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Vous avez dit Dieu ?

 

Gilles Castelnau

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L'affaire Dieu me passionne

Michel Leconte

 

L'affaire Dieu me passionne. Je pense que le christianisme ne fait que commencer. Une fois débarrassé de ses oripeaux prémodernes, je crois qu'il a de l'avenir.
Mais les églises n'ont pas encore pris la mesure du changement de culture et même de civilisation dans lesquels nous sommes entrés.

Nous sommes entrés dans un monde où l'homme se conçoit de manière autonome et non plus hétéronome (un Dieu extérieur, en haut, au ciel qui crée l'homme à partir de rien, n'est plus concevable, Dieu, comme disait Lavoisier à Napoléon, est devenu une hypothèse inutile).
Mais Dieu peut être conçu comme le levain dans la pâte, comme la source de transformation créatrice du monde et de l'homme qui s'ouvre à son action. Il nous faut découvrir que le monde est fondamentalement théonome, c'est à dire animé par la puissance d'évolution et de renouvellement divine.

Jésus en est la manifestation exemplaire. Il révèle que Dieu, le mystère du monde, est Vie et Amour. Par son engagement dans le monde, Dieu montre qu'il fait confiance à l'homme.
Quand les hommes assassinent son Fils, il ne leur fait pas payer, il pardonne. Les hommes sont libérés, ils peuvent avancer sur le chemin de la vie, éclairés et soutenus par cette bienveillance divine indéfectible . Ce message à l'avenir pour lui. J'en suis certain.

 

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St. Michel et le diable  1956-58

Jacob Epstein

façade de la cathédrale de Coventry, Angleterre

28 avril 2012

La journaliste Jane Kelly, d’Ealing (Angleterre), rapporte avoir entendu une femme prêtre de la cathédrale commenter ainsi cette grande sculpture :
« Autrefois on expliquait que c’était l’archange Michel expulsant le diable du ciel. Mais aujourd’hui nous pensons plutôt que Michel lui dit : "tu pourras revenir lorsque tu auras un peu changé ta façon d’être". »

Mme Kelly ajoute qu'elle trouve ce changement « très réconfortant »

Church Times
27 avril 2012

NB. Jacob Epstein a aussi sculpté en 1911 la tombe d’Oscar Wilde au cimetière parisien du Père Lachaise


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Fait ou fiction ?
Faites le bon choix à cette fête de Pâques

 

 

7 avril 2012

Poster proposé à un concours organisé par l'hebdomadaire anglican Church Times,

Le symbole du lapin en chocolat situe évidemment la fête de Pâques parmi les fictions : conte imaginaire pour enfants sans réalité ni signification.

Le personnage de gauche assuré et à l’aise, dont les vêtements flottant au vent indiquent la vigueur, entend représenter le Christ sortant de son tombeau et suggère que sa Résurrection était un fait.

Mais le piège se referme si on le choisit. Il est impossible de réduire sans absurdité l’action divine créatrice de vie à la seule réalité d’un cadavre reprenant ainsi corporellement vie, ce qui d’ailleurs nous détournerait de l’universalité de ce symbole.

La Résurrection du Crucifié révèle le dynamisme créateur de Dieu qui redonne vie sur la terre à « tout ce qui respire » depuis le peuple esclave sortant d’Égypte avec Moïse, en passant par le petit David victorieux du géant Goliath, le paralytique se levant et la prostituée souriant.

Vie intérieure jaillissante en nous, qui est bien plus que le miracle incroyable d’un mort revenu miraculeusement à la vie le matin d’un passé lointain.

 

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Musée du Louvre

Une triste statuette de Dieu

 

 

19 janvier 2012

Cette statuette - son inscription dit qu'elle était anglaise et date du 13e siècle - montre très exactement ce à quoi je ne crois pas.

Le personnage à la main levée et à la bizarre chevelue pointue est évidemment Dieu.
Il est représenté comme un homme alors qu’il n’est pas une personne : il est la Source de la vie, le créateur de tout ce qui respire. Comment un être semblable pourrait-il baigner le monde entier de sa présence vivante ?
Son geste bénisseur ressemble à celui d’un roi à la majesté supérieure. Son visage est figé et insensible. Le Dieu du renouveau, de la force tonique et encourageante devrait avoir les mains tendues et un sourire bienveillant.

