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Italie
Maria Longhitano
une femme évêque
dans l'Église vieille-catholique
31 mai 2010
L’Église vieille-catholique d’Italie a ordonné une femme pour la première fois, le 23 mai. La cérémonie a eu lieu à Rome dans l’église anglicane de la ville. La nouvelle prêtre, Maria Vittoria Longhitano est âgée de 35 ans, elle est mariée et enseignante.
Les vieux catholiques en faveur de cette ordination se réjouissaient de ce qu’ils considèrent comme un renforcement de leur communauté par une présence féminine dans le ministère. Et Maria Longhitano espère que l’événement encouragera l’avancement de la cause des femmes prêtres dans l’Église catholique romaine : « Le système [catholique] est extrêmement hiérarchisé dans l’Église catholique romaine, a-t-elle déclaré. C’est une caste de mâles avec un fort instinct de préservation, ce qui explique le refus de femmes ordonnées. »
L’ordination de Maria Longhitano a dépassé largement l’Église vieille-catholique « devenant un symbole pour ceux qui sont en faveur de l’ordination des femmes au sein de la tradition catholique romaine », commente le think tank chrétien Ekklesia, rappelant que « même si le Vatican demeure fermement opposé à l’ordination des femmes, d’importants mouvements de base sont en faveur de cette ordination dans un certain nombre de pays. »
Église vieille-catholique, Union d’Utrecht ou encore Église catholique chrétienne en Suisse, ces appellations recouvrent la réalité d’une dénomination séparée de Rome depuis le XVIIIe siècle, l’Église d’Utrecht, que des catholiques libéraux refusant le dogme de l’infaillibilité pontificale proclamée lors du concile de Vatican 1, en 1870, ont rejointe.
Les prêtres et évêques vieux-catholiques peuvent se marier, les évêques, qui se réclament de la succesion apostolique sont élus par le synode composé de délégués ecclésiastiques et de laïcs.
Ces Églises ont participé au mouvement œcuménique dès ses débuts et sont membre fondateur du Conseil œcuménique des Églises. Depuis 1931 elles ont l’intercommunion avec les anglicans. Interrogé en mars 2008 dans le mensuel protestant libéral Évangile et Liberté, un laïc français de cette dénomination expliquait :
« J’ai trouvé dans l’Église vieille-catholique une liberté de conscience forte et l’absence de condamnations morales des personnes. L’avortement, l’homosexualité, le concubinage ou la contraception ne font pas l’objet de discussions polémiques. Le fil conducteur en matière d’éthique reste toujours la conscience personnelle.
Ainsi, par exemple, les couples homosexuels peuvent recevoir une bénédiction, les personnes divorcées ou remariées n’en sont pas exclues.
C’est une Église fraternelle ouverte sur le monde, qui ne sacralise pas la tradition catholique, au contraire elle la fait évoluer.
À telle enseigne que les prêtres peuvent se marier et les femmes ont accès au sacerdoce.
J’ai été attiré aussi par la liberté d’organisation locale, par exemple les paroisses choisissent leur prêtre.
En tant que laïc, je souhaitais avoir une place, être entendu et participer pleinement aux choix et à la vie de l’Église. »
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