A.C.T.U.E.L.
Proclamation de
l'Évangile
et de la parole des prophètes
Roger
Parmentier
Votre
prédicateur habituel actualise-t-il ?
5 février 2003
- Au cours de la prédication, quelles
actualisations ont-elles été discernées parmi
nous et ailleurs ?
- Quel message polémique du vieux texte a
été transposé ?
- Quelle « utopie pour
aujourd'hui » a été proposée (dans le
droit fil du Nouveau Testament) ?
- Quelle espérance a-t-elle été
apportée (dans les diverses désespérances et
absences de raisons de vivre de maintenant) ?
.
Avez-vous tenté de
comparer (en groupe) comment un
dimanche matin un prêtre et un pasteur de votre localité
ont actualisé le même texte ? Cette actualisation
a-t-elle sous-tendu le reste du service (prières,
informations, chants... ?
A leur place, sur quoi auriez-vous
insisté (après avoir demandé la Lumière
de l'Esprit ?)
On peut aussi comparer la prédication
protestante à la radio (France Culture, 8 h 30) et
la prédication catholique à la télévision
(A2, 10 h 30). Idem, s'il y a lieu, pour les
prédicateurs orthodoxes et ceux d'autres communautés
chrétiennes. Pour les deux premières on peut se
procurer le texte édité (ce qui facilite le
repérage des éléments d'actualisation et donc
les comparaisons).
.
30 décembre 2002
Toute proclamation (ou
prédication) comprend
normalement deux temps :
1. La recherche et
l'analyse d'un texte fondateur (dans
la Bible) qui puisse être reçue comme Parole de Dieu aujourd'hui (ce qui suppose la recherche d'une grande
disponibilité à ce que Dieu veut dire à tel ou
tel groupe humain aujourd'hui). Il ne suffit pas de s'en remettre
à ceux qui ont établi les listes de lectures
bibliques.
2. L'actualisation de ce texte, c'est-à-dire faire apparaître que les
intentions du rédacteur, son inspiration, si l'on veut,
concerne et éclaire des siècles plus tard les
situations que nous vivons, où nous avons la certitude
(à acquérir si nécessaire) que Dieu veut encore
intervenir. Qu'il encourage souvent, mais aussi qu'il conteste nos
façons de penser, de parler et d'agir et celles des
sociétés dans lesquelles nous vivons.
Beaucoup de prédicateurs
ne réalisent que la
première partie et souvent la négligent (eux qui sont
outillés par leurs études pour mieux approcher du sens
originel et des circonstances particulières). Au mieux, ils
font de l'histoire et de l'explication de textes (ce qui ne serait
pas si mal). Mais ce n'est pas pour cela que les auteurs bibliques
ont été inspirés et ont écrit. Ni pour
nous donner l'occasion de faire ce qu'on appelle abusivement une
« étude biblique ». Ni pour fabriquer des
textes liturgiques ou des dogmes. Ils ont mené une bataille
pour que nous soyons enfin conscientisés par Dieu (mais qui
est-ce ?) et changions de vie (même si cela doit nous
déranger).
Il est évident qu'être
fidèle aux auteurs inspirés ne consiste pas à les répéter,
mais à mener le même combat ou des combats
analogues.
Pour l'actualisation nous disposons d'une grande liberté (à
condition d'être fidèles aux auteurs du texte et
à celui qui les inspire) mais nous n'en usons guère...
Nous disposons aussi d'une grande liberté pour les
transpositions culturelles, l'inculturation.
De plus, à
l'origine, la proclamation
évangélique ou prophétique n'était pas
réservée à des croyants mais s'adressait
à tous ceux (croyants ou non-croyants) qu'on pouvait atteindre
sur la place publique. Avec des moyens modernes nous devons faire de
même, à nos risques et périls. Mais qui s'en
soucie ? Peut-être quelques hommes ou femmes de radio ou
de télévision ? Quelques
évangélistes ?
La réécriture de textes
actualisés a souvent permis
d'atteindre des milieux extra-ecclésiaux. Il s'agit donc (prioritairement) de proclamation sur
la place publique (ou ce qui en
tient lieu) plutôt que de prédication standard aux
fidèles des Églises (qui pourraient sans peine
réciter à notre place ce que la
« prédication » va dire).
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