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Visite de Benoît XVI en Allemagne
26 septembre 2011
Largement commentée par la presse allemande qui a suivi ses rencontres avec les protestants (60 % des Allemands sont protestants), avec les musulmans, les parents de victimes d’actes de pédophilie de la part de prêtres...
A côté de l’accueil chaleureux des fidèles à l’occasion d’une messe dans le stade de Berlin, la presse allemande relève la rencontre mouvementée et non programmée avec quelque 8000 personnes opposées aux positions jugées trop conservatrices du Vatican en matière d’éthique et révoltées par les abus sexuels.
Une centaine de députés ont par ailleurs boycotté sa venue au Bundestag (le Parlement allemand) où il a prononcé un discours. Mais comme l’écrit Le Monde, le 24 septembre :
« la plupart des journaux nationaux et locaux [allemands] titrent sur "la déception des protestants" après la visite, hautement symbolique du pape au couvent Saint Augustin d'Erfurt, où Martin Luther pensa les prémices de la Réforme, provoquant le schisme du 16e siècle. Au delà du discours du pape, qui a rendu un hommage inédit à la personnalité de Luther, des avancées dans le dialogue œcuménique étaient attendues côté protestant ».
Pour le quotidien Die Zeit « les protestants sont insatisfaits après la rencontre avec le pape ». Le journal fait état du « bilan mitigé » que tire de cette visite le président du Conseil des Églises évangéliques d'Allemagne, Nikolaus Schneider pour qui « d'importantes questions doivent encore être clarifiées ». Il fait notamment allusion à la possibilité, pour les fidèles catholiques et protestants de partager la communion.
Cette question est pourtant centrale en Allemagne, où un tiers des croyants sont catholiques et un tiers protestants, souvent issus de couples mixtes. Le président de la République, Christian Wulff, lui même catholique pratiquant et divorcé, est remarié avec une protestante.
D’autres journaux titrent sur la déception des protestants qui constatent que l’avancée œcuménique entre les deux Églises protestante et catholique est quasi nulle même si l’hommage du pape à Luther et à sa foi profonde a réjoui les protestants. Au point que certains ont même tablé sur une réhabilitation du père de la Réforme lors de sa visite à Erfurt à l’ancien monastère du moine Luther.
Bien sûr on est à des années-lumière du pape Léon X excommuniant Luther « esclave d’un esprit dépravé » et traitant de « secte pernicieuse et hérétique » le mouvement religieux en train de naître.
Luther a-t-il été finalement « réhabilité » par Benoît XVI le premier pape à avoir lu Luther, à apprécier sa foi profonde, son recentrage sur Jésus, l’importance donnée par Luther à la Bible et son influence décisive sur la langue allemande. comme le souligne la presse ?
L’évêque luthérien Schneider a dit aux journalistes qu’il l’avait clairement entendu de la bouche du pape tandis que le porte-parole du Vatican mettait le lendemain un bémol : il était question de foi profonde et du fait que nous avons en commun cet amour de la foi... pas plus.
La question est sensible en Allemagne. L’agence de presse Reuters commente :
« Ce qui s’est passé il y a 490 ans prend une nouvelle signification en Allemagne où l’on se prépare à célébrer le 500e anniversaire de la publication par Luther de ses 95 thèses, à Wittenberg en 1517. Un manifeste à la base de la Réforme. Les protestants voudraient que les catholiques affirment que Luther n’était pas un hérétique mais l’un des théologiens chrétiens importants. »
L’évêque luthérien d’Erfurt a même dit à Reuters : « Ce serait bien s’ils pouvaient le déclarer docteur de l’Église »
On sait que l’Église catholique n’aime guère revenir officiellement sur ses positions du passé. Au Vatican on remarque que l’excommunication est tombée avec la mort de Luther... et le responsable catholique pour les relations œcuméniques avait dit en 1999 :
« On ne peut rien pour Martín Luther, où qu’il soit car ne s’inquiète plus de ces condamnations. »
Le pape n’a pas encore été invité aux célébrations de 2017 mais comme le dit le président du protestantisme allemand :
« j’ai invité le pape a changer d’opinion sur notre célébration de 2017 et à la voir sous l’angle de la puissance de la Bible ».
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