Spiritualité
Le Jésus de l'histoire n'est-il pas
le Christ de la foi ?
Réponse de John Spong
27 août 2015
Deux choses sont évidentes.
Premièrement, si on n’avait pas défini théologiquement le Jésus de l'histoire pour construire une religion institutionnalisée, sa mémoire n’aurait probablement pas survécu.
Deuxièmement, puisqu’on a défini théologiquement le Jésus de l'histoire pour construire une religion institutionnalisée, sa mémoire pourrait ne pas survivre.
Que peut-on faire ?
On peut séparer la connaissance du Jésus historique de l’explication théologique du Christ que l’on a construite et permettre ainsi au christianisme d’être une religion évolutive où chaque génération élabore sa propre construction dogmatique.
Cela implique que nous reconnaissions que le Nouveau Testament représente l’élaboration théologique de la génération du 1er siècle. Il n’est donc pas une présentation de la vérité objective et on ne doit pas dire qu’il est « inerrant » et qu’on peut l’interpréter littéralement.
Cela implique que nous reconnaissions que les credo et toutes les doctrines et les dogmes qui en sont issues sont des élaborations du 4e siècle qui ne doivent pas être considérées comme des définitions de la vérité ni être utilisées comme caractérisant ceux qui possèdent « la seule véritable foi ».
Nous devons donc récuser toute affirmation de leur infaillibilité.
Cela implique aussi que nous reconnaissions que pratiquement toute notre liturgie est composée d’élaborations théologiques du 13e siècle. Ces formes de dévotion sont d’un autre âge et ne doivent pas nous être imposées aujourd'hui.
La foi chrétienne est toujours suivre un chemin pénétrant dans la vérité de Dieu. Personne n’y parvient véritablement et ceux qui se l’imaginent ou qui le prétendent ne sont que des idolâtres. La vérité est que nous sommes pour toujours en route vers Dieu.
L’Église pourra-t-elle jamais admettre cela dans chacune de ses institutions ? Il semble bien que non. Des voix isolées, comme la nôtre, s’élèvent pourtant. Seront-elles entendues ou crieront-elles dans le désert ? L’avenir le dira. En attendant, que nos voix soient fortes et vibrantes.
Traduction Gilles
Castelnau
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