Le « Fils » est représenté crucifié. Il désigne sans doute Jésus. Mais il ne reste de lui qu’une impuissance doloriste. Tout son ministère est ainsi ignoré. Ses paroles, ses actions qui révélaient ce que peut être le dynamisme créateur, fraternel et apaisant, la vie nouvelle d’un « Fils de Dieu » animé de l’Esprit divin ont disparu. L’œuvre de Jésus est réduite à sa mort. L’ombre de la terrible doctrine du péché originel est certainement derrière cette sinistre représentation : Le visage impassible aux yeux sans expression de Dieu manifesterait-il la satisfaction qu’il a éprouvée en contemplant l’horrible mort de son Fils sur la croix dont le sang était seul capable d’apaiser la rage folle qui l’avait transporté hors de lui-même à la vue des hommes dont le « péché » montrait qu’ils lui échappaient.

Le saint Esprit est symbolisé par la petite colombe montant vers le visage de Dieu. Le saint-Esprit est la manière dont on nomme la présence de Dieu dont le souffle monte dans nos cœurs pour nous rendre capables d’affronter les forces du mal et de la mort qui nous rongent, nous aliènent, nous détruisent et nous rendent malheureux et même parfois inhumains. Mais cette colombe ne doit pas être aussi minuscule, et chétive. De plus elle ne remonte pas vers Dieu mais elle « descend » vers les hommes et devrait être accompagnée d’un halo de lumière.

J’ajoute que cette misérable statuette est faite d’une triste pierre grise. Rien qui puisse nous séduire, nous réjouir, nous enthousiasmer et... nous sauver de la dépression émanant du Journal Télévisé quotidien.
Je plains les Anglais du 13e siècle dont les prêtres dérapaient à ce point hors de la joie de la Bonne Nouvelle !

 

pavillon Denon, au rez-de-chaussée

 

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Quelle est la signification

du chiffre maléfique 666 ?

 

 

18 septembre 2011

Dans le livre biblique de l’Apocalypse, le monde vit un drame symbolisé par une bête monstrueuse dont le « chiffre » secret de 666 est mentionné au chapitre 13 v. 18 : « Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête : c'est un nombre d'homme, et ce nombre est six cent soixante-six. »

Il y a évidemment beaucoup de spéculations sur ce symbole dont nous n'avons plus la clé. Une interprétation suggère que 666 est légèrement « inférieur » à 777 qui serait le chiffre de Dieu.

L'explication la plus proche de la mentalité de l'époque est de deviner quel peut être un nom dont la « valeur » serait 666. Avant l'invention des chiffres par les Arabes on utilisait pour compter les lettres de l'alphabet. Chaque lettre se voyait attribuer une valeur. Sur un mur de Pompéi un amoureux a écrit : « J’aime celle dont le nom est 5454 ».

On remarque que si on écrit en hébreu « César Néron » on obtient 666. Si on écrit en grec (la langue du Nouveau Testament) « César Dieu » on obtient 616 ce qui est précisément la version que donnent certains manuscrits.
Cette variante de manuscrits est un argument pour dire que cette hypothèse est la bonne.

 

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Le nom de Dieu est-il vraiment Jéhovah ?

 

 

18 septembre 2011

C'est à partir de l'époque de Charlemagne que des juifs très précis, les « Massorètes », on inventé un système de 38 points et petits traits à placer sous ou sur les consonnes du texte hébraïque pour en fixer la prononciation, la vitesse et la lenteur de la lecture, probablement aussi la mélodie sur laquelle il convenait de psalmodier (mais celle-ci a été perdue).

Le nom propre de Dieu s'écrivait jusqu'alors - uniquement en consonnes - YHWH (Le Y français désigne ici une lettre hébraïque qui n'a pas d'équivalent en français et qui est prononcée comme un y). Pour indiquer au lecteur qu'il ne devait pas prononcer le Nom sacré mais qu'il devait le remplacer par le mot hébreu Adonaï (= seigneur), les Massorètes ont eu l'idée de mettre les voyelles de Adonaï sur les consonnes de HWHY.
Pour des raisons qui leur sont propres, les Massorètes ont remplacé le A initial par un E.

