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Nouvelles de l'Inde
6 juin 2011
En Inde, un appel a été lancé pour que soit abandonné le système institutionnel des castes lors d’une conférence organisée en mai, conjointement par le Conseil œcuménique des Églises et le Conseil national des Églises en Inde qui regroupe protestants et orthodoxes.
Dans le système hiérarchique très rigide de la société indienne, les dalits sont hors castes, anciens « intouchables » vivant de métiers considérés comme dégradants et surtout tenus à l‘écart des castes supérieures qui culminent avec les brahmanes. Les dalits chrétiens représenteraient les deux tiers des quelque 28 millions de chrétiens indiens. Et ils subissent aussi cette discrimination dans les Églises chrétiennes où ce sont les castes supérieures qui détiennent la plupart des positions de pouvoir.
Pourtant on note un nouveau dynamisme dans le monde des dalits pour secouer « l’hégémonie oppressive du système des castes » selon les termes d’un dalit chrétien universitaire de New Delhi. Et « ce nouveau dynamisme doit impérativement se traduire dans la vie des Églises », a déclaré un autre participant, évêque de l’Église syrienne orthodoxe en Inde. Car « il y a une hypocrisie fondamentale lorsque l’Église proclame qu’elle est une communauté où tous sont égaux mais où la pratique des castes demeure, a fait remarquer un théologien indien. Les Églises doivent choisir entre Christ et les castes. »
Mais un autre participant à cette conférence a fait remarquer que cette « hégémonie du système des castes » en Inde ne se vivait pas seulement dans le christianisme mais que d’autres religions qui reconnaissent aussi l’égalité entre les humains comme le bouddhisme et le sikkisme pratiquaient aussi cette discrimination. « Les castes ne peuvent pas disparaître simplement à coups de bonnes intentions et de rhétorique théologique. Nous devons nous engager dans des actions audacieuses », a déclaré un protestant-méthodiste.
Il demeure que tout n’est pas désespérant, la question des castes a évolué favorablement en Inde au cours des années, c’est l’un des constats positifs de cette conférence.
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Selon l’agence en ligne Cathnews India, des responsables de l’Église catholique en Inde avaient exprimé leurs inquiétudes quant à la manière dont serait traitée l’appartenance à la religion des individus recensés, au moment où, en avril 2010, démarrait le recensement de la population en Inde. Pour le deuxième pays le plus peuplé de la planète avec 1 milliard 210 millions d’habitants, le but final de ce recensement était, entre autres, de doter chaque Indien de plus de 15 ans d’une carte d’identité et c’était une première.
La phase 1 du recensement ne devait couvrir que les « questions domestiques » (situation familiale, profession, revenus du foyer, ordinateurs, téléphones portables, accès à l’eau, à l’électricité, à Internet et même les matériaux de construction des maisons. Ce recensement devait aussi donner une identité aux milliers de sans-abris qui vivent et dorment dans les rues des mégapoles indiennes, des citoyens ignorés.
L’inquiétude des chrétiens venait de la seconde phase du recensement : on devait enregistrer la religion et la caste des Indiens recensés. Or les chrétiens dalits (ex intouchables) sont nombreux (plus de 60 % des chrétiens) mais la politique de discrimination positive qui accorde des avantages financiers et réserve un nombre de postes dans la fonction publique et l’enseignement « hors castes » bouddhistes, hindous et sikhs exclue les dalits chrétiens et musulmans au prétexte que le christianisme et l’islam ne reconnaissent pas le système des castes.
Et lors du recensement de 2001, les statistiques officielles avaient minoré le nombre de chrétiens (24 millions) par rapport aux données des Églises, parce que nombre de chrétiens s’étaient sentis obligés de s’inscrire comme hindous dans des régions où ils sont persécutés par des mouvements hindous nationalistes et fascisants ou bien parce qu’ils craignaient de perdre leur statut de hors caste et le bénéfice de la discrimination positive en leur faveur refusé aux dalits chrétiens ou musulmans.
Selon le porte-parole de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde, les chrétiens ont bien conscience qu’il y a « un réel problème » pour leurs frères dalit à révéler leur appartenance religieuse. Et il rappelait que les Églises ont demandé, en vain, au gouvernement l’élargissement des mesures de discrimination positive à tous les dalits sans distinction de religion.
