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Propositions intelligentes d'un prophète-sage

ou rumeurs invraisemblables

totalement non crédibles ?

 

 

 

pasteur Roger Parmentier

 

16 avril 2008
Vous êtes « chrétien » ? Quel dommage ! Tans pis
.  Moi, j'essaie d'être « jésuien », disciple de Jésus, mais c'est drôlement difficile ! D'abord pour savoir en quoi ça consiste, tellement l'enseignement de Jésus a été recouvert, remplacé par 36 évangiles inauthentiques, fabriqués après sa mort, et donc sans lui, en remplaçant son Évangile par des constructions humaines farfelues et séduisantes.

Jésus proposait d'empêcher le monde de courir vers sa ruine, l'humanité vers de plus profondes souffrances, dominations, exploitations et insurrections meurtrières. Et pour cela il avait inventé des propositions ingénieuses et révolutionnaires : que des individus et des équipes de volontaires se mettent à pratiquer une totale générosité et une totale miséricorde, car c'est de cela que le monde manque le plus. Et pour les décider il avait trouvé trois moyens : présenter une représentation de Dieu exemplaire qui a la place d'une représentation tribale de Dieu en despote régnant sur un peuple privilégié, mais aussi terrorisé et soumis, ne manifesterait que de la générosité allant jusqu'à la prodigalité et de la miséricorde s'étendant jusqu'aux hommes ayant des sentiments et des comportements odieux.

Son deuxième moyen consistait à pratiquer lui-même cette façon de penser et de vivre et montrer qu'elle était vraiment possible pour des courageux acceptant de se délester eux-mêmes par générosité de c�ur de tout ce qui fait souffrir et mourir autrui ; donc en suscitant au départ un poignée d'imitateurs résolus, inventifs et acceptant de subir tous les mauvais traitements possibles, ce qui est la « récompense » habituelle de ce genre d'entreprise ; et au troisième lieu, envoyer partout dans le monde des petites équipes démunies de tout sauf de faire découvrir l'immense bonheur qu'il y a dans ces propositions de Jésus et de leur mise en oeuvre fabuleuse, radicalement altermondialiste, plus folle encore que celle de celui qui chercherait à faire tourner la terre dans l'autre sens.

Mais, catastrophe ! Décidément « on ne peut compter sur personne », ou presque ; voici qu'une femme qu'on croyait pourtant guérie, débarrassée de ses sept démons (comme on disait en ce temps là) se met à avoir des visions, notamment d'anges-messagers (qui pourtant n'existent pas, comme chacun sait, ou devrait savoir) ; et une rumeur va surgir, se précisant, se développant, se matérialisant dans les discours (et, plus tard les écrits) en preuves irréfutables. En réalité cette rumeur avait enthousiasmé de bons juifs du monde gréco-romain (et par conséquent crédules de la mythologie la plus invraisemblable) et qui, par ailleurs, étaient spécialistes de constructions théologiques élaborées à partir de la traduction en grec de l'ancien testament en voie d'achèvement : ils avaient immédiatement compris qu'il venait à point nommé confirmer un schéma qu'ils avaient extrait notamment d'Esaïe 53, selon lequel un « serviteur souffrant » (à l'origine le peuple juif lui-même) retrouverait une sorte de nouvelle vie après avoir été mis à mort, non à cause de crimes qu'il aurait commis, mais de ceux des autres. C'était exaltant. Ça changeait tout pour qui voulait bien adhérer à cette construction fantastique. Car du coup cela « prouvait » que Dieu rectifiait ce plan de sauvetage, l'approuvait, était à ses côtés. Du coup Jésus pouvait être « reconnu » comme le Messie (Actes 2.36) et même une sorte de Super-Messie, Super-Christ, le Kurios, le Dominateur suprême et divin. C'était prodigieux.

Et bien mieux encore, les disciples démoralisés par la crucifixion abominable qui avait  déclenché la fin de leurs rêves de grandeur politique ou religieuse, devenaient subitement les grands vainqueurs puisqu'ils avaient accompagné ce grand Messie, ce Christ, au temps de son abaissement et que les espoirs les plus fabuleux leur étaient promis ; ils pouvaient devenir les associés du Christ, vainqueur, des « chrétiens » formidables.

Et ce schéma initial va être développé, amplifié, systématisé, surtout à partir du moment où le terrifiant intégriste helléniste Saul de Tarse sera subitement gagné à cette façon de voir. Tout pouvait être suspendu désormais à cette « résurrection » (au surplus gage de la nôtre) et cette crucifixion interprétée en « mort expiatoire ».
Cette trouvaille allait remporter un succès prodigieux, au point de remplacer en peu de temps la coûteuse proposition géniale de Jésus. Le « christianisme » était né. Qui aurait horrifié et scandalisé Jésus, car cette construction était aux antipodes de tout ce qu'il avait voulu être, lui qui dénonçait des dominateurs abusifs (Luc 22.25) et 40 ou 60 ou 80 ans plus tard ceux qui allaient rédiger les quatre évangiles vont construire une vie de Jésus de plus en plus en Super-Messie. Catastrophe, qui allait en piéger plus d'un.

On allait suspendre tout le christianisme (ou presque) catholicisme, orthodoxie, protestantismes à ce « clou » mal assuré (et à mes yeux et aux yeux de beaucoup aujourd'hui, totalement non-crédible). Il est probable que son rejet dans la culture d'aujourd'hui contribue fortement à l'effondrement des christianismes traditionnels.
Le moment semble donc venu de retrouver et de mettre en oeuvre les courageuses propositions de Jésus, l'Évangile de Jésus enfin repris au sérieux. Mails il est probable que ce ne sera pas plus facile qu'aux premiers siècles et que les principaux opposants seront sans doute les « chrétiens » et leurs conducteurs. On va voir.

 

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