Nouvelles
Discriminations de chrétiens
19 juillet 2010
Il semble qu'au Maroc, les expulsions de chrétiens continuent, en majorité protestants et accusés de prosélytisme. Depuis mars dernier, 130 personnes ont été ainsi accusées par le ministère de l’Intérieur.
Début juillet, une femme suisse et une libanaise toutes deux mariées à des Marocains devenus protestants depuis un certain temps ont été invitées par la police à quitter le pays sous 48 heures. Huit autres personnes ont subi le même sort, parmi lesquelles Sara Domence, une enseignante d’espagnol à Rabat, qui travaillait dans un centre pour enfants défavorisés soutenu par une église protestante de Barcelone. Comme l’ordre d’expulsion lui avait été donné verbalement, elle n’a pu le contester auprès d’un tribunal faute de preuve.
Notizie evangeliche, agence de nouvelles de la Fédération protestante italienne ajoute que « si le Maroc est un des pays musulmans les plus ouverts à la présence de personnes d’autres religions sur son territoire, il réprime toute action qui pourrait être assimilée à de l’évangélisation ou du prosélytisme ». C’est ainsi que le ministre pour les affaires islamiques du Maroc a déclaré récemment que « le Maroc n’a pas besoin que les fidèles d’une religion se mettent à convertir ceux d’une autre. » Une déclaration évidemment valable aussi pour les musulmans...
Et qu’en est-il de ces discrimination que subissent de plus en plus les minorités religieuses un peu partout dans le monde ? Minority Rights Group International une ONG internationale, consultante auprès du Conseil économique et social des Nations Unies, vient de sortir son rapport pour 2010 sur la situation des droits de minorités et des peuples indigènes dans le monde. « Nombre de communautés qui ont subi des discriminations raciales dans le passé sont maintenant menacées à cause de leur religion », explique le directeur de cette ONG. Et le rapport 2010 fait état d’une augmentation inquiétante des menaces qui pèsent sur les minorités religieuses.
En Irak et au Pakistan, par exemple, en première ligne de la « guerre contre la terreur » lancée par les Américains. En Irak, chrétiens, Baha’i, Yezidis sont des cibles constantes de la violence (meurtres, enlèvements, viols et séquestrations de propriétés) depuis l’invasion américaine de 2003.
Au Pakistan, en représailles aux opérations militaires des États-Unis et des forces pakistanaises, les talibans ont pris les chrétiens pour cibles (meurtres, torture, conversions forcées, incendies d’églises, bibles brûlées), énumère le rapport.
Les musulmans aussi sont victimes de discrimination induites par les lois anti-terroristes aux États-Unis, en Europe et sont la cible de contrôles renforcés et constants comme de campagnes antimusulmanes de groupes d’extrême-droite.
Enfin, toujours relevé par le rapport de l’ONG Minority Rights Group International, nombre de groupes religieux doivent faire face à des difficultés comme le déni de citoyenneté dans leur pays ou le fait de ne pouvoir construire de lieux de culte à cause de lois religieuses.
Ainsi en Égypte, où le gouvernement exige que la religion soit mentionnée sur les cartes d’identité mais restreint le choix de l’affiliation religieuse à trois dénominations : islam, christianisme et judaïsme. Les bahaï, qui se considèrent comme une religion universelle, achèvement de toutes les religions sont donc privés de carte d’identité et d’accès à un emploi dans la fonction publique.
Enfin, le rapport relève que depuis 2001, des pays comme l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Serbie, le Turkménistan, l’Uzbékistan, le Kazakhstan, ont durci leurs lois sur l’enregistrement légal des communautés religieuses. Présentées parfois comme des réponses à des menaces sécuritaires ou de maintien de l’ordre public, ces lois sont utilisées de façon croissante par ces États pour diriger et contrôler les communautés religieuses », relève le directeur de Minority Rights Group International.
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