Nouvelles
Norvège
Anders Behring Breivik
25 juillet 2011
Il est norvégien, il s’appelle Anders Behring Breivik et il est le meurtrier qui a probablement battu un record de mort : 92 et des disparus et des blessés dans l’attentat à la bombe à Oslo et dans la fusillade sur l’île d’Utoya. « Le pire massacre commis en Norvège depuis la seconde guerre mondiale » écrit l’agence Reuters. Son visage, « cheveux blonds, regard clair et franc » a fait la une de la presse internationale.
Arrêté, il a reconnu sans peine semble-t-il, sa culpabilité s’étonnant presque qu’on s’étonne ! La police le décrit comme Norvégien « de souche », ayant des penchants politiques pour la droite, l’extrême-droite même, anti-musulman, il se définit lui-même sur Facebook comme « conservateur, raciste, anti-européen » ou encore « chrétien », intéressé par la chasse et les jeux vidéos du style World of Warcraft.
Toujours selon Reuters, Anders Behring Breivik dans des messages publiés sur des forums internet, se montre « nationaliste et s’oppose à l’idée que des personnes de cultures différentes puissent cohabiter. » Ainsi Le Nouvel Obs le cite :
« Il est tout à fait évident que l'immigration de masse est seulement le résultat de certaines doctrines marxistes et très rarement la réponse à des besoins économiques ou culturels [...] Ou encore, cité par Le Figaro :
« Les gens doivent savoir ce que les merveilleuses doctrines multiculturalistes ont fait à l'Europe : la destruction systématique de la chrétienté européenne, des traditions, de la culture, de l'identité nationale, et de la souveraineté. Ces mécanismes politiques n'ont pu conduire qu'à l'islamisation de l'Europe. »
L’homme a été membre d’une formation de la droite populiste dont il a été radié en 2006. Dans ce déluge de qualificatifs retenus pour cerner l’homme, celui de « chrétien » qu’il emploie lui-même intrigue. D’autant que la police a utilisé celui de « fondamentaliste chrétien ». A rapprocher de ce qu’il écrivait contre le multiculturalisme qu’il voyait comme « destructeur de la chrétienté européenne, des traditions, de la culture nationale et de la souveraineté [...] et ne pouvant que conduire à l’islamisation » ?
Un discours qui a plus à voir avec l’intégrisme catholique d’extrême-droite. Anders Behring Breivik était en tout cas un homme malheureux, dépassé par la marche du monde, révolté. Et qui croyait que « le terrorisme comme moyen d'éveiller les masses », comme il disait (l’attentat à la bombe d’Oslo) ou la mort de dizaines de jeunes d’une université d’été du parti travailliste remettrait de l’ordre, son ordre, dans le monde.
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« OSLO, DIMANCHE. La Norvège officielle et de nombreux anonymes ont rendu hommage aux victimes des deux attaques meurtrières de vendredi, lors d'une messe. »|
L’AFP relate ainsi la cérémonie religieuse dimanche, à la mémoire des victimes dans la cathédrale luthérienne d’Oslo. Le culte avait lieu en présence de la famille royale norvégienne,du Premier ministre Jens Stoltenberg et de nombreux autres autorités.
« Nous sommes rassemblés sous les signes du deuil et de l'espoir », a déclaré l'évêque luthérien d'Oslo, Ole Christian Kvarme. L’Église de Norvège, ou « Église évangélique et luthérienne de Norvège », c’est son nom officiel, est Église d’État, et reconnue selon la Constitution. Elle compte 11 évêques. Son gouverneur est le souverain norvégien régnant qui a donc l’obligation d’être luthérien depuis que le roi Christian III de Danemark et de Norvège imposa le luthéranisme comme religion officielle du royaume à partir de 1537.
L’éventuelle séparation de Église et de État, comme cela s’est fait au Danemark par exemple, fait l’objet d’un débat permanent en Norvège. Pourtant, une majorité de Norvégiens, à la fois au Parlement et dans l’opinion publique, sont pour le maintien de la situation actuelle. Le fonctionnement de Église et son budget sont l’affaire du Parlement et l’exécution des décisions du Parlement sont du ressort du ministre des Affaires religieuses.
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Depuis 1996, douze Églises protestantes historiques d'Europe se retrouvent dans la Communion de Porvoo, une ville de Finlande où les accords entre ces Églises ont été signés.
Quelles Églises ? Les Églises anglicanes des Îles Britanniques, les Églises nationales luthériennes des pays nordiques et les Églises luthériennes des pays baltes plus deux Églises épiscopales (anglicanes) de la péninsule ibérique.
Quels accords ? La reconnaissance de la pleine communion entre ces Églises ce qui signifie reconnaissance mutuelle de ministères, ordination des femmes bien que la question des femmes évêques fasse encore débat dans l’Église d’Angleterre.
Environ 86 % des Norvégiens en sont membres, inscrits automatiquement à leur naissance.
Selon un sondage Gallup, 36 % des Norvégiens se déclarent « religieux » - ce serait la proportion la plus faible d’Europe. Les autres confessions religieuses chrétiennes toutes confondues (catholique, méthodiste, pentecôtiste, Témoins de Jéhovah), etc. regroupent 4,5 % de la population. L’islam dû à une immigration récente compte pour 1,5 % et le judaïsme et les autres religions (hindouisme, bouddhisme...) moins de 1 %. Enfin quelque 5 % de la population se déclarent sans religion.
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