Libres opinions

l'église mennonite (« doopgezind ») à Amsterdam (Singel 452)
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L'Église mennonite
des Pays-Bas
une Église libérale
Textes traduits du néerlandais par Gilles Castelnau
29 mai 2009
Cette Église, fort sympathique, descend des anabaptistes (Églises ne baptisant pas les enfants) du 16e siècle. Les anabaptistes étaient des protestants radicaux considérant que l'organisation de l'État ne correspondait pas à la volonté de Dieu : certains (Thomas Müntzer) s'engageaient dans une réforme violente armée alors que les ancêtres des mennonites étaient au contraire non-violents.
Leur affirmation - tout à fait juste - du fait que les sacrements n'apportent par eux-mêmes aucune présence de Dieu les amène à ne baptiser que les adultes ayant confessé personnellement leur foi - chacun librement à sa manière et non à la manière stéréotypée des fondamentalistes - et à éviter une communion fréquente : la paroisse d'Amsterdam ne célébre la sainte cène (eucharistie) que deux fois par an : le Jeudi saint et le premier dimanche de l'Avent. Entre temps aucun autel ou table de communion n'est installée à demeure. (Note de G. C.)

extraits du journal de l'Église doopgezind d'Amsterdam
avril, mai, juin 2009
Les mennonites sont une des plus anciennes Églises de la Réforme protestante. On les rencontre aux Pays-Bas dès 1530 (elles s’y nomment Doopsgezinden)
Au 16e siècle, les mennonites ont voulu reconstruire l’Église de façon radicale, selon qu’il est écrit:
« Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ » (I Corinthiens 3.11).
Aux Pays-Bas c’est Menno Simons (1496 - 1561) qui a été l’organisateur de ce mouvement. Il est devenu pasteur à Witmarsum, dans la province de Frise.
- Les mennonites prennent la vie et la pensée de Jésus comme ligne directrice de leur pensée et de leurs actes.
- Ils ne baptisent pas les enfants mais attendent que le baptisé ait l’âge de pouvoir faire un choix fondé sur une confession de foi personnelle.
- Les mennonites se distinguent de la plupart des Églises sur d’autres points encore. Ils sont notamment très attachés au refus de la violence et à la recherche de la paix. Ils refusent depuis très longtemps l’usage des armes dans l’esprit du Sermon sur la Montagne de Jésus (Matthieu chapitres 5 à 7) et ne participent pas aux guerres.
- De plus ils pensent que l’État doit être totalement séparé des Églises.
- Par ailleurs ils s'efforcent d’être aussi véridiques que possibles selon la parole de Jésus :
« Que votre oui soit oui et votre non soit non ».
Il y a aux Pays-Bas plus de 100 communautés mennonites totalisant 10 000 membres, unis dans l’Algemene Doopsgezinde Sociëteit qui fait partie du Conseil Œcuménique des Églises. Il y a dans le monde plus d’un million de mennonites dont la moitié dans les pays en voie de développement.
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Un essai de confession de foi
Gerke van Hiele
Nous croyons en l’Éternel
Créateur du ciel et de la terre
Dieu d’Abraham et de Sara
des prophètes et des apôtres
dont la force de l’Esprit appelle les hommes, les touche
et les fait se lever en une vie renouvelée.
Nous confessons Jésus Christ
Parole et image de Dieu
Ili nous guide sur le chemin du royaume de Dieu
Il nous apprend à aimer Dieu
et notre prochain comme nous-même.
Nous croyons en la voie qu’il nous montre
De pardon et de vérité
D’amour, de justice et de paix.
Nous prions le saint Esprit
Souffle de Dieu qui nous donne inspiration et courage.
Il nous rapproche des autres, nous unit à eux
Et rassemble les fidèles.
Nous célébrons ensemble, nous progressons, nous aidons,
Nous témoignons, nous travaillons au monde nouveau
Du royaume de Dieu qui vient.
Nous sommes une confrérie de croyants
- unis dans la foi et dans le même baptême,
dans la fraction du pain et le partage
- unis par nos paroles et nos actes,
dans la confiance et le dialogue
lecteurs de la Bible, fidèles à la tradition de l'Église,
toujours à la recherche de mots nouveaux pour exprimer notre foi.
