La religion peut-elle
rendre heureux ?
Alain
Houziaux
25 avril 2006
Certains jugeront que la question est
sans intérêt et mal posée. La religion, dira-t-on, n'a rien à voir avec
le bonheur. Elle a à voir avec le devoir (et en particulier
les devoirs envers Dieu), avec la vérité (la religion
étant la reconnaissance de la vérité de Dieu),
et aussi avec le salut (elle est l'espérance d'une
délivrance, soit ici-bas, soit dans l'au-delà). Mais
peut-être, sur ce dernier point, nous touchons à la
question du bonheur.
On dira aussi que la religion a quelque
chose à voir avec la peur, la peur de la mort en particulier.
Certes, il est vrai, elle promet quelquefois que l'au-delà de
la mort sera une béatitude et une félicité, mais
elle annonce aussi des punitions et des enfers qui peuvent redoubler
la peur de la mort.
La religion s'exprime souvent sur le mode de
l'angoisse. Kierkegaard (Crainte et tremblement) l'a bien
montré. Certes cette angoisse n'a pas sa racine dans la
religion elle-même. Elle est biologique et naturelle. Elle est
peut-être la conséquence de l'épreuve que vit
l'enfant lorsqu'il naît en poussant son premier cri et en
passant du sein de sa mère à ce milieu où il
doit réclamer le souffle et le lait. Mais la religion
transforme souvent cette angoisse première en une angoisse
devant la volonté divine et le destin qu'elle impose.
D'autres seront encore plus
sévères vis-à-vis de la question. La religion,
bien loin de conduire au bonheur, conduirait plutôt au malheur.
Elle serait la matrice de la culpabilité et du sentiment
de « faute
originelle »
(définie par la pensée chrétienne comme
le « péché
originel »). Elle serait
aussi à l'origine du sentiment de dette, et même d'une
dette infinie et impossible à solder. La religion, en nous
apprenant que la vie nous est donnée par Dieu, nous
apprendrait par là même que nous sommes
éternellement redevables de cette vie. Et ceci nous conduirait
non seulement au sentiment de culpabilité (puisque nous ne
pouvons jamais éteindre cette dette). Elle induirait aussi en
nous le sentiment du « devoir » (« devoir » et « dette » ont la même racine) et ainsi le malheur
d'avoir à être vertueux en faisant aire des sacrifices
(y compris le sacrifice du bonheur) et en renonçant au plaisir
de vivre.
La religion nous soumettrait à des
lois anti-naturelles et allant à l'encontre de nos pulsions
les plus spontanées et les plus instinctives. En nous
apprenant la connaissance du bien et du mal, elle nous rendrait par
là même malheureux, puisqu'elle définirait
l'instinct naturel (l'instinct sexuel par exemple) comme un mal et
une faute dont nous avons le devoir de nous sentir coupables.
La religion pourrait même nous rendre
plus mauvais et agressifs que nous le sommes
naturellement
[1], et par là même
plus malheureux, car l'agressivité, indépendamment de
la culpabilité qu'elle suscite, est en elle-même une
souffrance.
1
A l'écoute des
maîtres du soupçon : Nietzsche, Freud et
Marx
Certains comme Nietzsche pensent que le
malheur d'être coupable, en dette, ou nécessairement
fautif sont des créations de la religion. Nietzsche estime que
de même que le Docteur Knock savait persuader les
biens-portants qu'ils étaient malades pour pouvoir s'enrichir
en les soignant, de même les religions persuadent les hommes
qu'ils sont mauvais et malheureux, et les rendent effectivement
malheureux, pour s'arroger ensuite la légitimité de
leur offrir délivrance, salut et guérison
[2].
Mais en fait, cette thèse est
discutée et discutable. Il n'est pas sûr que le
sentiment de culpabilité, l'idée de dette et la
définition de l'instinct comme une faute soit apportée
par la religion. Ils sont peut-être tout simplement des
expressions de la nature humaine elle-même, ce qui
n'empêche pas la religion de les exprimer.
