Théologie radicale
Respect de la vie
Sea of
Faith Australie
Dieu de la
Vie
Is
God a Human Creation ?
Nigel Leaves
Cathédrale Saint George ,
Perth
12 décembre 2002
Pour la plupart des gens aujourd'hui, le
mot « vie » est
plus important encore que le mot « amour ».
On parle de la « vie » comme on parlait naguère de Dieu
lui-même : le « respect de la
vie », la « sainteté de la
vie », le « miracle de la
vie », « profiter de la
vie », « aimer la vie », ne pas « gâcher sa
vie », le « mystère de la
vie », « on ne vit qu'une
fois », « aujourd'hui est le premier jour de ce qui
nous reste à vivre », « avoir
toute sa vie devant soi ».
Lors des services
funèbres le moment central
n'est plus comme auparavant le sermon du pasteur recommandant
l'âme du défunt à Dieu, mais les allocutions de
ses proches rendant grâce pour sa vie passée.
Le baptême d'un
enfant est désormais bien
souvent remplacé par la célébration de cette
nouvelle vie.
Les mariages se font en plein air - dans le monde de la
vie - plutôt que dans une maison de Dieu.
Rien de ceci n'était imaginable il y
a seulement 40 ans. Pour la majorité des Australiens, et
davantage encore en Nouvelle Zélande, le concept de « vie » a bel et bien remplacé celui de « Dieu ». L'idée de Dieu était une
création de l'esprit humain, une image opérationnelle
jadis, inutile aujourd'hui.
.
Et si l'on invoque encore
Dieu dans l'angoisse ou le danger,
si le cri de « mon
Dieu ! » désigne finalement une présence suprême, j'ai
l'impression qu'il s'agit d'une personnification de la Vie et non du
Dieu de la tradition de l'Église.
Les gens espèrent une prolongation de
leur existence terrestre, plus qu'ils ne pensent à la paix et
la confiance que l'on trouve entre les bras aimants de Dieu. La
parole du Christ « ce soir
même tu seras avec moi dans le
Paradis » perd son sens
dans la mesure où l'on ne s'intéressent guère
à un éventuel Paradis.
Le matérialisme de Karl Marx a fait
place à la religion de la vie et les deux centres du
christianisme qu'étaient Dieu et la vie éternelle ont
disparu. Le cri de Nietzsche résonne en Australie : « Dieu est mort, nous
l'avons tué ».
.
Lorsque nous prêchons
l'Évangile, nous devons
assumer le fait qu'en prononçant le mot « Dieu », les gens entendent « la vie ». Sinon nous verrons bientot l'Église se
réduire au petit nombre des conservateur, d'ailleurs en
diminution continuelle
...
Il nous faut d'ailleurs être
conscients du fait que bien souvent,
lorsque nous disons « Dieu », les
gens pensent que nous parlons d'une personnalité redoutable,
autoritaire et dominatrice, exigeant que l'on se conforme à
des notions éthiques obsolètes et
incompréhensibles !
A l'idée trop répandue d'un Dieu toujours opposé
à toute vie et à toute joie, symbolisant tout ce qui
est interdit et heureux, opposons la parole de Jésus « Je suis venu afin que
vous ayez la vie et que vous l'ayez en
abondance » Jean 10.10
Il est indispensable que
l'Église prenne en compte la
réalité du monde dans lequel nous vivons et saisisse
l'état d'esprit de nos contemporains : le message de
l'Évangile est la présence de Dieu en Jésus, ce
qui se traduit pour la plupart des gens par « la vie ». C'est certainement ce qu'attendent nos
contemporains, alors que tant de sermons se bornent à un banal
humanisme fraternel et ne parlent qu'à peine de Dieu.
Le cri de Nietzsche : « Dieu est mort et c'est nous qui l'avons
tué » est un appel
à nous réveiller à dénoncer les fausses
conceptions de Dieu qui courent les rues en Australie et ailleurs,
à prêcher clairement contre les idées d'autrefois
désormais non crédibles, le Dieu de la vie que
Jésus-Christ nous a fait connaître et dont nous avons
tous besoin.
Traduction Gilles
Castelnau
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