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Le pasteur sud-africain Nico Smith

 

27 juin 2010

Le pasteur sud-africain Nico Smith est mort à Pretoria ce 19 juin d’une crise cardiaque. Il avait fait partie de ce petit groupe de pasteurs afrikaners qui avaient défié le pouvoir blanc au temps de l’apartheid dès les années 70 ce qui lui avait valu d’être banni de son Église réformée blanche. Il avait fait sensation lorsqu’il avait démissionné d’un poste de professeur de théologie à l’université de Stellenbosch, lieu de pouvoir afrikaner et quitté la partie de la Nederduitse Gereformeerde Kerk (l’Église réformée hollandaise) réservée aux Blancs, pour adhérer à une paroisse de cette même Église mais pour Noirs seulement.
Il s’était installé en 1985, avec sa femme médecin, dans un township, bidonville réservé aux Noirs.

En 1982, l’Alliance réformée mondiale, avait dénoncé l’apartheid comme une hérésie théologique et avait suspendu deux Églises blanches d’Afrique du Sud, dont celle de Nico Smith, pour le soutien théologique et biblique qu’elles apportaient au système de la domination blanche qui a gouverné le pays de 1948 à 1990.
En 1986, le Los Angeles Times avait rencontré le pasteur Nico Smith qui avait raconté que la première question que les Blancs lui posaient était : « N’avez-vous pas peur ? » Et Smith de commenter : « La peur des Blancs est l’un des grands obstacles à la compréhension et au progrès dans ce pays. Mais ces deux dernières années, les Blancs ont commencé à réaliser la profondeur et le degré de colère des Noirs. »

Le porte-parole de l’ANC (le Congrès national africain, parti au pouvoir), a déclaré : « Nous rendons hommage à ce vaillant combattant et nous garderons toujours en mémoire l’aide qu’il a apportée dans la lutte pour la libération et la fondation de notre démocratie. Il a lutté pour nous tous afin d’obtenir les libertés dont nous jouissons aujourd’hui. »

Les leaders afrikaners reconnaissent que « Nico Smith a été "la conscience de son peuple" et qu’il a toujours pris le parti des opprimés même si cela signifiait qu’il serait rejeté par son propre peuple [afrikaner]. »
Et son ancienne Église réformée blanche est aujourd’hui dans un processus d’union avec l’ Église réformée noire. Ce que Nico Smith avait tenté de faire en créant au centre de Pretoria une paroisse non raciale où Noirs et Blancs seraient ensemble. C’était juste avant la fin officielle de l’apartheid.

Jusqu’au bout il aura été « celui qui s’est dressé fermement, comme un prophète, au temps de l’apartheid », a dit de lui le secrétaire général de la Communion mondiale des Églises réformées, le nouveau mouvement réformé qui vient de naître.

 


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