Freud, lui, considère que la
culpabilité est une réalité psychologique qui se
forme indépendamment du fait religieux. Dans son ouvrage
Totem et tabou (1914), Freud fait commencer la
préhistoire de l'humanité, avant l'apparition de la
religion, par le parricide. Et la morale et la religion, bien loin
d'être la cause du sentiment de culpabilité, seraient
plutôt nées de ce sentiment. L'agressivité
meurtrière fait partie de la spontanéité
pulsionnelle. Et la culpabilité résulte du retour sur
soi-même de cette agressivité. La mauvaise conscience se
manifeste lorsque l'on agresse l'autre et tente de détruire ce
qui lui appartient. Il en résulte un malaise personnel (cf
Freud, Malaise de la
civilisation, 1929). Et c'est
ce malaise qui serait la genèse du sentiment du religieux
comme besoin de délivrance de ce malheur d'être
pécheur.
Ainsi la religion ne serait pas une
école de bonheur, mais serait d'abord l'expression d'un besoin
de délivrance.
De fait l'homme religieux est d'abord et
avant toute chose un suppliant. Il supplie Dieu, par la
prière, par des sacrifices et des rites, de le
délivrer.
Encore aujourd'hui, la plupart des gens
pensent spontanément à Dieu lorsqu'ils sont en
difficulté morale et matérielle. Au contraire, les
expériences positives de la vie n'évoquent pas
spontanément la présence de Dieu. Certes, les croyants
« éduqués » peuvent éprouver un sentiment de louange et
de reconnaissance pour les bienfaits de Dieu et pour son pardon. Mais
le sentiment religieux le plus spontané s'adresse à
Dieu d'abord dans des situations de souffrance, de malheur et de
péril. C'est le « mon Dieu, mon Dieu,
sauve-moi ! » du
soldat qui traverse un champ de mines qui explosent autour de lui.
C'est le « mon Dieu,
sauve-la ! » d'une
mère au chevet du lit de sa fille malade. C'est le
« mon Dieu, faites qu'il
revienne vivant ! »
d'une épouse attendant anxieusement devant une usine
bombardée où travaillait son mari [3].
Une enquête faite dans l'armée
américaine pendant le deuxième guerre mondiale montre
que 75 % des soldats affirment que la prière, plus
que n'importe quelle autre pensée, les a beaucoup aidés
quand la situation était périlleuse. Parmi les hommes
revenus du combat, 79 % croient plus, 19 % moins et
2 % n'ont pas changé [4].
L'expérience du malheur peut conduire à la foi ceux qui
ne l'avaient pas, mais elle peut faire perdre la foi à ceux
qui l'avaient.
Est-ce que cette prière de
supplication, sans pour autant conduire au bonheur, peut nous
apporter dans la vie une forme de soulagement ? En fait, il
semble bien que oui. La tension vers la délivrance est
elle-même une délivrance. L'expérience de la
prière est elle-même une guérison. La demande
produit elle-même le salut escompté.
Dans
L'avenir d'une illusion (1927),
Freud étudie ce phénomène. Devant les
résistances du réel à ses désirs, l'homme
fait de ce réel un être psychique (quasiment un sujet
personnel) qu'il peut conjurer, aduler, rendre bienveillant. Il lui
donne la figure du père, tout puissant et bienveillant dont,
enfant, il a fait l'expérience lors de ses détresses et
de ses désirs [5]. Ainsi, c'est
lorsque nous sommes nous-mêmes en manque que ce qui nous manque
devient pour nous une puissance salvatrice. G. Van der Leeuw
[6] l'explique. Dans l'Égypte ancienne, c'est
lorsque l'on manquait d'eau que l'on considérait cette eau
comme salut et toute-puissance. Ainsi ce ne sont pas les miracles de
Dieu qui nous font le considérer comme tout-puissant, mais
plutôt notre situation de détresse qui nous conduirait
à le considérer comme une puissance de salut
[7]. C'est ce qui expliquerait que ce soit dans les
situations de détresse que l'on en vienne à croire en
Dieu.
Ainsi, pour le dire de manière
abrupte, ce n'est pas la foi en Dieu qui fait naître la
prière, c'est l'inverse. C'est le besoin de prier et d'en
appeler à un salut qui suscite après coup l'idée
qu'il y a un sauveur et nous le fait désigner comme le Dieu
tout-puissant.
Et Freud convient que, même si la
religion est une illusion, elle suscite cependant un
réconfort. Car l'illusion produit elle-même une
compensation bien réelle. Elle produit un soulagement et un
apaisement, justement parce qu'elle fait naître la foi en un
Père bienveillant et tout-puissant.
