Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique


Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio


Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs


Alain Houziaux

réflexions et poèmes

l'auditoire


Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »


Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

Libre opinion

 

 

 

Que dire de la résurrection ?

 

Stéphane Feye

 

7 juin 2011

Stéphane Feye a lu sur ce site l'article du pasteur Pierre-Jean Ruff et il y répond librement

Pierre-Jean Ruff lui répond ci-dessous

.

 

 

Stéphane Feye

 

Venant de tomber par hasard sur vos propos quant à la résurrection et voyant que vous en désirez des commentaires, je le fais bien volontiers.

S'il est vrai que les prédicateurs se sont acharnés au cours des siècles à affirmer avec plus ou moins de bonheur, de ridicule, de fanatisme... une chose aussi incroyable, c'est bien qu'ils en ont reçu l'ordre, et que cet ordre était volontaire.

Par contre, votre tentative de « dématérialisation » du phénomène pour le rendre « acceptable » est bien compréhensible, mais vous devez avouer qu'elle revient à dire le contraire de tous les textes qui en parlent. J'aurais tendance à dire : « Au fond, vous refusez d'avouer que vous ne croyez pas, probablement parce que vous restez attaché inconsciemment, sentimentalement, ou pour une autre raison, (peut-être la crainte de trahir...) à cet enseignement. »
Mais mon but ici n'est pas de faire de la psychologie, ou de tenter de vous faire la leçon, ou d'analyser votre position que je suis prêt, d'ailleurs, à comprendre.

Mon intention est de vous faire part de quelques considérations différentes de celles qu'on entend d'habitude.
Je crois que manifestement tous les enseignements traditionnels sur la question affirment l'impossibilité ou du moins le malheur et l'inconfort d'un esprit (psychê) privé de corps. Le paradis, l'Éden, la jouissance même, sont impossibles sans les sens et sans une mesure. Le nier serait, en réalité, assimiler le paradis à l'enfer incorporel de l'imagination. Cet enfer est  purement imaginaire; c'est pourquoi il est si terrible! Nos contemporains que l'on accuse à tort d'être trop matérialistes, sont en réalité de plus en plus rêveurs et désincarnés, et, comme dit Baudelaire, "tout vaporisés par ce savant chimiste" qu'est Satan, le pur esprit.

Il me semble que le problème vient de ce que les religieux, dès les temps les plus reculés des grands conciles impératoriaux, n'ayant plus admis que la foi et ayant rejeté l'expérience (la gnosis qui est citée 29 fois dans le NT) ont favorisé, sans le vouloir ni le savoir, l'apparition non seulement de sciences athées devenues aujourd'hui très dangereuses pour l'Humanité, mais aussi de religions, disons-le: bêtes. Ce divorce, allant en augmentant avec le temps et l'éloignement des faits de la résurrection, ne pourrait cesser qu'avec la preuve expérimentale d'une résurrection corporelle. Mais, en toute science il faut une hypothèse de départ...
Quand le marxisme a dit que la religion était un opium du peuple, il aurait dû y avoir, dans l'autre camp, cette réponse:
« vous faites erreur, c'est une hypothèse de départ, à vérifier, et nous l'avons vérifiée ! »  Or, personne, n'a été capable de donner cette réponse, car l'Église n'avait plus d'École, de ces Écoliers, disciples de S. Nicolas qui leur apporte le sucre sacré et secret qui rend toujours sages les enfants de Dieu.

C'est dans cette optique que je vous engage à devenir disciple de S. Thomas qui est « heureux d'avoir vu » et sans lequel il sera de plus en plus impossible qu'il y ait encore des « bien plus heureux qui ont cru sans avoir vu ».
Mais pour cela, vous devriez, selon moi, retirer d'abord vos propos qui vous ôtent tout espoir d'expérience (car ce que nous aurons nié ne pourra jamais nous appartenir), et ensuite supplier l'Âme du Monde de vous envoyer un expérimentateur qui vous prouverait que votre foi actuelle est fausse, ce dont je suis, croyez-le bien, loin de vous blâmer.

Si cela vous arrivait, vos propos deviendraient assez proches de ceux que vous dénoncez comme vous attristant, avec la différence que les vôtres sonneraient brusquement justes, clairs, et convainquants, alors que ceux des autres continueraient à résonner dans le vide comme celui des cuistres qui vous attristent.

Je persiste néanmoins à croire que c'est un véritable miracle qu'il y ait, après tant de siècles sans vérification effective, encore tellement de gens qui prêchent, croient ou font semblant de croire à cette expérience venue d'Égypte, sans l'avoir jamais vue ni expérimentée.

Pardonnez-moi ma franchise, mais je crois que vous la méritez.

 

.


Pierre-Jean Ruff

Merci d’avoir tenté de faire ma psychologie. L’entreprise est peut-être légitime, même si elle ne m’a pas convaincu ! Je crois un peu simple et réducteur de dire que les prédicateurs chrétiens ont enseigné la résurrection sur obligation.

Je suis libéral, très respectueux de la divinité, même si j’ai mes propres options. Je comprends donc et respecte votre approche rationalisante des choses de la vie, même si je suis sur un tout autre registre.

Comme vous, je pense qu’il convient d’exprimer le concevable autant que faire se peut. Comme vous, je pense que nous sommes encombrés de dogmes non prouvés et non évidents. Albert Schweitzer disait : « La pensée souffre d’un excédent de bagages ».

Mais je suis plus agnostique que vous. Je crois qu’à être honnête, nous formulons beaucoup d’hypothèses et que nous avons peu de certitudes. « Je sais que je ne sais rien », disait Socrate. Que savons-nous de la vie, donc de la résurrection ? Et de l’amitié, des sentiments, du fait de se sentir heureux ou malheureux ? L’essentiel déborde toujours et de beaucoup nos mots pour le dire. Selon ce que l’on met derrière ce mot et excluant des débordements qu’elle peut générer, je suis un adepte de la mystique.

A chacun sa voie. L’important c’est que la symphonie soit belle et non discordante.

 




Retour vers libres opinions
Retour
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.