C'est ainsi que si l'on ne fait pas attention, on lira le barbarisme absurde suivant : YeHoWaH ! Comme en français on n'a pas de « ye » on dit « jé ».

On ignore comment le nom sacré se prononçait avant qu'il soit interdit aux environs du 2e siècle av. JC. On pense peut-être « Yahwé » ou « Yahwo » mais certainement pas Jéhovah !

 

 

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Robert Hossein

parle de Jésus-Christ

à Lourdes !

 

Samedi 13 août 2011

Les protestants n'ont pas trop le culte de Marie ! (voir sur ce site : Les protestants et Marie)

Nous sommes donc ravis lorsqu'on parle de Jésus-Christ à Lourdes ! Ceux qui auront assisté au spectacle gigantesque (et sans doute excellent) que Robert Hossein va donner ce soir pourront nous dire si nos espoirs ont été comblés ou... déçus.

Mais nous avons compris que Robert Hossein, bien loin de s'enthousiasmer pour les (prétendues) paroles de Marie à la petite Bernadette Soubirous, filles illettrée de paysans misérables, pour lui dire de faire construire ici une chapelle, de boire de l'eau d'une flaque boueuse à titre de « pénitence », a programmé tout un spectacle sur le ministère de Jésus-Christ !

Excellent si c'est vrai. Je lise sur Yahoo :

La vie de Jésus-Christ, son baptême, le choix des apôtres, les guérisons des malades, les paraboles, la multiplication des pains, la trahison de Judas, la Cène, son arrestation au mont des Oliviers jusqu'à sa crucifixion et sa résurrection

« Je suis très heureux d'avoir un public de gens qui souffrent, et c'est la première raison de ce spectacle », explique Robert Hossein en présentant « une Femme nommée Marie ». Le spectacle gratuit ne sera jouée qu'une seule soirée, devant plus de 20.000 personnes, dont 1.500 malades venus dans la cité mariale pour le grand pélerinage du 15 août.

Ecrit avec l'historien Alain Decaux, le spectacle met en scène 80 acteurs autour des personnages centraux: Marie racontant les Evangiles à Bernadette Soubirous, à laquelle elle serait apparue en 1858 dans la grotte de Massabielle à Lourdes.
Diffusé en direct sur France 3 et en différé sur le parvis de Notre-Dame de Paris le soir-même, "Une femme nommée Marie" sera enregistré en 3D grâce à une dizaine de caméras et ensuite projeté dans le monde entier, dont le 24 octobre au Palais des Congrès de Paris.

Robert Hossein s'est trouvé devant un spectacle « tragiquement difficile » à monter: ses financiers habituels, inquiets du retour sur investissement vu la gratuité de la soirée, ne lui ont pas fait confiance.

 

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Peut-on critiquer les religions ?

 

Lundi 16 mai 2011

Question sur Yahoo

Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe, on critique souvent les religions. Est-ce interdit ou au contraire est-ce une nécessité et même un devoir ?

 

Réponse de Gilles Castelnau

Cela dépend de « tout ce qui se passe ». Si des actions ou des paroles inhumaines et destructrices sont faites au nom d’un Dieu ou justifiées par une référence à Dieu, il me semble absolument nécessaire et même un devoir de critiquer une telle conception de Dieu. Car il n’est pas vrai que Dieu soit méchant et hostile à l’égard d’aucun de ses enfants les hommes.

De toutes façons, si l’on veut pouvoir parler paisiblement et fraternellement de religion, par delà tout ce qui nous différentie, il me semble essentiel que l’on puisse faire de la « critique » - J’emploie ce mot au sens où l’on dit « critique » de film ou de livre -. Ce qui n’est pas forcément destructeur et déplaisant.

Il s'agit de replacer les textes de la Bible, du Coran, les textes définissant les dogmes et les traditions spirituelles dans leur contexte historique, politique, social, géographique pour comprendre les influences qui se sont exercés sur leur origine et en quoi ces textes apportaient du nouveau. 


