A.C.T.U.E.L.
L'Évangile selon
Josette
D'après Luc
7.36-50
Roger
Parmentier
5 février 2003
Je m'appelle Marie... Comme tous les
soirs je roulais doucement au volant
de ma Renault - il faisait froid - je m'étais
enveloppée un peu plus que d'habitude, mais pas trop... pour
laisser paraître mes charmes.
Une Jaguar me double, puis se rabat. Je guette. Un homme
cravaté me fait signe... Je l'ai déjà vu� il est
du 6e arrondissement, client habitué du boulevard
de Ceinture. Je me gare, je stoppe, je monte dans la Jag :
soirée éclair, juste le temps d'une caresse... et tout
le reste. Vite fait, bien fait... et... bien payé.
Je fais attention de ne pas me faire coincer à la sortie, car
il y a un mec qui m'attend souvent pour récupérer le
fric... Je retrouve en hâte ma Renault... Je recommence
à rouler au pas.
Un type pas comme les autres attend au
carrefour. Il me fait signe de la
main. Nadia et Sylvie m'en ont parlé : il vient souvent
depuis l'ouverture des boites non loin du parcours. Il est
étrange. Il parait qu'il est beau, il dit des mots
exceptionnels... on dit même qu'il a du soleil dans les
yeux...
Je commence à le suivre, lentement car il est à pied.
Il marche, il marche... le voilà qui arrive boulevard des
Belges. Tiens ! ... dans l'immeuble de Simon... un de ceux qui
viennent parfois au boulevard.
Ce Simon, c'est un homme de
bien, assez gentil ma foi, mais...
un peu hautain, méprisant. « Bien
pensant » certes... il doit fréquenter une paroisse
par là. Il travaille au Barreau, paraît-il.
Jésus entre chez lui... me voilà bien
attrapée... moi qui mourais d'envie de le suivre jusqu'au
bout : comment oser entrer dans l'allée de ce petit
hôtel particulier ? Mais tant pis, je n'y tiens plus. Je
prends dans ma voiture le parfum que je garde avec mes maquillages...
Je me retrouve donc juste avec ce parfum... Qu'est-ce que je vais
dire ? rien ! j'entre en trombe.
Simon est là, à table avec
d'autres très collet
montés... et puis ce gars qui tranche : je le
reconnais... au soleil ... qu'il porte dans les yeux. D'un seul coup
je pleure, je tombe à ses pieds, je le parfume, je l'embrasse,
je le caresse avec mes grands cheveux : je suis folle !
Va-t-on me sortir avec pertes et fracas ? silence... Simon me
regarde de travers. Les autres attendent. Mais je ne vois plus
rien...
L'autre... accepte mon
geste. Il me regarde tout droit et
sans attendre, il me fait relever et ajoute :
« Le poids de ton
passé ne pèse plus sur
toi ! ».
Temps de silence, plein,
intense... Je suis en sueur. J'ai le
coeur en fête, je ne sais pas pourquoi cet homme me regarde
ainsi, avec le coeur... moi la femme partagée,
dispersée, bafouée... je me retrouve debout,
joyeuse.
Simon n'a plus aucun pouvoir : finies les manières, les
falbalas, les mondanités. Jésus est là, c'est
bien lui, simple, droit et tendre.
Le repas est interrompu... chacun repart dans ses foyers. Et moi je suis
seule... je reprends ma Renault, je repars sur la route...
peut-être une autre route. Je découvre l'amour qui est
en moi.
Groupe
Corps-prière
Lyon
Retour
Vos
commentaires et réactions
haut de la page