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Journée mondiale
contre l’homophobie
17 mai 2010
Le pape a déclaré le 13 mai à Fatima : « Les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie dès sa conception et de la famille fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui aujourd’hui s’opposent au bien commun ».
Une déclaration très politique puisque le Portugal s’apprêtait à autoriser quelques jours plus tard le mariage homosexuel après avoir, par referendum, légalisé l’avortement en 2007.
Aux élections législatives, en septembre 2009, le premier ministre socialiste sortant José Sócrates, avait inscrit le mariage gay dans son programme électoral. Réélu, un projet de loi légalisant le mariage gay a donc été élaboré et adopté en première lecture par le Parlement le 8 janvier 2010, à majorité de gauche, avec une très faible contestation des opposants.
Le président portugais, de centre droit, étant contre la reconnaissance du mariage gay, a demandé à la Cour constitutionnelle de vérifier la validité de la loi. Et en avril dernier celle-ci a donné son feu vert en estimant que cette évolution était nécessaire. Le chef de l’État, catholique pratiquant, devait promulguer cette loi autorisant le mariage homosexuel aujourd’hui.
Le site Libération.fr commente ainsi l’événement :
« Contrairement à l’Espagne où le clergé catholique s’était fortement mobilisé contre le mariage homosexuel, autorisé depuis 2005, l’Église catholique au Portugal est restée en retrait lors du débat qualifié, la semaine dernière de “détail dans la vie de la nation” par l’archevêque de Lisbonne. »
Libération relaye par ailleurs un appel contre la répression dont sont victimes les homosexuels dans de nombreux pays, en ce 17 mai, Journée mondiale contre l’homophobie. « pour faire vivre l’espoir, la diversité et la paix dans le monde, sans distinction de sexe, de genre. »
Cette année, l’accent est mis plus particulièrement sur les religions.
Interviewé dans Libération, Louis-Georges Tin, à l’origine de cette Journée mondiale de lutte contre l’homophobie explique que « les croyances religieuses sont trop souvent sources d’homophobie » et que lors du débat aux Nations-Unies pour obtenir une dépénalisation universelle de l’homophobie, « nos principaux adversaires étaient de fait les États les plus marqués par la croyance religieuse ». Et que même dans un pays comme la France où l’État et l’Église sont séparés et où l’on pourrait penser que l’homophobie religieuse est marginalisée « beaucoup d’opposants à l’égalité des droits se réfèrent à un ordre symbolique, anthropologique ou psychanalytique qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’ordre divin des catholiques. »
Louis-Georges Tin ajoute : « Nous ne demandons pas aux leaders religieux d’approuver l’homosexualité. Nous leur demandons, chose bien différente, de désapprouver l’homophobie. [...] Nous voulons que les théologiens viennent sur le terrain des droits humains qui nous concernent tous. »
Il dit s’être adressé à tous les cultes : l’Église catholique qui a rédigé avec eux une prière universelle à l’occasion de cette journée, Dalil Boubakeur, de la Grande mosquée de Paris qui sera présent avec le président du CRIF, le pasteur Rive de la Fédération protestante, des juifs, des athées, des agnostiques et des représentants d’organisations comme la Halde, au colloque qui a pour thème : « Religions, homophobie, transphobie ». qui se tient aujourd’hui à l’Assemblée nationale.
Rappel : dans 80 pays au moins, l’homosexualité est condamnée par la loi. Prison à perpétuité et même peine de mort dans 7 pays, discriminations, agressions physiques, parfois encouragés par une condamnation sans appel des religieux.
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