Les différentes dénominations chrétiennes, les divers musulmans, les bouddhistes aussi et bien sûr les athées ne peuvent-ils pas se demander fraternellement les uns aux autres ce que l’on a voulu dire, quelle spiritualité était en question lorsqu’on parlait des récits de la création du monde dans la Bible, d’Adam et Eve, de la naissance de Jésus, de sa mort et de sa résurrection ? Lorsqu’on parlait de la Trinité, du titre de Fils de Dieu, du fait que Dieu a ou n’a pas de fils, que Marie est née immaculée, que Mohamed est monté au ciel lors d’un voyage nocturne sur sa monture El Bouraq et que signifie l’inspiration divine de la Bible ou du Coran. Quel est le sens des règles de pureté alimentaire juive, musulmane et que les chrétiens n’ont pas.

Il faut surtout se méfier absolument de l'esprit d'ignorance.

 

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La foi des cosmonautes russes

 

Article de La Croix (13 avril 2011)

Moscou : selon leur confesseur orthodoxe, les cosmonautes russes sont majoritairement croyants

À de rares exceptions, les cosmonautes russes sont tous des croyants, a indiqué leur confesseur orthodoxe dans un entretien mardi au quotidien populaire Moskovski Komsomolets.

"Depuis 2006 seuls deux cosmonautes se sont dits athées et ont refusé ma bénédiction" avant de partir dans l'espace, a indiqué le père Iov, supérieur de l'église de la Transfiguration à la Cité des étoiles, le centre de formation des cosmonautes près de Moscou.

Le prêtre se rend à chaque départ pour l'espace au cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, pour asperger la fusée d'eau bénite et bénir les cosmonautes avant qu'ils ne revêtissent leur combinaison.

"Puis quand la fusée s'envole, je prie", dit le prêtre, cité par le journal.

Les cosmonautes appellent souvent leur prêtre depuis la Station spatiale internationale (ISS), lui demandant par exemple "de prier pour eux avant leur sortie dans l'espace", raconte-t-il.

Selon le prêtre, un cosmonaute russe qui se disait athée, a trouvé la foi après une panne des rétro-fusées d'aterrissage, qui ont redémarré après sa prière.

Après 70 ans d'athéïsme soviétique, l'Eglise orthodoxe russe, qui connaît un renouveau depuis la disparition de l'URSS fin 1991, est de plus en plus présente dans la vie du pays, notamment dans l'armée.

En décembre dernier, le patriarche orthodoxe russe Kirill, a affirmé que les vols dans l'espace relevaient d'une "volonté divine".

Youri Gagarine, premier homme dans l'espace il y 50 ans, et à qui l'histoire officielle soviétique attribuait la phrase : "Je n'ai pas vu Dieu là-bas", avait cependant baptisé en secret ses deux filles, ont révélé cette semaine ses biographes.

 

 

Questions de Gilles Castelnau

Les cosmonautes russes sont majoritairement croyants. Mais « croyants » en quoi ? en qui ?
Cette « croyance » les aide-t-elle à vivre une vie adulte et responsable ou les infantilise-t-elle dans la superstition ?
Quelle idée du fonctionnement de la vie leur donne-t-elle ?

Leur prêtre a-t-il une relation privilégiée avec Dieu qui exauce particulièrement bien ses prières ?

Une fusée « aspergée d’eau bénite » est-elle moins sujette aux pannes et aux collisions avec des astéroïdes que si elle ne l’était pas ? L’eau bénite s’évapore évidemment au bout d’un instant. Sa « mémoire » demeure-t-elle ? Cette « mémoire » si elle existe, motive-t-elle Dieu pour intervenir ?
Et s’il n’y avait pas eu cette aspersion d’eau bénite Dieu serait-il moins intéressé par la fusée et ses cosmonautes ?

De même si le prêtre n’était pas venu prier avant le décollage ou s’il ne priait pas avant la sortie dans l’espace, Dieu se détournerait-il ?
L es cosmonautes qui ne prient pas risquent-ils davantage un accident que ceux qui sont au bénéfice de la protection surnaturelle ? S’ils ont un accident, est-ce bien fait pour eux ?
Est-ce vraiment Dieu qui a fait redémarrer les rétrofusées d'atterrissage en panne après la prière du prêtre ? Ne l’aurait-il pas fait si le prêtre n’avait pas prié ? Et pourquoi pas ?

Et si le prêtre n’avait pas été prêtre mais un homme « ordinaire », Dieu aurait-il pensé que ce n’était pas suffisant pour motiver son intervention ?