Inspirés par l’amour pacifique du Christ
nous sommes appelés
à faire des choix, à lancer des ponts entre les hommes
Et tels que nous sommes,
avec les possibilités qui sont les nôtres,
à rendre un peu visible l’œuvre que l’Éternel
accomplit par nous dans ce monde qui est le nôtre.
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La vraie paix
Dis-leur « non » lorsqu’ils parlent de « paix »
Si pour eux ce mot signifie
Qu’il ne faut pas bouger quand on a faim
Rester tranquille quand on a peur
Et se taire lorsqu’on est opprimé
Dis-leur qu’en vérité la « paix » signifie
Que les enfants doivent crier en jouant
Et les hommes bavarder librement
Que les pas des danseurs résonnent
Et la voix du père qui chante pour ses enfants.
Dis-leur « non » lorsqu’ils parlent de « paix »
Si pour eux ce mot signifie
Le fer et le feu des combats dans les pays lointains
L’argent qui coule à flot dans les belles maisons
A la porte desquelles les pauvres viennent mendier
Dis-leur qu’en vérité la « paix » signifie
Fraternité et non domination
Socs de charrues plutôt que glaives
Que l’on donne des champs au paysans sans terre
Et que la faim enfin ne soit que souvenir.
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Klaas Hendrikse
Un pasteur athée ?
EEN ATHEÏSTISCHE DOMINEE, IS DAT HET NOU?
Rini Rikkert
pasteur de l’Église réformée des Pays-Bas (hervormd)
Je n’ai pas lu le livre de mon collègue Klaas Hendrikse et il y a peu de chances que je le lise jamais. Je trouve bizarre qu’il prétende qu’être athée ne l’empêche pas d’être croyant, et que si Dieu n’existe pas il est pourtant présent.
Pour moi Dieu existe et je crois en lui. Est-ce que j’en ai l’image moyenâgeuse d’un vieil homme barbu assis sur un nuage blanc ? Bien sûr que non.
Dieu est un nom générique. De même, par exemple, que le mot « terre » est générique et peut désigner aussi bien un globe, du terreau, une partie du monde, un paysage : tout cela est « la terre ».
Certains personnalisent la terre en disant « notre mère la terre ». Devrais-je écrire un livre pour expliquer que la terre n’est pas une personne ? Ou suis-je vraiment étrangère aux émotions et aux sentiments que les gens peuvent éprouver pour la terre ?
Et que dire d’un théologien athée ? Parler de « Dieu le Père » est-il obligatoirement la preuve que l’on croit à la possibilité d’une relation personnelle et émotionnelle avec la divinité ? On peut naturellement dire que rien de tout la n’existe, que Dieu n’existe pas et que le mot de « Dieu » ne désigne que les relations qui existent entre les gens eux-mêmes. Mais alors naturellement les médias s’interrogent...
Bien sûr Klaas Hendrikse introduit quelques nuances dans son livre, mais l’introduction qu’il en fait est agaçante.
Est-il vraiment libéral et libératoire de déclarer absurde l’idée d’une union avec un Dieu personnel demeurant au ciel ? D’ailleurs cette idée n’est pas la seule envisageable pour répondre à ce difficile problème de Dieu.
Je crois en la divinité qui joue entre les hommes et en eux. Mais je crois aussi que Dieu est plus que cela. Dieu existe aussi pour moi dans la méditation. Il est si grand qu’il dépasse largement mon entendement. Mais je rencontre aussi un Dieu personnel : autrefois je disais « Dieu » ; aujourd’hui je dis plutôt « rencontre d’un ange ». Peu importe d’ailleurs cela signifie la même chose.
On n’est pas obligé de me croire sur parole. Tout ceci est très personnel mais je ne voudrais pas que cela reste inconnu. Dieu est aussi un être personnel. Pensez-vous que le fait de ne pas y croire le fasse disparaître pour tout le monde ?
Voir aussi
Gilles Castelnau : Klaas Hendrikse
Sjoerd Kuyper : Robin et papa
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