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Quel est
l'ancêtre et le prince des
spéculateurs ?
pasteur
Roger Parmentier
6 mai 2008
Pour la spéculation en gros sur
les grains, il suffit d'accaparer et de stocker le fruit du
travail, puis de le revendre aux travailleurs au prix fort au moment
de la pénurie. Répugnant.
La spéculation sur les cultures
agro-alimentaires, à qui certains préfèrent les
cours de la Bourse, les bio-carburants pour nos véhicules,
cette spéculation ravage la planète ; et l'on nous
dit que trente-sept pays au moins sont en train de sombrer dans des
famines bien pires que les pénuries habituelles, et que les
soulèvements populaires de la faim inquiètent nos
gouvernements...
Quelle honte de spéculer dans ces
conditions !
Eh bien, la Bible (ce terrible recueil
qui contient le meilleur et le pire)
nous raconte l'histoire de l'ancêtre et prince des
spéculateurs sur les grains indispensables à la
nourriture de tout un peuple. Même si le récit est
légendaire, même si cette abominable histoire a
été inventée (et dans ce cas elle serait
révélatrice d'une consternante mentalité,
glorifiant le « dieu-profit », le Mammon que Jésus dénoncera), elle
nous présente un beau type, un étranger
séduisant qu'une riche égyptienne voulait mettre dans
son lit et qu'elle va envoyer en prison.
Il va y découvrir un peu plus, bien avant Freud, que les
rêves sont là pour être interprétés.
Et il va être conduit à donner l'explication au
souverain de son rêves des sept vaches grasses et des sept
vaches squelettiques ; et lui proposer d'intelligentes mesures
de stockage susceptibles de permettre la survie le moment venu, mais
aussi d'en tirer un profit gigantesque, à faire pâlir
les pires « traders » de la Société Générale.
Et ça marche. Tous les gouvernements aiment bien disposer de
milliards, ne serait-ce que pour en faire cadeaux à leurs
« amis » et « supporteurs ».
Cet ancêtre et prince des
spéculateurs, nous explique la Bible (« Parole même de
Dieu » pour certains),
vous l'avez reconnu, c'est Joseph,
l'un des douze fils de Jacob-Israël. Félicitations !
Il est des cultures et des
sociétés (les nôtres ?) où la ruse, le mensonge, la dissimulation, la
spéculation sont tenus en haute estime quand ils obtiennent
les succès espérés, bien supérieurs aux
violences et pour obtenir les mêmes résultats. C'est
terrible ; certains vont même jusqu'à imaginer que
ces habiletés sont un don de Dieu à ses
privilégiés. Quelle horreur !
Si vous n'avez pas le pouvoir des
armes, ayez le pouvoir de l'argent,
même obtenu par la spéculation sur l'agro-alimentaire.
Mais de préférence, essayez d'avoir les deux.
Et même quelques autres en supplément, comme celui des
médias.
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