Et nous, quelle idée de Dieu en gardons-nous ?
Devrions-nous demander à un prêtre orthodoxe de prier pour que notre entreprise ne soit pas délocalisée, que le chômage ne nous atteigne pas, que notre conjoint ne divorce pas, que nos adolescents ne se droguent pas, que l’autobus ne nous écrase pas lorsque nous traversons sans regarder, que notre voiture ne tombe pas en panne ?
Ou un prêtre catholique conviendrait-il également ? (puisque nous sommes en France)
Ou un pasteur protestant ?
Et si l’exaucement ne vient pas conviendrait-il que nous cherchions d’autres manières d’être sécursés ?

Les statistiques montreraient-elles que les orthodoxes russes sont plus sécurisés que les catholiques français ?
Que les musulmans libyens ? que les shintoïstes japonais ? et les chrétiens japonais ?

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Dieu et le Japon

Devant l’horrible situation du Japon, ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants privés de tout, sans maison, sans couvertures dans le froid de la nuit, sans nourriture, sans eau, sans médicaments... et aussi – et surtout ? – dans la terrible angoisse nucléaire, je me tourne vers Dieu pour lui dire notre infinie compassion et lui demander de bien nous renouveler sa force qui nous donne le courage de résister encore et toujours et de croire encore et toujours à la vie.

Et j’appréhende de découvrir sur internet ou dans une conversation bien pensante l’affirmation monstrueuse que Dieu manifeste ainsi son « amour » pour les hommes en les punissant de... de quoi finalement ?

Ne laissons jamais passer sans réagir de tels blasphèmes s’ils se présentent, malheureusement un jour, dans notre

horizon.

 

Christiane Pâris

A propos du Japon et de Dieu

Non Dieu n'a pas secoué la terre comme un grelot pour mettre le bazar et punir ces malheureux japonais ... mais de quoi au fait ? Il n'a pas non plus fabriqué une vague de 10 mètres (alors qu'il savait bien qu'à 5 mètres elle ne passerait pas ; farceur va !).

Un peu de sérieux et laissons Dieu là où il est : dans nos cœurs où il impulse la solidarité et la compassion dont les japonais ont besoin.
Nos connaissances actuelles nous permettent de sortir des superstitions et nous savons comment la terre fonctionne, comment elle se forme et se déforme.
Mais nous savons aussi que nous ne maitrisons pas tout ; nous habitons la terre et c'est ainsi. Il y a des circonstances où nous pouvons dire « je crois » ou « je ne crois pas » et d'autres où nous devons admettre : « je sais » ou « je ne sais pas ». Foi et connaissance ne sont pas antinomiques.

 

 

Daniel Maillet

 

DIEU et le JAPON

Dans un monde troublé qui perd ses repères tout événement que l’on a du mal a expliquer, tout drame humain d’importance, avec l’angoisse qu’ils génèrent, se traduit d’abord par un repli craintif et la recherche du responsable. Les sentiments exprimés face à l’horrible situation que vivent les femmes et les hommes du Japon par milliers n’échappent pas à cette disposition.

Si quelques Etats où nous vivons sont en situation d’apporter une aide efficace, l’information dominante porte sur une crainte égoïste du nucléaire plutôt que sur la solidarité avec les Japonais.

Avec dérision ou avec affirmation, pour certains, la responsabilité du Tsunami ne peut être attribuée qu’à Dieu, ce Dieu tout puissant qui n’a que faire des hommes. Nous ne pouvons que rejeter une telle affirmation. Nous croyons en Dieu, tel que Jésus nous l’a révélé « force de vie et d’amour présente en tout être vivant dans notre univers appelant à vivre en plénitude »

Si loin du Japon comment le manifester ? Que pouvons-nous apporter au delà de notre compassion, nos moyens matériels n’étant pas à l’échelle des besoins, sinon en nous ouvrant ici à plus de fraternité, de solidarité effective pour que soit donné du sens à la vie collective et individuelle. Ce sera notre façon de manifester que le Dieu auquel nous croyons nous communique sa force pour la construction d’un monde fraternel, qu’il donne du sens à notre vie, qu’il nous appelle à nous tourner vers l’avenir avec confiance.

