Années
90
L'évangile de
Jean
Cet évangile est bien
différent des trois synoptiques. En voici quelques exemples : Dans le récit
de la passion, Jésus porte lui-même sa croix sans
être aidé par Simon de Cyrène ; Jean ne
rapporte pas le baptême de Jésus ni l'institution de la
sainte cène ; la prière du Notre Père n'y
est pas mentionnée.
Des récits inconnus des synoptiques y trouvent place :
les noces de Cana, le dialogue avec la Samaritaine, le lavement des
pieds, les grands discours sur le pain de vie, la lumière du
monde, l'unité...
Une influence double, juive et hellénistique caractérise
cet évangile : juive car les thèmes du pain de vie
associé à la manne, du berger, de la vigne proviennent
de l'Ancien Testament ; hellénistique car les
thèmes du logos (la Parole) de la connaissance, de la
vérité y sont traditionnels.
Le Logos
Il est mentionné en
Jean 1. On s'efforce de rendre
ce terme grec par « le
Verbe » ou « la Parole ». Le « Logos » est, dans l'hellénisme, le principe cosmique
de la création. Pour les Grecs, Dieu est éternel, sans
commencement ni fin, sans besoin, au-dessus des passions, immuable,
indestructible : quand il se manifeste, c'est le Logos qui
apparaît.
Le Logos ordonne l'ensemble de l'univers ; il est la loi
naturelle à laquelle tout est soumis ; tout pouvoir
d'être, d'exister, de créer dépend de lui. Il est
impensable qu'il devienne chair, comme l'affirme Jean 1.14 ;
c'est pourtant dans ces deux mots que se trouve la
spécificité chrétienne, selon
l'évangéliste Jean. Cette démarche est
différente de celle des trois synoptiques :
Alors que ceux-ci
commencent (à part les
introductions du début de Matthieu et de
Luc)
par décrire un Jésus humain dans les synagogues et sur
les chemins de Galilée, ils montrent que les démons le
connaissent, puis attendent le milieu du récit pour que Pierre
reconnaisse en lui la présence divine (Mat 16. 16 et
parallèles : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant »)
l'évangile de Jean suit une démarche opposée,
avec cette affirmation que le Logos est devenu homme. C'est ainsi
qu'il insistera sur l'humanité de Jésus, qui pleure sur
la tombe de son ami Lazare (ch. 11), qui dit sa soif sur la
croix, etc.
Les Juifs et les
Samaritains
Le quatrième évangile
semble issu d'un milieu proche des
Samaritains : En Jean 4 Jésus dialogue avec une
Samaritaine, puis demeure chez les Samaritains qui, les premiers
reconnaissent en lui le sauveur du monde (4.42)
A l'accusation d'être possédé d'un démon
et samaritain (Jean 8. 48), Jésus se défend
d'être possédé du démon mais non pas
d'être samaritain !
L'évangéliste Jean
semble focalisé sur les Juifs. Il les nomme 68 fois (Matthieu et Luc, 5 fois, Marc 6 fois). Ceux-ci sont présentés comme les adversaires communs des Samaritains et des
Juifs hellénisés. Opposition religieuse qui n'est en rien de l'antisémitisme. Pour éviter toute ambiguité la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB) évite de dire toujours « les Juifs » :
Ainsi en 1.19 : Les autorités juives envoyèrent des prêtres poser la question... (au lieu de : « les Juifs envoyèrent... »)
2.6 : Six jarres de pierre destinées aux rites juifs de purification (au lieu de « aux purifications des Juifs »).
2.13 : La Pâque juive était proche (au lieu de « la Pâque des Juifs était proche »).
Les douze
apôtres
Ils sont ignorés du
quatrième évangile,
sauf une mention en Jean 6. 70 :
N'est-ce pas moi qui vous ai
choisi, vous les Douze et l'un de vous est un démon.
Le ministère
d'apôtre n'existe pas non plus
(ni d'ailleurs dans Matthieu).
Les noms de Jacques et
Jean sont également
ignorés ; mais par contre des disciples inconnus des
évangiles synoptiques apparaissent, comme Nathanaël,
Lazare, Nicodème.
Le milieu de l'évangéliste
Jean n'est pas celui de
Jérusalem. Cet évangile peut avoir été publié en Égypte
ou dans l'Asie mineure grecque.
Le
« bien-aimé »
Ce mystérieux
disciple, qui apparaît
curieusement toujours en compagnie étroite de Pierre, n'est
jamais appelé Jean comme on le
croit souvent. Il est mentionné six fois dans
l'évangile :
- 13. 21 : lors de la cène,
appuyé sur la poitrine de Jésus.
- 18. 15 : connu du grand-prêtre
- 19. 26 : au Calvaire, seule absence de
Pierre
- 20. 2 : au tombeau auquel il arrive avant
Pierre ; il croit tout de suite.
