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Pourquoi les islamistes

gagnent-ils ?

 

19 décembre 2011

« Pourquoi les islamistes gagnent-ils ? » C’est la question que se posent les médias au fur et à mesure que les résultats des élections dans les pays arabes sont connus. Tunisie, Maroc, Egypte...
C’est la question que se pose par exemple l’hebdomadaire protestant italien Riforma.
« Presque un an après le début de ce qu’on appelle le printemps arabe, l’islam politique semble avoir volé la vedette aux foules de jeunes, de laïques et de libéraux qui ont lancé la révolte et le processus de réformes dans nombre de pays arabes [...]
En réalité, le succès islamiste n’est une surprise pour personne. On peut dire, au contraire, que c’est un passage obligé sur le chemin de la démocratie dans ces pays. La raison en est double. D’abord
, écrit Riforma, il faut noter que les électeurs ont voté pour les islamistes alors qu’ils ne sont ni membres, ni sympathisants parce que ces islamistes sont considérés comme étrangers à la corruption et à l’oppression des régimes qui étaient en place.
Ensuite, les islamistes, aussi bien en Egypte qu’en Tunisie, ont longtemps été persécutés par ces régimes. Ce sont les mouvements islamistes qui ont durant des décennies constitué la véritable résistance à la dictature, en en payant le prix par l’exil, la torture et la détention illégale, alors que ceux qui feignaient d’être politiquement dans l’opposition et se disaient laïques et libéraux ont siégé au Parlement où on leur concédait quelques sièges et ont profité du pouvoir. Ce n’est donc pas étonnant que la parole “libérale” ou “laïque” soit dévaluée aujourd’hui dans le monde arabe [...]
En second lieu, après des décennies de résistance aux régimes
[dictatoriaux], les mouvements islamiques ont mis en place une solide organisation et un fort enracinement dans le pays utilisés avec succès lors de la campagne électorale. Le travail social durant de longues années au service des plus pauvres et le contrôle des oubliés de l’Etat, dans les bidonvilles, les quartiers dégradés des villes et dans les zones rurales ont évidemment payé.
Et ce malgré les divisions dans la mouvance islamique. Alors que les jeunes révolutionnaires n’ont pas eu assez de temps pour s’organiser et faire concurrence aux islamistes et alors qu’ils ont dû faire face dans certains cas à une campagne de diffamation systématique. De plus, l’absence de leadership qui avait fait le succès de la révolte de ces jeunes les a pénalisés pour les élections. »

Mais, relève Riforma, « la véritable surprise de ces élections est le succès du courant salafiste ultra conservateur qui s’inspire de l’idéologie wahhabite d’Arabie Saoudite et qui a mené de vastes opérations de propagande financées par certains princes saoudiens ou d’autres pays du Golfe. Une propagande qui se répand par les canaux satellitaires, internet et la prédication et a finalement porté ses fruits. »
C’est ainsi que l'opposant historique de Ben Ali a été élu président de la République tunisienne, lundi dernier, par l'Assemblée constituante. Actuel secrétaire général d'Ennahda, l’organisation islamiste tunisienne, il a passé quinze ans dans les geôles du régime Ben Ali pour « appartenance à une organisation. séditieuse »...
Pourtant, conclut Riforma, les islamistes devront se montrer à la hauteur de la confiance que les électeurs leur ont accordé et dont ils attendent autre chose qu’un discours religieux moralisant.
« Si les islamistes ne sont pas capables de répondre aux demandes de démocratie, de justice sociale et de réformes des appareils d’Etat exprimées durant les révolte de 2011, les islamistes devront, à leur tour, faire face aux mêmes manifestations sur les places arabes. »

 

 

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Finance islamique

On se demande souvent ce que recouvre l’expression « finance islamique », « banques islamiques ». Un article de Yannick Roudaut publié sur le site du Monde le 30 novembre dernier l’explique. Née en 1063 en Egypte, nouvelle approche financière, la finance islamique, respectant les principes de la charia, est encore peu connue des investisseurs occidentaux alors qu’elle connaît une forte croissance dans les pays musulmans, représentant déjà un marché de 1000 milliards de dollars pour environ 300 établissements bancaires à travers le monde.
Yannick Roudaut voit deux grands principes fondateurs à cette finance islamique :
« Le premier est l’interdiction de spéculer [...] Tout investissement doit reposer sur une véritable activité économique, sur un actif réel ! Cela empêche-t-il le système de tourner ? La réponse est non. »

Quant à l’autre principe fondateur, c’est « la notion de partage. Partage des bénéfices, bien sûr mais aussi partage des pertes. Tout produit financier doit être conçu sur la base d’un partenariat prêteur-emprunteur, avec tous les risques que cela comporte. Concrètement, cela se traduit par exemple, par la création d’obligations dont le rendement sera indexé sur la performance économique du projet [...] Quand une banque finance un projet, elle assume le risque de perte avec le porteur du projet. On est loin, conclut l’auteur, de l’approche anglo-saxonne qui consiste trop souvent à “privatiser les gains et nationaliser les pertes”. Une autre interprétation du partage... »

 

 

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Aminza bent Abdelhalim Nassar décapitée au sabre

L’Arabie Saoudite pourvoyeuse de fonds de l’islam salafiste, et appliquant la charia sans état d’âme. C’est le cas avec cette femme saoudienne décapitée au sabre le 12 décembre sous l’accusation de sorcellerie. Aminza bent Abdelhalim Nassar était depuis avril 2009 en prison.

L’ONG Amnesty International appelle à un « moratoire » sur les condamnations et exécutions dans le royaume saoudien (102 en 2008, 67 en 2009, 27 en 2010, mais déjà 73 exécutions connues, depuis janvier 2011).

En Arabie Saoudite la justice est aux mains des oulémas (chefs religieux) et fondée sur l’interprétation par les tribunaux de la loi islamique, la charia. Amnesty International, dans un communiqué, relève qu’on ignore les faits dont été accusée cette femme mais que « l’accusation de sorcellerie a fréquemment été utilisée pour punir, généralement à l’issue d’un procès inique, des personnes ayant simplement exercé leur droit d’expression ou de religion. »

Toujours selon Amnesty International, un Soudanais a été exécuté en septembre dans la ville de Médine pour sorcellerie alors qu’il était passé aux aveux après avoir été torturé et jugé en l’absence d’un avocat. Une accusation et une exécution qui illustrent parfaitement, selon Amnesty International, l’attitude de la justice saoudienne envers les étrangers, qui représentent près d’un quart de la population d’Arabie Saoudite.
Essentiellement originaires de pays pauvres du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie, ces étrangers connaissent peu leurs droits et sont rarement défendus par un avocat, ils ne comprennent pas les documents qu’ils sont forcés de signer, la procédure se déroule dans le secret, ni les accusés, ni leurs proches ne sont tenus au courant et leurs aveux sont souvent obtenus par la torture ou la ruse.

 

 

 

 


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