Que peut-on croire aujourd'hui ?
Pourquoi suis-je encore chrétien ?
Gilles
Castelnau
Je suis encore chrétien
mais j’ai renoncé à tout ceci :
Un au-delà surnaturel avec un Dieu
tout-puissant qui guette, culpabilise, promet
des exaucements douteux, menace d’un enfer
éternel et assure un paradis (douteux et
ennuyeux). Un Dieu finalement ni sympathique ni
chaleureux.
Un Christ divin, trinitaire, vitrifié dans des
dogmes sidérants, crucifié pour apaiser la
colère incompréhensible de son Père qui croyait
voir l’humanité lui échapper.
L’infantilisation des prières évoquant l’espoir
toujours déçu d’affamés nourris miraculeusement,
de malades guéris, de peuples en guerre
renonçant brusquement à leur haine.
L’ennui soporifique que dégage le ton monotone
des prédicateurs ressassant des lieux communs
convenus et peu crédibles.
Le conservatisme des Églises ayant toujours le
péché à la bouche, hostiles à tout progrès,
culpabilisantes dès qu’on parle d’euthanasie, de
contrôle des naissances, d’IVG, de mariage pour
tous...
Pourtant je suis encore
chrétien car je ne pourrais jamais
renoncer au souffle joyeux qui émane de
Jésus :
Son Esprit de compassion évitant à la femme
adultère d’être lapidée et à Marie Madeleine
d’être méprisée.
Son Esprit de dynamisme créateur qui faisait
lever le paralysé.
Son Esprit de liberté changeant en vin de fête
l’eau des purification rituelle et proclamant
aussi « ce n’est pas ce qui entre dans
la bouche qui souille un homme mais c’est la
parole qui en sort ».
Son Esprit d’ouverture qui lui faisait
accueillir le centurion romain sans doute
disciple de Zeus ou de Mitra et la femme
syrienne disciple de Baal, comme ses parents
avaient accueilli les mages étrangers et
astrologues.
Je suis encore chrétien car je ne renonce pas à
m’enraciner en Dieu « qui donne à tous
la vie, la respiration, et toutes
choses » pour puiser en lui l’élan
de renouveau permettant d’affronter les forces
destructrices d’humanité et de vie comme le
symbolisent les récits de la sortie d’Égypte
avec Moïse et de la Résurrection de Jésus.