De même, pour Freud, la religion
produit une aide et une délivrance pour cette autre forme de
malheur qu'est la culpabilité et le péché. Dans
ce cas, la délivrance se fait par l'aveu, la confession des
péchés, et par l'acceptation libre de la peine (deux
Ave, trois Pater) donnée par le confesseur.
Marx, lui, considère que l'illusion
religieuse est négative.
La critique que Marx fait de la religion ne
porte pas sur le fait qu'elle est fausse, ni sur le fait qu'elle est
une illusion, mais sur le fait qu'elle nuit à la production
agissante de l'homme sur le réel. Cette compensation est
critiquée dans la mesure où elle détournerait
l'homme du réel et d'un travail sur le réel qui serait
l'Alpha et l'Omega de toute chose. Elle serait une auto
mystification, et un détournement d'une énergie que
l'on pourrait employer à mieux, c'est-à-dire pour un
travail sur le réel. En priant, le soldat au front se
détournerait de l'action sur le réel qui seul pourrait
assurer sa survie.
Marx admet pourtant qu'il y a en l'homme
une « chambre
noire »,
c'est-à-dire une vie psychique qui n'est pas celle de l'action
et du travail. Mais Marx considère que cette vie psychique
est, tout comme le reste, déterminée par le réel
de l'organisation sociale et des conditions économiques. Et
c'est pourquoi, pour lui, le seul lieu du changement et de la
délivrance doit rester le travail sur le réel. Ce que
Marx critique dans la compensation, c'est qu'elle soit substitutive
par rapport au « travail
sur le réel ».
Marx a bien clairement indiqué le
point focal de la critique que l'on fait généralement
à la religion : elle décentre l'homme de
lui-même, de son autonomie, et tout décentrement de
l'homme sur un au-delà de lui-même et du réel est
illusion, aliénation et pour tout dire folie [8].
L'homme religieux, tout comme le fou, est hors de lui-même et
hors du réel. Il trouve certes le bonheur, mais ce bonheur est
celui des idiots que l'on peut croiser dans les hôpitaux
psychiatriques [9].
Le christianisme d'aujourd'hui a
été très sensible à cette critique, et
c'est pourquoi il tente de distinguer la foi, qui serait une
décision autonome et responsable de l'homme, de la religion
qui aliénerait l'homme à une perte de son moi dans un
au-delà surnaturel et mystificateur.
2
Le bonheur : le
consentement, le détachement et le sens de la
gratuité
Revenons à la question
posée : La religion peut-elle rendre
heureux ?
Nous voudrions d'abord prendre à
contre pied la critique faite par Marx et Freud à la religion.
Ce n'est pas la religion qui est une aliénation et une
compensation illusoire. C'est le bonheur et la recherche du
bonheur.
La recherche du bonheur est une
aliénation parce qu'on recherche toujours ce que l'on n'a pas.
Et si on obtient ce que l'on désire, bien loin d'être
comblé, on est orienté vers un nouveau désir
cherchant à combler un nouveau manque. En fait la recherche du
bonheur redouble le malheur au lieu d'en guérir.
Au contraire, la religion en appelle
à l'exténuation du désir, et en particulier du
désir du bonheur. « La religion se présente comme une
plénitude qui dispense de chercher une raison de
vivre » (Simone Weil) et
qui ainsi fait taire le désir d'être heureux.
J'expliciterai ceci sur trois modes :
le consentement, le détachement et le sens de la
gratuité.
- Le
consentement, c'est le consentement
au réel, parce que celui-ci est considéré comme
la volonté des dieux et du destin. C'est le consentement au
réel même si ce réel est celui de l'absurde, de
la souffrance et de la mort. Et c'est pour cela que le consentement,
et par là même la religion, n'ont rien à voir
avec la compensation, ni avec l'illusion, ni même avec
l'aliénation. Le bouddhisme parlera d'exténuation du
désir, de l'illusion et de l'erreur. Le confucianisme parlera
d'un oubli du moi, chacun acquérrant une dimension universelle
par son intégration dans l'ordre du monde. Le taoïsme
parlera d'une fusion de l'être humain avec le cosmos dont il
est partie intégrante. Le judaïsme concevra l'existence
comme un service et une marche de nuit. Le christianisme dira que
rien ni la mort, ni l'affliction, ni le mal ne peut séparer le
croyant de l'amour de Dieu. Le musulman parlera de soumission
à la volonté de Dieu.
