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Lettre de
Jésus
Vous m'affligez et me
scandalisez profondément
pasteur
Roger Parmentier
9 avril 2008
Je n'ai jamais empêché
personne d'élaborer des
légendes et des constructions religieuses stupéfiantes,
mais ce qui m'ennuie c'est tout ce que vous mettez sous mon nom, sur
mon compte, sur mon dos. Il y a de l'abus. Je vous assure que je n'ai
pas grand-chose à voir avec votre Christ et vos
christianismes. Vous m'irritez profondément en parlant de
Jésus-Christ. Je ne me suis jamais proclamé Messie,
Dieu m'en garde. C'est vous qui l'avez décidé, sans me
demander mon avis.
J'ai été rabbi serviteur et inspiré,
prophète mandaté pour construire un tout autre monde,
maître de sagesse pour venir en aide aux détresses et
faire face intelligemment aux menaces accumulées par vos
comportements. J'ai été Jésus, de mon mieux,
rien d'autre.
Je n'ai rien voulu
écrire et vous avez
rédigé des évangiles où presque tout est
de votre invention (à l'exception de quelques « paroles » notées tardivement par de bons auditeurs que
je remercie). Je ne suis pour rien dans le credo, le
symbole des
apôtres ou les confessions de
foi « oecuméniques ».
Je ne suis pour rien,
croyez-moi, dans le dogme de
l'infaillibilité pontificale ou le régime
presbytérien-synodal. Je ne suis pour rien dans vos histoires
abracadabrantes de descente aux enfers, de résurrection
corporelle, de montée au ciel, d'assomption au ciel de ma
petite mère qui n'en demandait pas tant. Je ne suis pour rien
dans votre idée saugrenue de me faire asseoir sur un
trône à la droite de Dieu, moi qui ai horreur de tous
les dominateurs. Ce n'est pas moi qui ai inventé le
« saccerdos in
aeternum », ni la
« reconnaissance de
ministère des pasteurs » (je ne sais d'ailleurs pas ce qu'est un
pasteur ; un prophète risqué, ça oui je
connais). Je ne suis pour rien dans l'empire chrétien, la
chrétienté, toutes les variétés de partis
comme le Modem, instrument du Vatican (qu'est-ce que c'est que
ça d'ailleurs ?), les partis chrétiens, les
syndicats chrétiens, les ordres religieux, les saintes
liturgies, et tant de choses semblables...
Inventez ce que vous
voulez. Mais ne le mettez pas sur mon dos. Je n'y suis pour rien, vous
m'entendez ?
Respectez-moi ! Respectez mon
œuvre et mes paroles. J'ai tant souffert pour tenter de surmonter
les crédulités et les incrédulités, les
indifférences et les oppositions...
Jésus de
Nazareth
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