A.C.T.U.E.L.
Une fille
perdue ?
ou les Églises ?
Roger
Parmentier
D'après la
Cananéenne
Matthieu 15.21-28
Une femme cananéenne
lui cria :
- Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma
fille est cruellement tourmentée par le démon.
Il ne lui répondit pas un mot, et ses disciples
s'approchèrent, et lui dirent avec insistance :
Renvoie-la, car elle crie derrière nous.
Il répondit :
- Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues
de la maison d'Israël.
Mais elle vint se prosterner devant lui, disant :
- Seigneur, secours-moi !
Il répondit :
- Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le
jeter aux petits chiens.
- Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les
miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.
Alors Jésus lui dit :
- Femme, ta foi est grande ; qu'il te soit fait comme tu
veux. Et, à l'heure même, sa fille fut guérie.
.
25 février 2003
Issa s'écarte
(provisoirement ?) des protestants et des
catholiques et s'enfonce dans les grandes cités modernes.
Un cri s'élève :
- « Issa, au
secours ! », prononcé par quelques croyants
généreux et responsables.
- « Ma fille, notre
fille - une grande partie de la jeunesse
d'aujourd'hui - est malade à en mourir et, d'ailleurs,
elle en meurt ».
Son comportement paraît
suicidaire, mais en réalité elle meurt de faim :
faim d'être appréciée, de compter vraiment,
d'être aimée et comprise ; faim de trouver des
raisons de vivre, d'inventer un avenir qui ne soit pas
imbécile (même si elle n'a pas pleinement conscience de
cette faim).
Elle meurt par des suicides délibérés, mais
aussi par les drogues et l'alcool, par la vitesse mortelle pour
soi-même et les autres, par les pièges des gourous des
sectes et des extrémismes et tant d'autres façons de se
donner la mort.
La fille ne dit rien, elle en serait bien incapable. Il faut qu'il y
ait une mère qui crie au secours à sa place.
Le Jésus des chrétiens
(mais ce n'est pas le vrai !) répond :
- « Ce n'est pas mon
affaire. Moi, je dois m'occuper des gens des
Églises »
La « mère »
répond :
- « Peut-être,
mais ne peux-tu rien pour ceux qu'on traite d'impurs, de chiens, de
possédés du démon, de sauvageons ? Pour eux
n'aurais-tu pas un supplément de compréhension et de
compassion ? Les miettes de ton véritable Évangile
suffiraient... »
Issa reprend : « Ta
confiance en mon Évangile est admirable ! Qu'il t'arrive
pour eux et pour toi comme tu veux ! »
Et les Églises vieillissantes furent
renouvelées par l'arrivée d'étranges
« paroissiens » que des gens du Tiers-monde et des éducateurs
géniaux avaient conscientisés.
18 février 2003
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