Ainsi, la religion, ce n'est pas l'illusion
d'avoir trouvé le sens et la raison d'être de toute
chose, c'est la certitude que tout est entre les mains de Dieu et des
dieux et que la compréhension du pourquoi ne peut que nous
échapper. L'homme religieux, qu'il réagisse par la
confiance ou la peur, sait que l'ultime dessein des dieux lui
échappe. Il n'est pas très loin de cette phrase de
Nietzsche : « Au-dessus de toute chose, s'étend
le ciel de la contingence, le ciel de l'innocence, le ciel du hasard,
le ciel du caprice »
(Nietzsche, Avant
l'aurore).
- Le
détachement. Pas plus que le
consentement, le détachement n'est une manière de
s'évader du réel. Certes on dira que c'est souvent
l'espérance de l'au-delà et du Royaume qui conduit au
détachement. Mais, en fait, le détachement, c'est
d'abord une manière de vivre le réel en le vivant
« comme si ne...
pas », c'est-à-dire
sans crispation et sans désir.
« Que désormais, ceux qui ont une femme soient comme
n'en ayant pas, ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se
réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui
achètent comme ne possédant pas, ceux qui usent du
monde comme n'en usant pas. Or je voudrais que vous soyez sans
inquiétude » (Saint
Paul, I Corinthiens 7,29).
On retrouve cet idéal principalement
dans le bouddhisme (qui dit que tout est « illusion ») et dans le stoïcisme sous la forme de
l'« ataraxie » (l'indifférence), mais aussi dans le
christianisme et de façon plus générale dans la
forme
« quiétiste » [10] de la mystique.
Et c'est une donnée fondamentale de la vie religieuse en
général.
Et ce détachement est le contraire de
l'aliénation. Il est bien plutôt une forme de
liberté intérieure. Ce détachement, c'est le
détachement vis-à-vis de l'avenir, et par là
même du désir. « Accepter que l'avenir soit vierge et
intact, rigoureusement lié au passé par des liens que
nous ignorons, mais tout à fait libre des liens que notre
imagination croit lui imposer. Accepter la possibilité qu'il
arrive et en particulier qu'il nous arrive n'importe quoi, et que le
jour de demain fasse de toute notre vie passée une chose
stérile et vaine »
(Simone Weil, Attente de
Dieu, page 173).
- La gratuité, le
« pour rien ».
Ce sens du désintéressement peut prendre des formes
différentes : celle de l'« action non
agissante »
(le
« wu-wei » du
bouddhisme zen) dépourvu du mobile, celle de l'amour gratuit,
celle de l'obéissance à des rituels sans
utilité, celle du service
« à la seule gloire de
Dieu ».
Et on retrouve également cette
idée de « don
gratuit » à la base
des sacrifices, du
« potlach », des
offrandes et des aumônes.
On peut bien sûr se demander pourquoi
cette notion de gratuité (de renoncement gratuit et de don
gratuit) se retrouve dans la vie religieuse.
Elle est, en fait, le corollaire
du
« détachement » (le fait de s'en remettre aux dieux, de se
détacher des biens de ce monde et d'accepter de vivre sans
mobiles) et aussi de la reconnaissance exprimée à Dieu.
« Puisque vous avez
reçu gratuitement, donnez
gratuitement », dit
Jésus lui-même.
Plus profondément peut-être, la
notion de gratuité relève d'une
dé-préoccupation du sens des choses et des actes et
peut-être même du sentiment de la vanité de toute
chose. Ce n'est pas par hasard si l'Ecclésiaste énonce
à la fois
« vanité des vanités, tout est
vanité »
(Ecclésiaste 3) et « jette pour rien ton pain à la face
des eaux »
(Eccl 11).
Dieu lui-même est conçu comme
l'archétype de cette immense gratuité qui engendre les
mondes, qui sème la vie et qui met en mouvement le soleil et
les autres étoiles. Et tout cela pour rien, sans raison et
sans justification.