- 21. 7 : dans la barque ; il croit tout
de suite.
- 21. 20 : Jésus parle du fait qu'il
pourrait « demeurer ».
Le bien-aimé connaît le
grand-prêtre, il est sans
doute d'un milieu social trop élevé pour être
identifié à Jean, frère de Jacques, fils de
Zébédée, simples pêcheurs du lac de
Galilée. D'ailleurs il n'est mentionné qu'en
Judée, jamais en Galilée.
Serait-il Lazare ? Celui-ci est le seul disciple dont il est dit que
Jésus « l'aime » (11. 35). De plus, déjà
ressuscité du tombeau, il est logique qu'on lui attribue
l'immortalité (21. 23).
On a dit plus haut que c'est Irénée qui attribue le
4e évangile à Jean dans les
années 180-190.
Il est sans doute plus
simple et plus vraisemblable de
faire l'hypothèse que le Bien-aimé symbolise un groupe de l'Église primitive issu
d'un judaïsme hétérodoxe, comme Pierre symbolise
à Jérusalem un groupe de l'Église primitive
dirigé par le collège des 12 apôtres (que le
4e évangile ignore) issu du judaïsme
orthodoxe de Jérusalem (appelé « les Juifs » par l'évangéliste Jean).
La manière dont le 4e
évangile met en scène
le Bien-aimé montre d'une part une déférence
à l'égard de Pierre et donc de l'Église de
Jérusalem et d'autre part un certain sentiment de
supériorité : on croit mieux et plus vite, on ne
s'enfuit pas lors de la Passion, on connaît le
grand-prêtre chez qui on entre librement...
Un christianisme à la fois enraciné dans le
judaïsme et dans l'hellénisme.
L'Apocalypse
L'auteur
Il est nommé Jean mais nous ignorons de qui il s'agit ; il dit
avoir eu ses visions dans l'île de Patmos « à cause de la Parole de Dieu et du
témoignage de Jésus ». (1. 9) : il y avait à cette
époque un bagne dans les mines de cuivre de Patmos ;
peut-être le voyant y était-il condamné au
travaux forcés sous la persécution de l'empereur
Domitien (91-96). Cela correspondrait aux explications qui
suivent.
On se demandera si le nom de
Jean, attribué à
l'auteur de l'Apocalypse, suggère que le 4e
évangile et les trois épîtres portant ce nom,
sont issues du même milieu, dit johannique, dont nous avons
parlé, justement, à propos du 4e évangile. Les
mêmes thèmes sont-ils présents ? le style et
l'ambiance sont-ils les mêmes ?
Le genre
littéraire dit
« apocalyptique »
Il était très populaire au
Ier siècle ; on en trouve d'ailleurs des traces dans les
évangiles synoptiques (Matthieu 24 et parallèles).
Les symboles y sont nombreux ; de nos jours ils nous sont
devenus si étrangers que nous ne les interprétons
qu'avec difficulté. Mais, comme d'ailleurs pour le reste de la
Bible, l'important n'est pas ce qui nous échappe mais bien ce
que nous comprenons !
La vision du
Christ
Je me retournai pour
connaître quelle était
la voix qui me parlait. Et, après m'être
retourné, je vis sept chandeliers d'or, et, au milieu des sept
chandeliers, quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme,
vêtu d'une longue robe, et ayant une ceinture d'or sur la
poitrine.
Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine
blanche, comme de la neige ; ses yeux étaient comme une
flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à de
l'airain ardent, comme s'il eût été
embrasé dans une fournaise ; et sa voix était
comme le bruit de grandes eaux.
Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche
sortait une épée aiguë, à deux
tranchants ; et son visage était comme le soleil
lorsqu'il brille dans sa force.
Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur
moi sa main droite en disant : Ne crains point ! Je suis le
premier et le dernier, et le vivant. J'étais mort ; et
voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens
les clefs de la mort et du séjour des morts. Apocalypse l. 12
Les images
employées sont celles d'une
époque et d'un milieu marqués par le judaïsme
ancien (on retrouve des éléments de la vision du
prophète Daniel :
L'Ancien des jours
s'assi : son vêtement
était blanc comme la neige et les cheveux de sa tête
purs comme de la laine ; son trône était comme des
flammes de feu. Daniel 7. 9
Une telle vision a, évidemment, pour effet d'encourager les
chrétiens dans leur foi au Christ alors que les
persécuteurs tendent, au contraire, à le
discréditer au profit de la grandeur et de la gloire de
l'empereur dans sa splendeur.
Le déroulement
du livre
Il décrit un affrontement
symbolique du Christ avec
l'empereur.
La première vision est celle d'une porte ouverte aux yeux du
voyant dans le ciel, révélant la gloire de Dieu (le mot
apocalypse signifie en grec révélation). Le livre révèle, nous allons le voir
non seulement la réalité actuelle des forces cosmiques
en présence mais aussi le déroulement et le
résultat futur de leur affrontement.