 

 

Bodo Randriam

Devant la situation d'horreur qu'il y a au Japon, tous ces catastrophes naturels à la chaîne qui déferlent sur notre monde, je me sens découragée, je ne veux vraiment plus croire en Dieu.

Je laisse passer ce moment de désarroi profond et je me remets à penser. Alors je constate avec lucidité qu'on a en fait l'image même de la vie mais à grande échelle, à l'échelle d'une nation, d'un pays, c'est-à-dire sa prospérité comme ses souffrances.

Un grand pays comme le Japon, riche, puissant, balayé comme cela d'un coup ! Et je me dis que nous sommes vraiment si peu de choses... Un pays admiré qui a toujours donné, s'est toujours trouvé dans le rôle de celui qui donne, se retrouve en ce moment si démuni, soulève un sentiment autre qu'on lui a toujours voué, maintenant celui de la compassion, du partage de la souffrance, de la solidarité internationale.

Riche ou pauvre, quand on se retrouve démuni, ce qu'il y a de plus précieux, c'est de ne pas se sentir seul dans son malheur. Et je me dis, d'un coup reconnaissante, que Dieu soit là, justement au cœur même de tous ces malheurs, pour permettre à chacun toute la compassion dont il est capable et d'avoir un autre regard vers des frères dans l'humanité.

Oui, Dieu est là pour donner le courage de se relever et de se dire qu'il y a toujours quelque chose à faire et quelque chose qu'on peut faire pour les autres et pour soi-même. Et que c'est la loi de la Vie tout simplement.

Car si Dieu n'était pas là avec son amour pour aider à se tenir debout, mais que resterait-il de ce monde en souffrance ?

 

 

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Pauvre roi Louis XVI !

 

16 janvier 2011

La messe traditionnelle
pour le repos de l’âme du roi Louis XVI
sera célébrée le vendredi 21 janvier 2011 à 12 h 15
en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, à Paris,
paroisse des rois de France.

 

Si je compte bien, cela fait donc 218 ans qu’aux yeux des prêtres de Saint-Germain-l’Auxerrois l’âme du roi Louis XVI se tourmente sans repos.
Et que seules des « messes » pourront apaiser la rancune que manifestement Dieu conserve contre ce malheureux monarque.

Mais la colère de Dieu semble difficile à calmer, puisque 218 ans de messes annuelles ne lui ont pas suffi. Il lui en faut davantage. C’est une véritable rage qu’on attribue donc à Dieu. Et les prêtres de Saint-Germain-l’Auxerrois continuent imperturbablement à célébrer ces messes qui semblent pourtant si peu efficaces.
Quelle idée de la messe ! Et surtout quelle idée de Dieu !

Dans la basilique Saint-Michel de Menton, un tableau du XVIIe siècle représente le pape Clément X montrant à la Vierge le triste sort des âmes du Purgatoire, ce qui sous-entend qu’à ses yeux les messes ne suffisent pas et que la Vierge elle-même devrait intervenir pour apaiser le Tout-Puissant.
Mais le tableau est déjà très ancien et voyez, aux yeux des prêtres de Saint-Germain-l’Auxerrois le résultat n’est toujours pas là ! Pauvre Louis XVI !

Et pauvres de nous qui pourrions avoir un tel Dieu si tout cela était vrai !

 

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Le pasteur Marc Pernot ajoute sur son site :

Effectivement. Et si ce système de messe pour le repos de l’âme des disparus était vrai, que penser du salut d’un pauvre qui n’a personne pour lui payer des messes ?
Encore une fois ce seraient les riches qui seraient favorisés, favorisés sur terre donc favorisés au ciel ? Tandis que les pauvres subiraient encore dans l’au-delà leur manque de relations et le manque de moyens de leur famille ?

Pourtant, la vierge Marie, dans son formidable Magnificat annonce l’inverse :

Mon âme exalte le Seigneur,
Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante.
Et voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
Parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses.
Son nom est saint,
Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge
Sur ceux qui le cherchent.
Il a déployé la force de son bras ;
Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses.
Il a renversé les puissants de leurs trônes,
Et il a élevé les humbles.
Il a rassasié de biens les affamés,
Et il a renvoyé les riches à vide...

