencer par considérer la femme comme un sujet moral autonome et prendre acte de ce que le renoncement à une partie de soi, en choisissant de ne pas devenir mère, n’est pas un acte arbitraire et abstrait qui va contre le principe absolu de respect de la vie mais une prise de responsabilité concrète, douloureuse. »

Les chiffres donnés par l’hôpital protestant, qui est une structure de statut public, ont simplement surpris : 650 avortements et 800 accouchements. Renseignements pris auprès d’Italo Pons, le pasteur vaudois de Gênes, le nombre des avortements s’explique par le fait que l’autre hôpital public, dont l’archevêque catholique de Gênes préside le conseil d’administration, est plus que réticent à pratiquer des avortements.
Il y eut même une époque où des médecins volontaires de l’hôpital protestant allaient pratiquer des avortements dans l’autre hôpital jusqu’à ce que les patientes de cet hôpital qui veulent avorter soient dirigées directement vers l’hôpital protestant où elles sont prises en charge.
De même, les fécondations in vitro se font à l’hôpital protestant, puisque l’Église catholique l’interdit en théorie.
Enfin, des femmes étrangères viennent à Gênes avorter à l’hôpital protestant.

Mais le pasteur a aussi insisté sur le fait que l’éducation sexuelle est absente de l’école. Si l’on veut que le nombre d’avortements diminue, il faudrait sérieusement s’en donner les moyens !

L’hôpital protestant a été fondé en 1857, est administrés par les Églises protestantes de Gênes : anglicane, luthérienne, presbytérienne écossaise, réformée suisse et vaudoise (réformés italiens).

 


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