Je regardai, et voici, une
porte était ouverte dans le ciel. Il y avait un trône dans le ciel, et
quelqu'un y était assis. Il avait l'aspect d'une pierre de
jaspe ; le trône était environné d'un
arc-en-ciel semblable à de l'émeraude. Autour du
trône je vis vingt-quatre trônes, et vingt-quatre anciens
assis, vêtus de blanc, et sur leurs têtes des couronnes
d'or. Du trône sortent des éclairs, des voix et des
tonnerres.
Les quatre êtres vivants ont chacun
six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils
ne cessent de dire jour et nuit : « Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu,
le Tout-Puissant, qui était, qui est, et qui vient !
»
Quand les êtres
vivants rendent gloire et honneur et
actions de grâces à celui qui est assis sur le
trône, à celui qui vit aux siècles des
siècles, les vingt-quatre anciens se prosternent devant celui
qui est assis sur le trône, et ils adorent celui qui vit aux
siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes
devant le trône, en disant : « tu es digne, notre Seigneur et notre
Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance ; car
tu as créé toutes choses, et c'est par ta
volonté qu'elles existent et qu'elles ont été
créées. »
Puis je vis dans la main
droit de celui qui était
assis sur le trône un livre scellé de sept sceaux. Et je
vis un ange puissant, qui criait d'une voix forte : « qui est digne d'ouvrir le
livre, et d'en rompre les sceaux ? » et personne dans le ciel, ni sur la terre, ni sous
la terre, ne put ouvrir le livre ni le regarder. Et je pleurai
beaucoup de ce que personne ne fut trouvé digne d'ouvrir le
livre ni de le regarder.
Et l'un des anciens me
dit : « ne pleure pas ; voici, le lion de la
tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et
ses sept sceaux. »
Et je vis un agneau qui était
là comme immolé. Il
vint, et il prit le livre ; alors les quatre êtres vivants
et les vingt-quatre anciens se prosternèrent devant l'agneau,
tenant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui
sont les prières des saints.
Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : « tu es digne de prendre le
livre, et d'en ouvrir les sceaux, car tu as été
immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des
hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute
nation ; tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour
notre Dieu, et ils régneront sur la
terre. » 5. 1
L'agneau ouvre successivement les
sept sceaux, chaque fois des
trompettes sonnent, et la guerre est déclenchée contre
l'empire de la terre.
La
Bête
Elle apparaît au
chapitre 13, suivie d'une autre
bête, représentation probable de l'empereur Domitien et
de la puissance de l'Empire romain magnifique, inhumain et
persécuteur :
Je vis monter de la mer une
bête qui avait dix cornes et
sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses
têtes des noms de blasphème. Toute la terre était
dans l'admiration devant la bête en disant : « qui est semblable
à la bête ? » Et sa bouche proférait des paroles
arrogantes.
Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et
esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur
leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans
avoir la marque de la bête ou le nombre de son nom.
Que celui qui a de
l'intelligence calcule le nombre de
la bête. C'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent
soixante six. 13. 1
Le nombre de 666. Il y a évidemment beaucoup de spéculations sur ce symbole dont nous n'avons plus la clé. Une interprétation suggère que 666 est légèrement « inférieur » à 777 qui serait le chiffre de Dieu. L'explication la plus proche de la mentalité de l'époque est de calculer la « valeur » des lettres de tel ou tel nom d'homme. En effet avant l'invention par les Arabes des chiffres on utilisait les lettres de l'alphabet pour compter. On remarque que si on écrit en hébreu « Néron César » on obtient 666. Si on écrit en grec (la langue du Nouveau Testament) « César Dieu » on obtient 616 ce qui est précisément la version que donnent certains manuscrits. Cette variante de manuscrits est un argument pour dire que cette hypothèse est la bonne. Un graffiti sur un mur de Pompéi se lit : « J’aime celle dont le nom est 5454 ».
est l'occasion de tous les fantasmes : on y a
vu la mention d'Hitler, de Staline et même des
666 carreaux de la pyramide du Louvre ! (qui en
réalité en compte davantage). Plus raisonnablement on
remarque que, dans le système de l'époque où les
chiffres étaient représentés par des lettres de
l'alphabet, le chiffre 666 est la sommes des lettres des mots César
Néron. Il est bien
compréhensible qu'un peu de discrétion ait
été bienvenue dans un temps de
persécutions !
Voici donc l'Empereur
désigné comme une bête, magnifique certes, mais malfaisante et sur le point
d'être attaquée par le Christ :
Je regardai, et voici, l'agneau se tenait sur la montagne de
Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient
son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts. 14. 1
Ce nombre de 144 000 est lui aussi évidemment symbolique :
douze fois douze, chiffre des douze tribus d'Israël et des douze
apôtres piliers de l'Église universelle
multipliés par le chiffre mille, coefficient traditionnel du
très grand nombre. Il s'agit donc d'une foule immense
originaire du monde entier sans exclusive.