 

 

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Dieu arbitre de karaté ?

 

13 janvier 2011

Le message que voici a été publié dans Nice-Matin d'aujourd'hui sous le titre : Christophe Pinna, l'enfant de St-Sylvestre [un quartier de Nice], une star, un quartier, le champion de karaté raconte sa jeunesse à Nice-Nord.

... La religion...
J'allais au catéchisme dans un bâtiment juste à côté de l'écolen où se trouve actuellement la Villa Thicia au N° 40 de l'avenue Sainnt-Sylvestre.
J'ai cessé de croire à 17 ans lorsque ma mère est morte. Classique : « Dieu s'il existe ne peut pas être aussi injuste » !
Je me suis réconcilié avec Lui le 14 octobre 2000, lorsque j'ai remporté le championnat du monde. C'était le jour de la saint-Juste. Je me suis dit que, s'il y avait une justice, il était "juste" que je rentre avec le titre ! Et j'ai gagné...

 

Réaction de Gilles Castelnau

- Dieu est considéré par ce jeune champion comme un de ces arbitres dont il a l'habitude. (On dit bien que les hommes imaginent souvent Dieu à leur propre image).

Un arbitre auquel on arrête de faire confiance lorsqu'il décide de manière évidemment « injuste » de la mort de sa mère.
Un arbitre auquel on accorde à nouveau sa confiance lorsqu'il décide, cette fois de manière évidemment « juste » de sa victoire au championnat.

Un arbitre qui ne se borne pas à arbitrer mais qui, dans sa tout-puissance, aurait pu empêcher sa mère de mourir et laisser mourir d'autres mères qui l'auraient sans doute, elles, véritablement « mérité ».
Et aurait pu - mais il ne l'a pas fait - lui refuser le titre de champion du monde et l'accorder à un autre qui ne l'aurait pas forcément « mérité ».

- Et pourtant Dieu n'est pas un arbitre, ni un tout-puissant qui fait mourir l'un et sauve l'autre, qui intervient souverainement dans le résultat d'un championnat !

Dieu est le Créateur de la Vie. C'est sa Présence qui renforce en nous la capacité de résister aux forces du mal, à la tristesse et au deuil, de nous relever lorsque nous sommes abattus par le malheur. Qui nous rend capables de lutter afin d'épanouir nos capacités et notre joie de vivre. Dieu qui agit par amour et par grâce, avec la bienveillance systématique d'un Père affectionné.

Jeune homme, vous avez dit « Dieu » ?

 

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Un Dieu prompt à la colère

 

12 janvier 2011

Le message que voici (anonyme) présenté sous la forme d'un diaporama, n’est pas récent.
Nous sommes nombreux à l’avoir déjà lu.
Mais il circule, il tourne en rond, il revient.
Je le trouve très choquant.
Il me semble qu’il faut y répondre !

Message anonyme circulant sur le net

La fille d’un prédicateur réputé a été interviewée dans un talk show télévisé et l’animatrice lui a demandé :
- Comment Dieu a-t-il pu laisser une telle horreur se produire ? (les événements du 11 septembre 2001).
Cette jeune fille a donné une réponse aussi profonde que perspicace :
- Je crois que Dieu a été profondément attristé par tout cela, au moins autant que nous, mais depuis des années nous lui demandons de sortir de nos écoles, de sortir de nos constitutions, de sortir de nos vies.
En tant que « gentleman » il s’est calmement retiré.
Comment pouvons-nous espérer que Dieu nous donnera sa bénédiction et sa protection si nous insistons pour qu’il nous laisse seuls ? 
Concernant les récents événements, attaques terroristes, tueries dans les écoles, guerres etc… je crois que tout a commencé » avec Madeleine Murray O’Hair qui s’est plainte des prières dans les écoles.
Nous avons dit OUI
Puis un autre a dit que nous ne devrions pas lire la Bible à l'école. Cette même Bible qui nous enseigne :
« Tu ne tueras point, tu ne voleras point, aime-toi toi-même ».
Et nous avons dit OUI
Ensuite, le Dr Benjamin Spock a dit que nous ne devions pas taper nos enfants quand ils agissent mal car leur petite personnalité serait faussée et nous pourrions altérer leur estime de soi.
Et comme un expert sait (bien sûr) toujours de quoi il parle, nos avons dit OUI
(le fils de ce médecin s’est malheureusement suicidé).

