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États-Unis
une femme évêque homosexuelle
31 mai 2010
La chanoine Mary Glasspool, élue en décembre dernier en tant qu’évêque assistante du diocèse de Los Angeles vient d'être consacrée évêque le 15 mai dans l’Église épiscopalienne des États-Unis (anglicane). Et cela alors même que la polémique faisait rage dans la communion anglicane. Parce que Mary Glasspool est homosexuelle et vit publiquement avec une partenaire et donc que ses opposants lui dénient le droit à l’autorité dans son Église, ou encore parce que l’Église épiscopalienne américaine ne respecte pas la déclaration en 1978 de la Conférence de Lambeth (convocation de l’ensemble des évêques de la Communion anglicane, tous les dix ans) : « Alors que nous réaffirmons l’hétérosexualité comme la norme biblique, nous reconnaissons le besoin d’une étude approfondie et dépassionnée sur la question de l’homosexualité qui prendrait sérieusement en compte à la fois la Bible et les données de la recherche scientifique et médicale. L’Église reconnaît le besoin d’une attention pastorale envers ceux qui sont homosexuels et encourage le dialogue avec eux ».
Mais en attendant, une résolution de la Conférence de Lambeth rejetait la « pratique homosexuelle comme incompatible avec la Bible » et refusait d’autoriser les bénédictions d’unions homosexuelles ou l’ordination de gens engagés dans des unions homosexuelles.
En 2008, trente ans plus tard, la réflexion se poursuit avec difficulté mais surtout la Communion anglicane est à feu et à sang sur cette question de l’homosexualité. Entre temps, un prêtre anglican homosexuel, le révérend Jeffrey John élu évêque du diocèse de Reading en Angleterre a dû renoncer à ce poste sous la pression des conservateurs et de l’archevêque de Cantorbéry mais surtout, un prêtre épicopalien américan homosexuel, Gene Robinson, a été élu évêque du New Hampshire en 2003 alors qu’il était divorcé et vivait depuis des années avec un partenaire.
La Conférence de Lambeth de 2008 déclare : « Le sujet des relations homosexuelles est si sensible parce qu’il entre en conflit avec la longue tradition de l’enseignement de la morale chrétienne. Pour les uns, ce changement d’opinion [vis-à-vis de l’homosexualité] ne peut avoir de référence biblique alors même qu’ils considèrent l’activité homosexuelle comme intrinséquement coupable. Des tensions sont apparues quand ceux qui s’en tiennent à l’enseignement traditionnel ont été confrontés avec des changements dans la vie de l’Église ou dans son enseignement et n’ont pas été capables de comprendre comment les gens ont une nouvelle approche de la Bible ou de la théologie pastorale. »
Mais la Conférence de Lambeth 2008 exprimait clairement ses réserves quant à l’élection d’un évêque « vivant une union homosexuelle. (sous-entendu l’épiscopalien américain Gene Robinson) Sa consécration a en pour effet de perturber profondément la communion anglicane en maints endroits et détourné des autres objectifs de sa mission. On est aussi anxieux que cet acte ne soit pas isolé mais se reproduise à nouveau et compromette la mission [de la communion]. »
Avec la consécration de Mary Glaaspool à Los Angeles ce mois-ci, l’inquiétude des opposants est devenu certitude et les a renforcés dans leur opposition ! Reste-t-il l’option pour ces farouches défenseurs de l’enseignement moral traditionnel, de trouver un gentleman’s agreement avec ceux qui comme les épiscopaliens américains, en discussion sur le sujet de l’homosexualité depuis plus de trente ans, prônent désormais l’égalité des droits pour les homosexuels et une théologie inclusive ?
Un gentleman’s agreement soit pour tomber d’accord, soit pour vivre ensemble dans le désaccord ?
Ou bien choisiront-ils de quitter la Communion définitivement comme certains l’ont fait en Angleterre en refusant des femmes prêtres puis à l’horizon proche des femmes évêques ?
Ils peuvent aussi fonder une communion anglicane alternative à l’intérieur ou à l’extérieur de la communion anglicane actuelle...
Comme l’écrit le 17 mai dernier Savi Hensman, dans un commentaire paru dans The Guardian : « nombre de théologiens dans l’Église épiscopalienne américaine sont devenus de plus en plus gênés par la discrimination envers les homosexuels et certains ressentent même cela comme une trahison de leurs vœux de baptême. Quand Mary Glaspool a été choisie comme évêque, un évêque épiscopalien a cité Martin Luther King [parlant lui des droits des Noirs] : ”Maintenant, il est temps de rendre justice à tous les enfants de Dieu.“ »
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