Nouvelles
Nigeria
Chrétiens et musulmans
17 mai 2010
Le nouveau président du Nigeria s’appelle Goodluck Jonathan (Bonne chance Jonathan !) et il aura effectivement besoin de beaucoup de chance pour gouverner ce pays ingouvernable ! Vice-président, il a prêté serment le 6 mai, remplaçant Umaru Yar’Adua malade depuis de longs mois et mort la veille.
Goodluck Jonathan est chrétien, succédant à un musulman qui avait lui-même remplacé un chrétien du sud, le général Olusegun Obasanjo. Le vice-président sera musulman.
C’est ainsi, au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique (149 millions d’habitants), où chrétiens et musulmans se partagent à peu près par moitié la population, les chrétiens étant majoritaires au sud, les musulmans au nord.
C’est aussi un pays qui a connu nombre d’affrontements religieux sanglants ces trente dernières années, plus précisément dans le nord où la charia a été imposée malgré la neutralité de l’État. Et malgré l’alternance, tous les huit ans, de la présidence entre nord et sud (c’est-à-dire de fait entre musulmans et chrétiens).
Une délégation du Conseil œcuménique des Églises devait se rendre au Nigeria à la fin de la semaine dernière dans la ville et la région de Jos. Cet État, au centre du Nigeria est l’un des plus affectés par les conflits ethniques et interreligieux et plusieurs centaines de gens y ont été tués ces derniers mois. La délégation comptait rencontrer des responsables d’Eglises dans la capitale, Abuja, des personnalités musulmanes engagées dans les efforts de paix et de réconciliation, le gouverneur de l’État de Jos ainsi que le nouveau président.
Le Nigeria est le premier pays producteur de pétrole du continent. Depuis son indépendance, ce pays a vécu une succession de régimes militaires et civils marqués par la corruption et des atteintes multiples aux droits de l’homme. Le Nigeria est un pays pauvre, la rente pétrolière ne profitant qu’à la minorité au pouvoir.
La pauvreté, la mauvaise gestion, la corruption, ont alimenté les tensions religieuses et ethniques de ces dernières années et sont cause de graves violations des droits de l’homme.
La délégation qui visite le Nigeria fait partie de la « Décennie : vaincre la violence », un mouvement initié par le Conseil œcuménique des Églises. La délégation au Nigeria entre dans ce cadre d’équipes œcuméniques qui visitent les Églises membres du Conseil œcuménique pour les encourager à partager leurs expériences, et à s'engager dans la vie publique pour promouvoir la résolution non violente des conflits, la réconciliation et le pardon. Cette « Décennie : vaincre la violence » se terminera en mai 2011 par un « Rassemblement œcuménique pour la paix », à Kingston en Jamaïque.
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