La défaite de la bête
s'ensuit, après de multiples
péripéties symboliques étranges. Cette
défaite est présentée comme libératrice
et bienheureuse et à la fois comme la destruction d'une
cité splendide et dans laquelle chacun, y compris, bien
sûr, les chrétiens, avaient l'habitude de
vivre :
Et tous les rois de la
terre, qui se sont livrés
avec elle à l'impudicité et au luxe, pleureront et se
lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée
de son embrasement.
Se tenant éloignés, dans la crainte de son tourment,
ils diront : « Malheur ! malheur ! La grande
ville, Babylone, la ville puissante ! En une seule heure est
venu ton jugement ! »
(Babylone est le nom de la
ville immonde et détestée depuis l'Exil du
VIe siècle)
Et les marchands de la terre pleurent et
sont dans le deuil à cause d'elle, parce que personne
n'achète plus leur cargaison : cargaison d'or, d'argent, de
pierres précieuses, de perles, de parfums, de myrrhe,
d'encens, de vin, de boeufs, de brebis, de chevaux, de chars, de
corps et d'âmes d'hommes.
Alors un ange puissant prit une pierre
semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer, en
disant :
« Ainsi sera
précipitée avec violence Babylone, la grande ville et
l'on n'entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des
musiciens, la lumière de la lampe ne brillera plus chez toi,
et la voix de l'époux et de l'épouse ne sera plus
entendue chez toi, parce que tes marchands étaient les grands
de la terre, parce que les nations ont été
séduites par tes enchantements, et parce qu'on a trouvé
chez toi le sang des prophètes et des saints et de tous ceux
qui ont été égorgés sur la
terre. »
Alors j'entendis dans le ciel comme une voix
forte d'une foule nombreuse qui disait : « Alléluia ! Le salut, la
gloire, et la puissance sont à notre Dieu, car il a
jugé la grande prostituée qui corrompait la
terre. »
Et ils dirent une seconde
fois : « Alléluia !
» ... et sa fumée
s'élève aux siècles des siècles. 18. 9
Après l'irruption de l'Agneau
et de ses troupes au
chapitre 14 et de sa victoire, voici la vision finale : ce
n'est pas, comme nous le disons parfois les hommes qui montent au
ciel mais le ciel qui descend sur terre :
Je vis descendre du
ciel, d'auprès de Dieu, la
ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée
comme une épouse qui s'est parée pour son époux.
Et j'entendis du trône une forte voix qui disait :
« Voici la demeure de Dieu
avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son
peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme
de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil,
ni cri, ni douleur, car les premières choses ont
disparu. »
Et celui qui était assis sur le
trône dit : « Voici, je fais toutes choses
nouvelles ».
Et il me dit : « Écris ; car ces paroles sont
certaines et véritables. » 21. 2
Une pensée
politique
Nous avons davantage l'habitude
de penser l'Évangile sur le
plan individuel ; l'Apocalypse est un livre pour les temps de
crise qui nous invite à une pensée cohérente sur
notre monde.
Il est classique de comparer son
chapitre 13 qui présente l'autorité civile de
l'Empereur comme une bête malfaisante, avec le chapitre 13
(également) de l'épître de Paul au Romains,
écrite, elle, en une période heureuse et qui
présente l'autorité impériale sous un jour
positif :
Que toute personne soit
soumise aux autorités
supérieures ; car il n'y a point d'autorité qui ne
vienne de Dieu. Celui qui s'oppose à l'autorité
résiste à l'ordre que Dieu a établi. Ce n'est
pas pour une bonne action que les magistrats sont à redouter,
c'est pour une mauvaise : veux-tu ne pas craindre
l'autorité ? Fais-le bien, et tu auras son approbation. Romains 13. 1
L'auteur de l'Apocalypse a du sourire tristement en lisant ce texte d'une
époque qui devait lui paraître bien lointaine (bien
qu'elle soit plus proche de ce que nous vivons en France
aujourd'hui).
Il est fréquemment
remarqué que la Bible se
termine avec la vision de la nouvelle Jérusalem qui renvoie au
paradis terrestre du début de la Genèse, premier livre
de la Bible : Adam et Eve y étaient privés du
fruit de l'arbre de vie qui est désormais rendu à
toutes les nations ; et voici la dernière image sur
laquelle Bible se termine :
Au milieu de la place de la
ville et sur les deux bords du
fleuve, il y a l'arbre de vie, produisant douze fois des fruits,
donnant son fruit chaque mois, et ses feuilles servaient à la
guérison des nations. Apo 22. 2
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