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L’illumination d’une chèvre

Réflexion sur Matthieu 25:31-46

 

The Enlightenment of a Goat

A reflection on Matthew 25:31-46

 

William Loader

 

29 décembre 2010

Matthieu 25:31-46

Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire.
Toutes les nations seront assemblées devant lui.
Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les chèvres.
Il mettra les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite :
-  Venez, vous qui êtes bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde.
Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais étranger et vous m'avez recueilli, j'étais nu et vous m'avez vêtu, j'étais malade et vous m'avez visité, j'étais en prison et vous êtes venus vers moi.
Les justes lui répondront :
-  Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim et t'avons-nous donné à manger, ou avoir soif et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous recueilli, ou nu et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés vers toi ?
Et le roi leur répondra :
-  Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites.

Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche :
-  Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, j'étais étranger et vous ne m'avez pas recueilli, j'étais nu et vous ne m'avez pas vêtu, j'étais malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.
Ils répondront aussi :
-  Seigneur, quand t'avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas assisté ?
Et il leur répondra :
-  Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne les avez pas faites.

Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle.

 

 

J’ai fait un rêve. J’ai rêvé une parabole. J’étais une chèvre. Plutôt un bouc. Nous les chèvres nous sommes spéciales. On nous confond parfois avec les moutons. Mais les moutons sont stupides. Les chèvres nous sommes intelligentes. Les moutons ont de la laine mais la laine des chèvres est bien meilleure. Nous courrons bien plus vite que les moutons et nous savons grimper aux arbres.

J’étais sur une montagne avec ma famille, nous étions montés si haut que je pouvais apercevoir l’avenir dans le lointain. Sur un nuage je vis une foule d’hommes. Certains en rouge, d’autres en bleu. Devant il y avait un homme vêtu vêtements blancs brillants. Il dit aux hommes vêtus de rouge qui étaient à sa gauche :
- Venez et entrez avec moi dans la cité de mon père. Car j’étais un intouchable et vous m’avez accueilli chez vous. J’étais victime du tsunami et vous m’avez dépanné. Je militais pour une politique progressiste et vous m’avez soutenu. J’étais un enfant qu’on forçait à travailler et vous m’avez trouvé une autre vie. J’étais une femme que son mari voulait brûler et vous m’avez sauvée.
Ils ont tous dit :
Quand t’avons-nous vu intouchable, victime du tsunami, militant politique, enfant qu’on forçait à travailler ou femme menacée d’être brûlée et sommes-nous venus à ton aide ?
Il répondit :
Vous l’avez fait pour eux, c’est comme si vous l’aviez fait pour moi.

Puis il se tourna vers les hommes vêtus de bleu. Ils l’appelaient aussi « Seigneur », mais leur situation était beaucoup moins facile. Ils étaient demeurés purs et n’avaient pas aidé les intouchables, les victimes du tsunami, les militants politiques, les enfants qu’on forçait à travailler, les femmes qu’on voulait brûler. Il n’y avait pas de place pour eux dans la cité.

C’est alors qu’il commença à pleuvoir et la vision disparut. Mais elle donnait à penser. Nanny qui était avec moi dit :
- Si je suis un humain dans une prochaine vie, je ferai semblant de voir l’homme en vêtements brillants dans toutes les personnes que je rencontrerai. Je les aiderai toutes en pensant que c’est lui que j’aide et j’aurai une place dans la cité de son père.
Je pensais à ce qu’elle venait de dire quand sa sœur s’écria :
Non ! Non ! Non ! Les hommes en rouge ne sont pas venus en aide aux malheureux parce qu’ils voyaient en eux l’homme en vêtements brillants. Ils l’ont fait naturellement, parce qu’ils étaient humains. C’est après qu’ils ont compris que l’homme en vêtements brillants était en eux.

Cette remarque m’a fait penser encore davantage. Et quand elles sont descendues de la montagne – à la vitesse incroyable dont seules les chèvres sont capables - je suis descendu plus lentement. Lorsque je traversais une pente couverte de buissons, j’ai entendu un appel. C’était un bélier pris dans les ronces.
- Stupide mouton ! me suis-je dit et je me disposais à continuer ma marche quand une pensée m’a arrêtée. J’avais de bonnes cornes et je serais bien capable de délivrer ce malheureux mouton. Je me suis approchée, j’ai tiré et poussé et finalement le bélier s’est dégager. Il s’est sauvé dans le soleil couchant.

Alors une chose étrange s’est produite. Lorsque le bélier descendait vers la vallée il a semblé se transformer et devenir un petit enfant.
Puis il s’est mis à grandir. Grandir vraiment jusqu’à être un homme dont la silhouette se détachait sur le ciel rouge du couchant.
On aurait dit une croix barrant l’horizon.
Lorsque je suis arrivé en bas, j’ai retrouvé mes compagnons. Des chèvres et des moutons. Je me suis couchée la tête sur une pierre grise. Je me sentais pleine de lumière et je savais que je savais. Je savais que je savais.

J’ai ouvert les yeux. On était entré dans ma chambre, on avait allumé la lumière. C’était l’heure de me réveiller, de me lever et... de commencer une nouvelle journée.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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