Le vrai
Jésus
ignoré ou
délaissé par les chrétiens
pasteur
Roger Parmentier
27 février 2008
- Jésus à inventé une nouvelle
représentation de Dieu comme
Père nourricier et protecteur puisqu'il accorde soleil et
pluie (pour la végétation indispensable à
l'élevage et pour l'agriculture indispensable pour les
moissons et donc le pain quotidien).
Ce Père est généreux
jusqu'à la prodigalité et miséricordieux allant
jusqu'au pardon des offenses, la non-condamnation des coupables, la
non vengeance (même si les vengeances seraient
légitimes).
Il a élaboré cette nouvelle
représentation (qui n'est pas sans quelque racine dans les
intuitions des sages et des prophètes de l'Ancien Testament)
car il avait besoin de cette représentation divine pour la
proposer comme modèle, comme exemple, aux humains :
impossible d'éliminer tous les maux, à commencer par
les pensées mauvaises, sans le surgissement à son appel
d'humains généreux et miséricordieux.
- Jésus a osé imaginer, vivre et
présenter une proclamation d'un projet
fabuleux : renverser l'ordre du
monde, ses divers fonctionnements abominables qui font souffrir et
mourir, qui conduisent tous aux catastrophes absolues :
Si tu veux que le mal disparaisse de la
terre, commence par le chasser de tes propres pensées et de
tes actes, vis maintenant, tout de suite le monde renversé, le
royaume de Dieu (comme il disait dans le langage de l'époque
qui n'a plus cours aujourd'hui), la « basileia tou
theou », la vie toute
autre offerte à des volontaires inouis, d'une foi immense,
prêts à tout endurer, et même acceptant de
gaspiller la courte vie (follement aux yeux des autres humains) et
même de la perdre.
Ce projet a suscité la colère
et la volonté de meurtre des tenants de pouvoirs qui
fonctionnaient à leur avantage ;
L'indignation et la fureur des
représentants de systèmes religieux exploitant à leur profit les sentiments
qu'ils ne se privaient pas de susciter et d'entretenir : la
crainte de la mort, du jugement dernier, des peines infernales, le
remord des culpabilités réelles ou imaginaires, la
soumission à un Dieu qui donne les pleins pouvoirs à
tous les « pharaons » de la terre ; et chez les simples
auditeurs-disciples : l'incompréhension fondamentale ou
les fausses interprétations : confondre ce projet avec
celui du rétablissement de la royauté d'Israël et
de la
« charia » juive
qu'elle imposerait ; ou bien renvoyer le règne de Dieu
à l'après-mort, dans quelque illusoire Paradis.
Mais surtout beaucoup d'auditeurs ont
refusé un projet aussi « coûteux », dangereux, à bien des égards
suicidaire (semblable à celui de militants se couchant sur une
voie ferrée pour arrêter « un train de la
mort », ou celui d'un
jeune chinois debout, n'ayant que son corps et sa
détermination à opposer à la colonie de
blindés).
On peut comprendre que dès la mort de
Jésus certains aient voulu inventer un tout autre
christianisme, satisfaisant, rassurant, sans danger, exaltant :
adhérer à un credo mythologique et se faire baptiser,
participer à des cultes de des rites réputés
chrétiens, c'est de tout repos. Même les plus ignorants
de l'Évangile de Jésus, les plus crédules et les
plus débiles peuvent y parvenir, et sans risques...
Mais le miracle c'est que depuis
20 siècles, il y a
toujours eu des volontaires courageux pour cette entreprise
inouïe. Et même aujourd'hui il y en a un près de
vous, s'efforçant d'écarter les faux-évangiles
des chrétiens pour retrouver, pratiquer, proclamer
l'Évangile de Jésus.
Jésus est mort, victime d'abominables
conjurations et de rejets. Mais le projet de Jésus n'est pas
mort...
Et il est parfaitement adoptable moyennant
transpositions, dans nos sociétés
sécularisées, et adaptable à toutes les
cultures.
Par bonheur aujourd'hui le credo est en
perte de vitesse, merci mon Dieu !
C'est certainement la cause principale de
l'effondrement des Églises dites
« historiques » : le credo n'est tout
simplement plus crédible, insupportable conte de fées
pour grandes personnes d'il y a presque deux millénaires (en
un temps où il était possible de « croire » aux revenants et aux fantômes, aux anges et
aux démons, aux dieux épousant des déesses, aux
vierges qui enfantent, aux défunts qui reprennent vie et
montent au ciel comme on prend le métro...). Aujourd'hui ce
n'est plus possible, et c'est tant mieux.
La deuxième cause, c'est
certainement l'aboutissement du processus philosophique de critique
de la religion, inauguré par
la Réforme et même les Pré-Réformateurs
dans leur polémique contre le catholicisme autocrate et
tout-puissant, régnant en maitre sur les convictions bizarres
et les superstitions savamment entretenues ; puis les
Lumières, si bienfaisantes, critiquant avec raison toutes les
religions, y compris celles de la Réforme et se
généralisant dans les mentalités, grâce
à la Révolution française ; puis toutes les
critiques de la religion au 19e siècle,
de Feuerbach à Marx, d'Auguste Comte à tous les
scientifiques et philosophes modernes, tous les fondateurs des
prodigieuses « sciences
humaines »... Aujourd'hui
nous nous efforçons de vivre et de penser sans peine, surtout
quand on est formaté par les Églises, la pleine
sécularisation.
La troisième, qui s'est
manifestée au grand jour lors de la révolution de
mai 1968, c'est la
libération sexuelle, le refus d'une sexualité
formatée, emprisonnée depuis le Moyen-Age par des
clercs célibataires, et qui n'avait plus l'ombre d'une
justification, grâce à la généralisation
des divers procédés de contraception. Les
Églises sont perçues comme la principale entrave
à cette libération et sont donc rejetées... Si
elles veulent survivre, surtout à l'âge d'un sida
catastrophique, elles ne peuvent pas ne par en tenir compte. Sinon
c'est sans doute la fin...
Nous sommes donc appelés à
vivre des transformations radicales,
une véritable mutation, retrouver le christianisme originel,
celui de Jésus et en vivre. Quel bonheur ! Sinon c'est la
déchéance et les catastrophes...
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