Le sentiment religieux est une sorte
d'étonnement joyeux devant l'existence "pour rien" de toute
chose. Et c'est pourquoi il impute cette existence sans raison
d'être à cet acte gratuit qu'est Dieu.
- Et c'est ainsi que la religion est
une école de bonheur, car le
bonheur n'est rien d'autre que le consentement au réel, le
détachement vis-à-vis de ce réel, et le sens de
la gratuité et de l'insignifiance de toute chose.
Bien sûr la question que l'on se
posera, c'est celle-ci : le consentement, le détachement,
le sens de la gratuité sont-ils des attitudes
spécifiquement religieuses ? Il peut sembler qu'elles
puissent également être des attitudes profanes.
C'est possible. Mais en tant que vertus
profanes, le consentement au destin prendra une tonalité
tragique, le détachement sera une forme d'indifférence,
de désinvolture et d'insensibilité, et l'acte gratuit
deviendra un acte absurde.
Au contraire, la religion donnera une
justification et confèrera une forme de bonheur à ces
attitudes qui, si elles sont vécues sur un mode purement
profane, relèvent d'une pièce de Beckett, d'un roman de
Kafka ou d'un essai de Cioran.
On consent au réel par confiance
à la Providence. On est détaché du réel
parce que Dieu est l'unique nécessaire. On accomplit des
gestes absurdes et gratuits parce que l'on agit pour la seule gloire
de Dieu.
La religion, en faisant du consentement une
obéissance, du détachement une confiance dans
l'au-delà et de l'acte gratuit un acte liturgique de louange
et de reconnaissance, donne au tragique et à l'absurde la
tonalité de la joie.
La joie est le bonheur de vivre sans raison,
la sagesse est le plaisir du consentement, et la liberté est
la force du détachement.
Le bonheur vient par surcroît. La
religion aide à ne pas le rechercher, et ainsi lui permet
d'advenir.
______________________________________________________
[1] Des recherches, essentiellement poursuivies aux
États-Unis après la guerre, ont montré que les
chrétiens, surtout les pratiquants, sont plus
intolérants et ont plus de préjugés envers les
autres races, les délinquants et les marginaux que les
incroyants qui, eux, sont plus « humanitaires ». Ce sont là les conclusions de
G. W. Allport et J.M. Ross rapportées par
Antoine Vergotte, Religion, foi,
incroyance, Pierre Mardaga Editeur
à Bruxelles, page 77.
[2] Saint Augustin donne prise à ce reproche
puisqu'il a été jusqu'à dire que si Dieu avait
créé l'homme pécheur, c'était pour mieux
le sauver ! Il était nécessaire qu'Adam
désobéisse et tombe dans le péché pour
que la venue du messie soit nécessaire. Et la théologie
juive dit la même chose : les pots ont été
cassés (autrement dit les vases qui constituent l'univers et
qui contiennent les étincelles de la lumière
séminale de Dieu ont été cassés) pour que
le peuple juif ait la mission de réparer ces pots
cassés et de recueillir les étincelles
égarées.
[3] On constate que ce besoin de prière et de
supplication est particulièrement fort chez les agriculteurs,
les ouvriers, les « petites
gens » et même chez
les non croyants.
[4] Cf Vergotte, citant le rapport Stouffer, op cit
pages 48-49.
[5] Cf Vergotte, op cit page 51.
[6] Phénoménologie de la religion, Payot
1955.
[7] Cf Alain Houziaux, Les grandes énigmes du Credo, paragraphe 4 de notre chapitre sur
le Dieu tout-puissant.
[8] « La religion n'est que le soleil
illusoire qui gravite autour de l'homme aussi longtemps que l'homme
ne gravite pas autour de lui-même... Elle est l'opium du
peuple » Marx et Engels,
Sur la religion, Paris, Editions Sociales.
[9] Cf Le commentaire (1928) de Th. Reik de L'avenir d'une illusion, publié dans Topic 26,
1980.
[10] Le
Quiétisme (que l'on retrouve,
sous des formes diverses, chez Fénelon, Saiint Jean de la
Croix, Schopenhauer et aussi dans le bouddhisme) professe l'abandon
à Dieu et le « pur
amour »
dépouillé de toute recherche de son bien propre et de
tout plaisir.
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