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Turquie

la question « alévie »

 

22 février 2010

La Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg a condamné la Turquie, le 2 février dernier, pour l’obligation qu'elle fait aux citoyens turcs d’indiquer leur religion sur leur carte d’identité nationale. « C’est en contradiction avec le devoir de neutralité de l’État et son impartialité puisque cela conduit l’État à contrôler la religion du demandeur [de papiers d’identité] » a jugé la Cour de Strasbourg.

Le cas avait été porté devant cette juridiction en 2005 par un membre de la communauté turque alévie d’Izmir après que les tribunaux locaux en Turquie aient refusé que soit enlevée la mention « musulman » de sa carte d’identité. Parce qu’il est alévi.

Qu’est-ce qu’un alévi ? Sur le site Turquie européenne, on peut lire que « les alévis constituent le deuxième groupe religieux de Turquie, après le sunnisme et rassembleraient actuellement à peu près 20 % de la population. Ils sont présents, à la fois dans la communauté turque et dans la communauté kurde.
Leur foi syncrétiste s’inspire de croyances pré-islamiques, tout en étant proche de l’islam chiite.
L’alévisme, qui a derrière lui une longue histoire de persécutions et qui continue de susciter une certaine méfiance dans la société turque, n’est pas officiellement reconnu en tant que religion par l’État et ne bénéficie, ni du statut de religion minoritaire, accordé, par exemple, aux cultes orthodoxes, arméniens ou juifs, ni du statut “d’islam officiel ” dont fait l’objet le sunnisme.
[...]
Dès lors, si les autorités ne l’ignorent pas complètement, elles essayent le plus souvent de le traiter comme une simple variante de l’islam sunnite, voire comme un phénomène purement culturel ou folklorique. »

C’est ainsi que le plaignant alévi qui est allé devant la Cour européenne des droits de l’homme a vu traité son appartenance alévie comme « une variante de l’islam sunnite », d’où la mention « musulman ».

Mais la « question alévie » est un enjeu important de la candidature de la Turquie à l’Union européenne et la Commission européenne dénonce régulièrement la situation injuste faite aux alévis en Turquie.

 

 

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