L’Églisecatholique revendique 17 millions de fidèles, le Conseil national des Églises en Inde (représentant 29 groupes protestants et orthodoxes), 13 millions de membres. Des chiffres de 2010. Selon le recensement de 2001, les hindous représenteraient 80,5 % de la population, les musulmans 13,4 %, les chrétiens 2,3 %, les sikhs 1,9 % et les bouddhistes 0,8 %.
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Récemment, l’Inde a protesté officiellement auprès de l’Australie, une collection de maillots d’une marque australienne ayant trouvé bon d’utiliser la représentation d’une déesse hindoue, Laksmi, sur certains modèles. Lakshmi, dans le panthéon hindou, est la déesse de la lumière, de la prospérité et de la beauté. Elle est aussi l'épouse fidèle, dévote, du Dieu Vishnou et veille avec lui à l’ordre naturel du monde. Richement vêtue, elle est représentée avec quatre mains désignant des vertus spirituelles. Des pièces d'or s'écoulent de l'une d'elles, tandis qu'elle bénit les fidèles. Couronnée, elle porte un sari rouge et est assise sur un lotus, encadrée par deux éléphants ou sur le genou gauche de Vishnou ou enlacée à son royal époux.
On comprend que sa représentation, ornant une culotte de maillot de bain de la collection ait attisé la fureur de groupes hindouistes, notamment dans l’État du Pendjab, au nord-ouest de l’Inde, où des manifestants ont brûlé des drapeaux australiens et des photos des défilés présentant la collection été 2011 !
Une photo de l’AFP montre une manifestation à Amritsar, contre l’utilisation de l’image de Lakshmi. Amritsar, ville sainte de la communauté sikh mais aussi théâtre de violence entre musulmans et hindous en 1947 lors de la partition de l’Inde qui a donné naissance à l’Étatmusulman du Pakistan. La maison Lisa Blue qui fabrique les maillots en question a promis dans un communiqué de cesser la production de cet article, de le retirer de la vente « partout dans le monde » et a présenté ses excuses à la communauté hindoue.
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Autre image plus violente dans l’État d’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde, mais hélas pas exceptionnelle, celle rapportée par The Washington Post de ces deux mères musulmanes qui ont étranglé leurs filles pour avoir, selon elles, déshonoré leur famille. Leur crime ? S’être mariées avec des hindous.
Zahida, 19 ans et Husna, 26 ans, ont été étranglées pour avoir choisi comme maris deux ouvriers en bâtiment qu’elles aimaient mais qui étaient de la « mauvaise » religion. Les deux jeunes femmes, des voisines, étaient revenues dans leur ville pour faire la paix avec leurs mères. Celles-ci se sont aidées mutuellement pour les tuer ! « Elles ont apporté la honte sur notre communauté. Comment pouvaient-elles se marier avec des hindous ? Elles méritaient la mort. Nous n’avons aucun remord », ont déclaré les deux mères.
Un officier de police a expliqué que les unions entre hindous et musulmans étaient rares et vivement désapprouvées par les familles des deux communautés qui s’arrogent encore souvent le droit d’arranger les mariages. Pourtant, ces unions entre conjoints de religion différente commencent à se pratiquer parmi les urbains éduqués et les femmes qui entrent dans le monde du travail et les traditions faiblissent pour laisser place à des mariages d’amour.
Même si les barrières de castes et de communautés n’ont pas toujours cédé, plus particulièrement dans le nord de l’Inde où dans les dernières années on a constaté un regain de « meurtres pour l’honneur ».
Début mai, la Cour suprême d’Inde a recommandé que la peine de mort soit appliquée aux meurtriers pour l’honneur, les qualifiant de barbares. La plupart des victimes sont de jeunes adultes qui sont tombés amoureux contre l’avis de leur famille. Et dans certains cas on a vu des conseils de village ordonner la mort de couples mariés hors de leur caste ou de leur religion. Bien que les chiffres officiels manquent, on parle de quelque 900 personnes qui chaque année sont tuées pour avoir bravé l’autorité des parents.
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