Maintenant, nous nous demandons pourquoi nos enfants n’ont pas de conscience, pourquoi il ne font pas la différence entre le bien et le mal, et pourquoi ils peuvent sans émotions, tuer un étranger, un parent, ou eux-mêmes.
Probablement qu’à force de profondes réflexions, nous en viendrons à la conclusion que cela a à voir avec le principe de « récolter ce qu’on a semé ».
C’est drôle de voir à quel point il est facile pour les gens de rejeter Dieu et de se demander ensuite pourquoi le monde devient un enfer.
C’est drôle de voir à quel point nous croyons tout ce que les médias nous racontent et comment nous remettons en question tout ce que la Bible nous dit.
C’est drôle de voir que nous pouvons envoyer des plaisanteries par mails qui se répandent comme une traînée de poudre mais que lorsqu’on envoie des messages à propos de Dieu les gens y regardent à deux fois avant  de les partager.
Vous en riez ?
Et pourtant c’est drôle de voir que quand vous allez partager ce mail, vous ne l’enverrez probablement pas à beaucoup de gens de votre carnet d’adresses parce que vous ne savez pas en quoi ils croient ou ce qu’ils penseront de vous.
C’est drôle de voir que nous nous préoccupons plus de ce que les gens pensent de nous que de ce que Dieu pense de nous.
Partagez ce message si vous croyez qu’il en vaut la peine, sinon jetez-le, personne ne le saura !
Mais si vous jetez ce petit moment de réflexion, ne nous plaignez pas du mauvais état du monde dans lequel nos vivons.

 

Réaction de Gilles Castelnau

Ce « message » propose de croire en un Dieu qui se met dans une rage folle et a « permis » le massacre du 11 septembre en voyant qu’on ne fait pas la prière à l’école, qu’on ne lit pas la Bible à l’école et qu’on évite de taper les enfants.

Mais faire la prière à l’école et y lire la Bible est un acte formaliste et gênant vis-à-vis des enfants bouddhistes, musulmans, juifs qui prient différemment des protestants blancs anglo-saxons. Un Dieu qui perdrait toute compassion et tout respect de la vie de l’humanité à cause de cette attitude formaliste serait tellement opposé au Dieu que Jésus-Christ nous a fait connaître que nous aurions raison de l’éviter et de le fuir.

Un Dieu qui perdrait tout sentiment de paix et de tendresse et laisserait 3000 personnes massacrées dans les Tours jumelles en voyant qu’on évite de fesser les enfants serait un Dieu fou.

Quant à croire que les attaques terroristes, les tueries dans les écoles (les Américains sont armés), les guerres sont provoquées par la perte du sens moral des enfants qui n'ont pas prié à l'école, c'est tout de même un peu léger !

Un tel message non seulement ne peut pas aider mais ne peut que faire du mal en rendant les gens névrosés.
Il faut que la personne qui a rédigé ce « message » hallucinant se remette à lire les évangiles, cela la rendra plus sympathique et plus humaine.

 

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Prier pour la paix ?

 

23 septembre 2009

En dernière page du dernier numéro de Church Times, l’hebdomadaire de l’Église anglicane, un homme, par ailleurs fort sympathique, déclare prier quotidiennement (je traduis) « pour la paix, pour la fin des guerres, des crimes et de la pauvreté ».

Naturellement il est meilleur de prier ainsi que de se scléroser dans la sécheresse d’une pensée désabusée ou cynique. Il est évident que prier ainsi ouvre l’esprit à la vie du monde et développe un sentiment - qui plait certainement à Dieu -  de solidarité, d’unité avec le genre humain et sa souffrance.

Mais il me semble qu’il ne faut pas rejeter sur Dieu la responsabilité d’arrêter les guerres que nous déclenchons et de mettre lui-même un terme à la pauvreté qu’entretient notre mauvaise répartition des richesses.

Quelqu’un disait, à juste titre : « je n’ose pas dire à Dieu de faire le bien et de luter contre le mal, car je crains trop qu’il me réponde que c’est exactement ce qu’il me demande et m’inspire de faire ! ».  

 


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