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La burqa, le niqab
2 mai 2010
Les Belges nous ont coiffé au poteau ! Ils ont adopté une loi qui pourrait entrer en vigueur dès cet été et qui interdit le port du voile intégral même dans la rue. Le texte adopté par les députés belges ne parle pas explicitement de la burqa ou du niqab mais prévoit, que les personnes qui « se présenteront dans l’espace public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière telle qu’elles ne soient plus identifiables » seront punies. Une amende et/ou d’une peine de prison de un à sept jours sont prévues.
En France, le projet de loi quasi définitif sur l’interdiction du voile intégral prévoit une amende de 150 euros pour les personnes qui dissimulent leur visage dans l’espace public et jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende pour les personnes qui obligent un tiers à dissimuler son visage.
Le texte du projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 19 mai par la ministre de la Justice et débattu au Parlement à la mi-septembre.
Selon Le Figaro l’un des articles du projet de loi stipule que « nul ne peut, dans l’espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage. » Le projet de loi dit encore qu’imposer de dissimuler son visage « en raison de son sexe » et ce par « la violence, la menace, l’abus de pouvoir ou d’autorité » devient un délit passible d’amende et de prison. Ce délit sera intégré au code pénal dans les atteintes à la dignité de la personne. Et cette notion de dignité de la personne est très importante.
Comme l’explique l’un des rédacteurs du projet de loi cité par Le Figaro : « Cette loi n’est pas faite pour protéger la société française de l’islamisme mais bien les femmes et leurs droits ».
Les représentants du Conseil français du culte musulman paraissent en difficulté en étant à la fois opposés au voile intégral mais opposés aussi à une loi l’interdisant et déplorant la « stigmatisation » de l’islam. Le site internet 20minutes.fr a publié le 30 avril une réflexion argumentée sur le rôle social du visage et de sa visibilité, au centre du débat sur le voile intégral.
« La démocratie se vit à visage découvert », c’est ce qu’a répété la semaine dernière devant les députés la ministre de la Justice à l’origine naguère d’un décret « anti cagoule » l’interdisant lors de manifestations. « Cette fonction sociale du visage est également défendue par certains intellectuels », note 20minutes.fr qui cite la romancière Catherine David affirmant : « Le visage, c’est le fondement de l’humanité » et proposant « d’inscrire le droit au visage dans la Constitution... plutôt que d’interdire la burqa, ce qui risque de renforcer le fanatisme au lieu de l’affaiblir ».
Guy Carcassonne, spécialiste du droit constitutionnel préfère mettre l’accent sur « l’ordre et la sécurité publique », comme le philosophe Michel Serres : « Pourquoi, remarque-t-il, dans la plupart des cultures du monde, et quels qu’y soient les usages vestimentaires, le visage et les mains bénéficient, le plus souvent seuls, de la nudité ? Parce qu’ils garantissent la sécurité publique et l’identité des personnes privées en public. » Une sécurité qui permet « le vivre ensemble. » Pour lui, « le visage est le fondement de la société civile » et le cacher devrait rester un jeu réservé aux jours de carnaval. Les députés belges y ont aussi pensé ! »
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