27 novembre 2009
Seigneur, pardonne moi d’être un homme divisé.
Non pas entre le bien et le mal, car le péché c’est se séparer de toi,
Et cela je ne le veux pas, et en aucune circonstance.
Bien sûr je commets des erreurs, je suis loin de vivre le « sermon
sur la colline », mais il y a longtemps que je sais ton pardon et ta
compassion pour mes faiblesses.
Si je suis comme coupé en deux dans mon cœur, c’est à cause du monde !
Quand je lis la presse, quand j’écoute la radio, quand je regarde la télé,
je suis horrifié.
Tout marche à l’envers sur cette planète.
La colère, l’indignation, le chagrin, m’envahissent.
Ce n’est pas supportable !
Alors je prête attention à ce que proposent ceux qui veulent changer
le monde : les politiciens, les philosophes, les associatifs et la grande
cohorte des hommes de bonne volonté, dans laquelle se trouve le
chuchotement timide, timoré, frileux, des Eglises chrétiennes.
Et, quand je peux, je m’engage financièrement par adhésion à tel ou
tel mouvement, par signature de pétitions, par participation à des
réunions ou rassemblements désireux de sensibiliser l’opinion
Publique, de freiner la dérive de notre société.
Je suis donc un chrétien-citoyen « éveillé ». Comme Jésus, je désire
être vraiment présent au monde, avec amour, avec force. Je tente de
lutter contre tous les racismes, la domination de l’argent, l’exploitation
de l’homme sans défense, l’injustice dans tous les domaines.
Certains chrétiens renoncent à cet engagement dans le monde.
Leur priorité c’est d’aimer Jésus et de le suivre, mais uniquement par
le cœur, en se préservant d’un monde qu’ils
estiment perdu à jamais. Ils attendent avec ferveur la fin des temps,
le retour de Jésus.
Oublieux du combat que le Christ nous demande de mener pour
« saler » et éclairer un peu ce monde que Dieu aime…
C’est vrai que cette bataille contre le mal qui ronge notre monde
comme un cancer, est épuisante, décourageante, source de colères
intérieures et de souffrances.
C’est mon côté « Jean qui pleure ». Mais je ne peux y renoncer.
Heureusement, il y a l’autre moi-même : l’homme-citoyen,
le chrétien heureux de vivre, comblé de tous tes bienfaits, Seigneur !
Et celui-là chante et siffle toute la journée, fait son travail
dans l’allégresse, se réjouit de rencontrer des amis, dans la rue et
dans le temple.
Et ce « Jean qui rit » trouve parfois l’institution-église, lourde, souvent
triste, compliquée comme une administration d’Etat.
Il souhaiterait une paroisse-communauté, où toutes les décisions
seraient prises par tous, avec sérieux (pas trop !) et surtout,
avec joie et enthousiasme.
Une paroisse qui ne se laisserait pas enliser dans les traditions,
les rites, les habitudes !
Une communauté qui ne se prendrait pas au sérieux et saurait rire
d’elle-même, sans sentimentalisme excessif, sans coupure peureuse
ou méprisante d’avec la société.
Seigneur, est-ce impossible que tu aimes et tolères ma double personne :
Celle qui pleure et celle qui rit ?